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I. — Historique

MM. Spencer etJacobi, en découvrant les principes de la galvanoplastie, avaient obtenu des planches de cuivre avec des lettres en relief; ces procédés ont donné naissance à des genres différents de reproduction.

En traçant, avec une pointe, des caractères sur une planche de cuivre vernie, M. Spencer mettait le cuivre à nu et permettait au courant électrique de déposer le cuivre réduit dans les lignes creusées. Ce dépôt adhérait à la planche, mais il était inégal suivant la rapidité de l’action, et l’opérateur était obligé de Légaliser en le frottant avec de la pierre ponce et de l'eau : il obtenait ainsi une planche-relief propre à l’impression sous la presse typographique.

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Voici un autre procédé par lequel il arrivait au même résultat. Il prenait une planche de cuivre en creux ou une planche de bois gravée en taille d’épargne, ou bien encore des caractères d’imprimerie; il les posait sur une lame de plomb et les soumettait à une forte pression, afin d’obtenir des empreintes en relief ou en creux suivant le genre de gravure de l’original. En se servant de ces formes en plomb comme d’électrode négative, il obtenait des reproductions identiques des planches originales.

L’identité parfaite des empreintes obtenues par le procédé galvanoplastique, qui reproduit les lignes les plus délicates, celles-là même qui ne sont visibles qu’au microscope, a fait penser que ce procédé serait précieux pour la reproduction des planches gravées emcuivre et en acier, afin de conserver les planches originales, quelquefois d’un très grand prix. Si les copies sont usées, on peut facilement faire une nouvelle empreinte.

Pour faire une copie d’une planche en cuivre gravée, on procède de différentes manières. Le dessin gravé étant en creux, il faut commencer par obtenir une copie ou un moule en relief. Si cette copie doit être en cuivre, il faut surtout empêcher l’adhérence entre l’original et le dépôt. On peut, comme MM. Jacobi et Spencer, frotter la surface à chaud avec de la cire ou un autre corps gras, et l’essuyer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une pellicule très mince ; ou bien, comme M. Boquillon, recevoir dessus la fumée noire d’un corps résineux, après avoir déposé une couche d’or ou d’argent. Cependant, si mince qu’elle soit, on risque que cette couche remplisse inégalement les traits fins.

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M. Smee conseille de placer la plaque dans un lieu frais pendant vingt-quatre heures, afin d’augmenter la couche d’humidité à la surface, ce qui suffit pour empêcher l'adhérence.

Tous ces procédés laissent beaucoup à désirer, et il semble qu’on doive leur préférer le suivant, qui est dû à M. Mathiot, des Etats-Unis. Une planche de cuivre, étant bien nettoyée, a été exposée à la vapeur d’iode et électrotypée; le dépôt se sépara facilement du moule. Cependant, en nettoyant de grandes planches pour recevoir la couche d’iode, on remarqua que, tandis qu’une partie de la plaque était très nette, l’autre restait terne et voilée, et qu’alors on n’obtenait pas une action uniforme de l’iode. Cette remarque conduisit à argenter la plaque avant de l’iode r , ce qui facilita le nettoyage et rendit apparente Faction de l’iode. Une plaque argentée fut lavée avec une dissolution alcoolique d’iode et électrotypée; la planche électrotypique se sépara du moule plus facilement qu'auparavant; l’iodure d’argent réussissait mieux à prévenir l’adhérence que l'iodure de cuivre.

Bientôt on s’aperçut qu’une planche préparée par un temps couvert ne se séparait pas aussi facilement que lorsque l’opération avait eu lieu par un temps serein. On remarqua qu’une plaque iodée et exposée au soleil se séparait avec une très grande facilité, tandis que, lorsqu’elle était iodée par un temps pluvieux et placée dans une chambre obscure avant de la mettre dans le bain, le dépôt adhérait si fortement au moule, qu’il fallait, pour le détacher, avoir recours au chauffage et au choc.

Le procédé d'ioder et d’exposer à la lumière a été, jusqu’à présent, employé pour un très grand nombre

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de planches soigneusement gravées; il n’a jamais présenté la moindre difficulté pour séparer le dépôt du moule, quand le dépôt a atteint l’épaisseur convenable. Pour prouver combien peu la délicatesse des traits de la plaque est diminuée par l’emploi de ce moyen chimique qui prévient l’adhérence, M. Mathiot nous apprend qu’une planche gravée, a été sept fois électrotypée en relief et en creux successivement, sans que l’examen le plus attentif ait pu faire apercevoir la moindre différence entre la dernière reproduction et l’original.

M. le duc de Leuchtenberg a inventé un procédé particulier de reproduction. Au lieu d’encrer la planche originale qu’il veut copier avec l’encre d’imprimerie ordinaire, il se sert d'un mélange de résine de Damare, d’oxyde rouge de fer et d’huile de térébenthine, avec lequel il tire une épreuve sur du papier très mince. Cette épreuve, encore fraîche, est appliquée sur une planche de cuivre ou d’argent poli, de manière que le dessin soit en contact avec la plaque ; après sa dessiccation, on enlève le papier avec de l’eau pour ne laisser sur le cuivre que l’empreinte à l’encre du dessin. En reproduisant cette planche par le procédé électrotypique, l’inventeur obtient une planche en creux propre au tirage en taille douce.

Les procédés électro-chimiques fournissent également des planches de cuivre unies pour la gravure. A l’exposition universelle de 1855, on remarquait des planches lisses de lm.65 cent, de long sur 75 cent, de large, produites par l’imprimerie impériale de Vienne.

La reproduction électrotypique des planches d’acier gravées offre de grandes difficulté. Le sulfate de

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cuivre attaque l’acier et en altère la gravure; le sulfate de cuivre ammoniacal, qui n’a point d’action sur l'acier, serait excellent, mais il est difficile d’en précipiter le cuivre au moyen de la pile. M. Smee a proposé de mouler les planches d’acier et d'agir ensuite sur le moule, ou d’employer une anode d’argent, ayant à peu près les dimensions de la plaque d’acier. M. Walker préfère obtenir d’abord une épreuve en argent et une contre-épreuve en cuivre; mais les tentatives faites jusqu’à présent n’ont point donné de résultats satisfaisants (4).

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