‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 57 sur 122 · III. — Procédé Niepce de Saint-Victor · texte numérisé non relu

III. — Procédé Niepce de Saint-Victor

Une plaque d’acier poli est dégraissée avec de la craie puis lavée avec de l’acide chlorhydrique étendu de vingt fois son poids d’eau pour faciliter l’adhérence du vernis au métal ; on la lave à l’eau, on la sèche et on la recouvre d’une dissolution de bitume de Judée dans l’essence de lavande. On applique le recto d’une épreuve photographique sur la plaque ainsi préparée et on expose le tout à la lumière, un quart d’heure au soleil et une heure à la lumière diffuse. Le bitume influencé par la lumière, correspondant aux blancs de la photographie, devient insoluble. On lave la plaque avec un liquide composé de trois parties d’huile de naphte et une partie de benzine, qui dissout tout le bitume correspondant aux noirs de la photographie. On lave à l’eau et la planche est prête à la morsure. Le liquide corrosif de Lemaître, collaborateur de Niepce, était composé de :

Acide nitrique à 36”. . i partie.

Eau distillée. . . .8 —

Alcool à 36®. . . 2

On laisse le mordant agir quelques minutes seulement, on lave et on sèche la plaque. On la recouvre de poudre de résine dans la boîte à aqua-tinte qui

PHOTOGRAVURE

consolide d’une part le bitume et de l’autre produit un grain. On chauffe la plaque pour y faire adhérer-' la résine et on la soumet à une seconde morsure avec le même liquide. On la lave avec des huiles chauffées et des essences et elle est prête à donner des œ épreuves.

Le procédé de M. Niepce de Saint-Victor date de 1853; il en a fait communication à l’Académie des 1 sciences le 25 mai 1853.

Les gravures obtenues par ce procédé étaient très imparfaites, ce n’était pour ainsi dire que des ébau- L ches que l’on était obligé de retoucher assez forte- j pe ment au burin. | IL

Niepce le perfectionna ; le 30 octobre 1853 il communiqua à l’Académie des sciences un nouveau ver- I j( nis composé de 5 grammes de bitume de Judée et de * j, 1 gramme de cire jaune dissous dans 100 gram- |r

mes de benzine. Il rendait cette matière impression- |<

nable plus sensible en versant sur la plaque de l’é- a; ther ordinaire contenant quelques gouttes d’essence y de lavande. Dans ces conditions, l’insolation ne du- p rait pas plus de 10 minutes. Comme dissolvant, il employait un mélange de 5 parties d’huile de naphte \ et de 1 partie de benzine. ] |.

Il communiqua le 2 octobre 1854 de nouveaux per- j, fectionnements à l’Académie. Sa matière impression- , nable était composée de 90 de benzine, 10 d’essence j de citron, 2 de bitume de Judée. Comme ce vernis ne j p résiste pas bien à l’action de l’eau-forte, M. Niepce le j consolide au moyen de fumigations.

La planche ayant été impressionnée et lavée, on la , place dans une boîte dans laquelle se trouve une cp.psuie en porcelaine renfermant de l’essence d’aspic

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