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II. — Reproduction des planches en taille douce

On emploie deux procédés pour arriver à ce résultat. Le premier consiste à prendre une contre-épreuve de la planche au moyen de la gutta-percha ou de la cire, à rendre conducteur ce moule au moyen de la plombagine et à le plonger dans le bain galvanoplastique, en suivant absolument la marche de la reproduction par la galvanoplastie des gravures sur bois, que l’on trouvera décrite dans la seconde partie de cet ouvrage. Ce premier moyen donne des résultats satisfaisants pour reproduire des planches d’un travail qui n’est pas extrêmement délicat.

Mais, s’il s’agit de multiplier une gravure très perfectionnée et sur laquelle le burin de l’artiste a épuisé toutes les ressources de l’art, aucun procédé de moulage ne saurait rendre toutes les finesses. On doit avoir recours au procédé direct, c’est-à-dire à l’électrotvpie. On plonge la planche dans le bain galvano-

(1) Hammann, Noie sur la Galvanoplastie appliquée à l'Art de la Gravure.

REPRODUCTION DES PLANCHES EN TAILLE DOUCE ZDo

plastique, au pôle positif, et on y fait déposer du cuivre sur sa surface, lequel formera, au bout d’un. certain temps, une planche reproduisant avec une rigoureuse exactitude la gravure la plus compliquée.

Pour empêcher l’adhérence du dépôt sur l’original on emploie différents procédés.

Jacobi et Spencer frottaient la surface de la planche, à chaud, avec de la cire ou un autre corps gras et l’essuyaient jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une pellicule très mince. Aujourd’hui on fait usage de la vaseline.

Bocquilion dore ou argente la planche et l’enfume, avec un corps résineux.

Smee place l’original dans un lieu frais pendant 24 heures de façon à augmenter la couche d’air à sa surface, laquelle sera suffisante pour empêcher l’adhérence.

Mais quelque légère que soit la couche de corps gras, de fumée ou d’air, elle a l’inconvénient de provoquer, à la surface des planches modèles et des reproductions, un léger grain qui sera visible sur les épreuves.

M. Math ici- a imaginé un procédé qui ne produit aucun grain. On argente la plaque dans un bain galvanique, on passe à sa surface une dissolution de 1/2 gramme d’iode dans 10 litres d’alcool et on l’expose pendant un quart d’heure à la lumière. L’iodure d’argent formé est impressionné par la lumière et forme un voile extrêmement mince qui empêche l’adhérence du dépôt tout en conservant la délicatesse des traits. Ceci est tellement vrai qu’une planche gravée a été sept fois électrotypée en relief et en creux successivement, sans que l’exanjen le plus Graveur. — I. 15

KLECTROTYPIE

attentif ait pu faire apercevoir la moindre différence entre la dernière reproduction et l’original.

Pour reproduire les planches en acier, on ne peut faire usage du bain ordinaire de sulfate de cuivre qui est décomposé par le fer. On fait usage d’un bain composé de cyanure double de cuivre et de potassium, qui est sans action sur le fer. Lorsque la planche est recouverte d’une première couche de cuivre, on la place dans un bain ordinaire de sulfate de cuivre et on laisse le dépôt se former jusqu'à ce qu’on ait obtenu l'épaisseur voulue.

Voici comment est composé le bain de cyanure. Nous donnons trois recettes qui sont également bonnes :

20 litres.

500 gram.

Eau.

A / Cyanure de potassium [ Sulfite de soude. . .

5 litres.

140 gram.

j Cyanure de potassium

10 litres.

350 gram.

Eau .

Sulfate de cuivre .

Tartratc double de potasse et de

soude

Soude.

Les gravures en creux sur zinc se reproduisent de même quenelles sur acier.

UEFKUDUUlIUiN i'LAA lAiJLLfe JJUUHL ZOO

D’un article très étendu sur l’exécution des cartes gravées par YOrdnance Survey , de l’Angleterre, nous extrayons les intéressants détails suivants, sur la fabrication électrolytique des plaques de cuivre reproduisant les matrices et dont la qualité pour la gravure, si délicate et si fine de ces cartes, exige des conditions exceptionnelles de ténacité, constitution, épaisseur et finesse de métal et qui n’ont été atteintes qu’après de longues et dispendieuses expériences. Ces conditions sont : 1° des dimensions considérables de plaques, savoir 0m67 de largeur sur 0m98 de longueur ; 2° des épaisseurs de 1 millimètre et demi pour les matrices et de 3 millimètres 15 pour les doubles ; 3° une égalité d’épaisseur parfaite pour les doubles qui doivent supporter les efforts de la presse d’imprimerie ; 4° une souplesse de grain de cuivre rendant la gravure facile. La troisième condition est des plus essentielles, car les moindres différences d’épaisseur donnent lieu immédiatement à des défauts irréparables d’impression, et la quatrième a une non moins grande importance, car on ne peut songer à faire des compensations ou des corrections locales avec du métal d’imprimerie antimonieux.

Les opérations de YOrdnance Office de Soulhampton, le plus important peut-être des bureaux topographiques du Royaume-Uni, se pratiquent de la manière suivante :

La plaque qui doit être électrotypée, c’est-à-dire reproduite par un dépôt électrolytique, qu’elle soit gravée à la main ou qu’elle soit elle-même une matrice reproduite électrolytiquement, est nettoyée avec le plus grand soin à l’aide d’une solution de potasse; ensuite on la chauffe et on la recouvre, sur la face

postérieure, d'une couche de cire. Lorsque celle-ci est figée, on applique sur la face principale qui doit recevoir le dessin une solution de cyanure d’argent.

La plaque est brossée avec de la teinture d’iode, pour produire une couche d’iodure d’argent, laquelle a pour but d’empêcher le dépôt de cuivre d’adhérer à la plaque de réception (nom qu’on donne à la plaque qui doit recevoir le dépôt cuivreux ; on nomme double le dépôt électrotypique obtenu).

La manipulation suivante consiste à fixer cette plaque de réception ainsi préparée à un châssis ou tablette, à l’aide de clous en cuivre qui l’y assujettissent ; quelquefois on place sur ce même châssis des plaques de moindres dimensions, s’il y a de l’espace disponible.

Les coins de la plaque sont couverts d’une composition cireuse, qui a pour but d’éviter que le dépôt cuivreux n’enveloppe les coins : toutefois, des trous sont ménagés dans ces mêmes coins de cire, pour qu'il s’y produise des excroissances de cuivre, disposées aux angles qui assujettissent solidement la plaque de réception et la plaque nouvellement formée, dans tous les mouvements que pourrait avoir à supporter le bain.

La composition cireuse en question est formée de : plâtre de Paris, cire d’abeille, colophane et suif de Russie ; l’action du plâtre de Paris donne à cette sorte de cire une densité plus grande que celle du bain, et cette addition a été récemment faite pour éviter d’assez fréquents enlèvements de petites portions de cire détachées qui, par leur légèreté, flottaient et venaient s’élever contre la plaque en formation et se faire emprisonner dans la masse cui-

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