PROCÉDÉ GARNIER
sent sur le cuivre sans attaquer l’argent qui forme les clairs de l’image, et proscrire surtout les substances qui provoquent un développement de gaz. L’auteur a employé la formule suivante : acide azotique, 1 partie ; bichromate de potasse (en solution saturée), 2 ; eau, 5. L’acide azotique peut être remplacé par l’acide sulfurique. On vernit le dos et les bords de la plaque et on la plonge dans une quantité de ce liquide suffisante pour la recouvrir. Quand la solution tourne au bleu, on en ajoute de nouveau, sans toucher ni remuer la plaque, qu’on laisse un et même deux jours dans ce bain, selon la température. L’auteur a essayé l’iode en combinaison avec le bichromate de potasse et l’acide azotique, et il attire l’attention des expérimentateurs sur cette formule, dont il n’a pu établir les meilleures proportions, mais qu'il croit excellente. Dans ce cas, il faut laisser la poussière noire dans les ombres du dessin.
Par ce dernier moyen, la plaque est attaquée seulement dans les parties argentées, et en produisant par la galvanoplastie, un contre-type, on a une planche redressée, c’est-à-dire dans le sens du cliché initial. On peut encore utiliser l’action de la pile pour la gravure de ces planches ; du reste, les indications qui précèdent suffiront aux praticiens pour apprécier le mode d’opération le plus convenable à employer.
VIL — Procédé Garnier.
Une planche de laiton est exposée aux vapeurs d’iode dans une boîte spéciale et on l’expose sous un cliché positif ou une photographie sur papier, rendue transparente, pendant 10 à 20 minutes à la lumière Graveur. — I. 12
PHOTOGRAVURE
diffuse. On enlève le cliché et on frotte la plaque avec un tampon d'ouate et quelques globules de mercure. Le mercure ne s’attache au métal que sur tous les points qui ont été à l’abri de la lumière, c’est-à-dire correspondant aux traits du dessin ou de la photographie, et laisse le reste de la plaque intact. On encre la plaque lithographiquement, les parties non mercerisées prennent l’encre, tandis que les parties amalgamées la refusent. La photographie ressort en blanc sur fond noir. 11 ne reste plus qu'à traiter la plaque par les méthodes de la Mercurographie indiquées plus loin. Généralement on se contente d'une morsure à l’acide nitrique faible, pour obtenir une planche pouvant être tirée en taille douce.
Ce procédé, qui date de 185o, a obtenu, à l’Exposition universelle de 1867, le grand prix de photographie.