‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 61 sur 122 · V. — Procédé Baldus · texte numérisé non relu

V. — Procédé Baldus

Le premier procédé de M. Baldus date de 1854. Sur une planche de cuivre on étend une couche de bitume de Judée et on l’expose à la lumière sous une épreuve photographique sur papier, pendant un quart d’heure. On lave la planche avec de la benzine qui enlève les parties non impressionnées par la lumière. On l’abandonne deux jours à la lumière diffuse pour donner plus de résistance au bitume restant. On la plonge dans un bain de sulfate de cuivre au pôle négatif de la pile :.sur toutes les parties nues du cuivre, il se dépose une couche de cuivre en relief si l’on veut tirer les épreuves sur la presse typographique. Si, au contraire, on voulait une taille douce, on place la plaque au pôle positif ou elle se creuse. M. Baldus forme le grain nécessaire sur l’épreuve négative par l’addition, aux substances chimiques impressionnables, d’un composé qui, en cristallisant dans la masse du papier, y forme de petits grains cristallins et transparents.

Le second procédé de M. Baldus consiste à recouvrir la plaque de cuivre avec de la gélatine bichro-

PROCÉDÉ MIALARET

matée. On l’expose sous un cliché photographique et on la place dans une dissolution de perchlorure de fer qui attaque le cuivre partout où la gélatine n’a pas été influencée par la lumière et on obtient ainsi un premier relief. On encre la plaque et on la replace dans le perchlorure de fer qui la creuse de nouveau. En répétant ce traitement, on arrive à la profondeur que l’on désire. En employant un cliché négatif, on obtient une impression en creux pour la taille douce ; avec un cliché positif, on a une impression en relief pour le tirage typographique.

YI. — Procédé Mialaret.

Le procédé de M. Mialaret peut servir à obtenir simplement des images photographiques sur cuivre ; mais ces mêmes. images peuvent, par des opérations successives, être transformées en gravures. Nous allons dire sommairement en quoi il consiste.

On prend une lame de cuivre rigoureusement plane, qu’on polit avec le plus grand soin si l’on veut plus tard faire mordre la planche.

La plaque étant parfaitement séchée, on la plonge d'un seul coup dans la solution suivante : sulfate de cuivre, T grammes 30; sel marin, 4 grammes 50; eau, 60 grammes. On aiguise cette liqueur avec quelques gouttes d’un acide quelconque. Après une immersion de 30 secondes à une minute, la plaque* est retirée du bain, lavée à grande eau et complètement séchée avec un vieux linge assez mou pour ne pas rayer le métal, puis frottée avec une flanelle douce jusqu’à ce qu’elle présente un beau poli. Elle offre alors un ton qui varie du rouge vif au violet, sans que

PHOTOGRAVURE

cette différence influe notablement sur sa sensibilité. Ces opérations peuvent se faire à la lumière diffuse d’un appartement. Pour impressionner la plaque, on la place dans un châssis, derrière un négatif ou une gravure, et on expose le tout à la lumière. Au soleil, la pose est de 5 à 10 minutes selon l’opacité du cliché ; par un temps couvert, elle doit être prolongée pendant une heure et plus. Après l’impressionnement, la plaque peut se conserver pendant quelques jours sans altération sensible. Mais si l’atmosphère est humide, elle s’altérera même dans l’obscurité. Pour fixer l’image, on la plonge dans un bain d’hyposullite additionné de quelques centigrammes de chlorure d’argent. Après quelques secondes d’immersion, on voit l'image blanchir. Dans les tons rouges, les ombres prennent une teinte violacée, pour virer ensuite au noir. C’est à ce moment précis qu’il faut retirer la plaque pour l’agiter vivement dans une cuvette contenant de l’eau pure. Ensuite on peut enlever le dépôt noirâtre qui formait les ombres, si l’on ne préfère le laisser subsister ; dans ce cas, on lave à grande eau et on sèche rapidement sur une lampe à alcool donnant une large flamme. Comme les noirs de cette image sont formés d’une poussière qui s'enlève au moindre frottement, on recouvre la planche d'un vernis transparent. Le graveur peut alors l’attaquer hardiment avec son burin ; aucun procédé ne lui fournira un décalque plus fidèle.

Mais, si l’on veut essayer de la gravure chimique, il faut dépouiller les noirs, au moment indiqué cidessus, laver la plaque sous un fort jet d’eau et la plonger, sans la sécher, dans le liquide qu’on a choisi comme mordant. 11 faut se servir de réactifs qui agis-

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