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REPRODUCTION DES PLANCHES EN TAILLE DOUCE

du bain est de 9 par minute, et il est obtenu à l’aide d’un petit mécanisme de bercement, mis en action par une petite machine à vapeur.

Le balancement du bac est chose importante et pour qu’il soit bien efficace, la solution entre les deux plaques doit subir des changements à la fois fréquents et constants, sous peine de trois inconvénients graves : -1° la dissolution non agitée s’appauvrit dans le voisinage de l’anode et celle-ci ne tarde pas à se couvrir de cristaux de sulfate de cuivre ; 2° la dissolution se trouve diluée dans le voisinage de la plaque de réception, ce qui est fâcheux, car du cuivre amaigri est alors précipité ; 3° la force électromotrice contraire se développe et s'accroît rapidement (polarisation).

Dans l’atelier dont il s’agit, il y a vingt-trois bacs, reliés électriquement en série, disposition prise à la suite de nombreuses expériences ; elle permet toutefois de placer le bac dans le circuit ou de l’isoler avec la plus grande aisance et sans qu’il y ait réaction sur les bacs restants, ni crainte d’erreur dans l’agencement.

Pour obtenir la meilleure qualité de cuivre pour les besoins de YOrdnance Survey, le courant ne doit pas dépasser 6 ampères par pied carré (0 ampère, G6 par centimètre carré), parce qu’avec une plus grande intensité de courant, on a reconnu que les bords des plaques devenaient épais et frustes.

Pour satisfaire à l’ensemble de toutes les conditions requises, la moyenne du courant est fixée à 35 ampères ; pour cette raison, en ce qui concerne les plaques des dimensions ci-dessus indiquées, de Om,G7xOm,98, le courant est réglé à 4,75 ampères

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par pied carré (0 ampère, 52 par centimètre carré) et pour les plaques de moindres dimensions (0m,37x0m,57), qui sont alors mises sur le châssis au nombre de deux et qui recevraient 7,5 ampères par pied carré (0 ampère, 83 par centimètre carré), on place sur les bornes du bac qui le contient un shunt, qui ramène le courant à 28 ampères, soit 6 ampères par pied carré (0 ampère, 65 par un centimètre carré).

La résistance de chaque bain est de 0 ohm, 009 et la force électro-motrice de 0 volt. 02. La force électromotrice totale nécessaire pour obtenir un courant de 35 ampères dans les bacs sera donc de :

(23 x 0,02) + (0,009 x 23 x 35) = 7 volts, 7

auxquels il faut ajouter 2 volts, 5 pour perte dans les conducteurs et joints et une certaine quantité dans le solénoïde du régulateur électrique de l’appareil : environ 10 volts sont donc exigibles aux bornes des dynamos, comme différence de potentiel normale.

La dynamo et la machine motrice ont été construites pour un développement de beaucoup supérieur à ces quantités, à cause de travaux photographiques à exécuter dans la saison d’hiver et exigeant un arc lumineux, ce qui a fait disposer dans l’atelier dont il s’agit une dynamo donnant 65 volts et 40 ampères à la vitesse de 700 tours aussi bien que 13 volts et 40 ampères à la vitesse de 350 tours. La dynamo sort des ateliers de MM. Crompton et appartient au type à aimant horizontal double ; le moteur est une machine compound à trois cylindres couplés de Willians.

Avant l’emploi récent de la dynamo, les dépôts de cuivre étaient produits par des piles de Smee. Les

éléments étaient de très grande dimension (les plaques de zinc de chaque élément mesuraient 5m,83) et on a longtemps hésité, malgré la main-d’œuvre assez dispendieuse, malgré les fumées acides et la dépense en zinc, acide sulfurique et mercure, assez considérable, à leur substituer la dynamo : cette modification n’a été effectuée qu’en 1883, sous la direction du directeur de YOrdnance Survey (colonel Stotherd), du corps royal du génie anglais. ( Engineering ).

Depuis plusieurs années, le Dépôt de la guerre a tourné tous ses efforts vers la solution d’une question très intéressante pour la publication de la carte d’état-major.

On sait que la gravure d’une feuille de cette carte demande de cinq à douze ans, d’où il suit que la gravure, . commencée plus tard que le levé et ayant marché souvent moins vite, est aujourd’hui notable1 ment arriérée. En sorte que les travaux sur le terrain devant s’achever dans deux ans, on pouvait craindre de n’en voir achever la publication que quinze à vingt ans plus tard.

Les procédés galvanpplastiques ont fait entrevoir l’espérance d’abréger notablement ces travaux. On s’est demandé si la gravure s’exécutant sur une matière moins dure et moins difficile à travailler que le cuivre, ne pourrait pas être faite beaucoup plus vite ; si l’on ne pourrait pas avoir ainsi dans un temps relativement plus court, une planche gravée sur une matière encore inconnue dont on pourrait

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obtenir en quelques jours, par la galvanoplastie, une reproduction sur cuivre parfaitement identique avec le modèle. Le problème fut ainsi posé en 1852 par le directeur du Dépôt de la guerre.

La gravure sur pierre semblait devoir être le point de départ des essais ; mais les objections se soulevaient de toutes parts. La gravure sur pierre, disait-on, n’est pas un procédé pareil à la gravure sur cuivre ; elle n’entame la matière gravée ni aussi profondément ni de la même manière ; elle se borne, en beaucoup de places, à ouvrir la couche de vernis dont la pierre a été couverte, et dans ces parties-là la gravure sur pierre n’est plus qu'une lithographie. De plus, la galvanoplastie ne réalise ses merveilles qu’à l’aide de réactifs auxquels la pierre ne pourrait être soumise sans -altération, sans destruction peutêtre.

Par ces motifs, le problème semblait insoluble. 11 a cependant été résolu au Dépôt de la guerre, grâce aux recherches persévérantes et aux travaux intelligents du colonel Levret. Voici l’historique des principaux essais restés jusqu’ici sans résultats.

Dès l’année 1852, suivant la route indiquée plus haut, après avoir fait faire sur pierre une gravure dont toutes les parties fussent creusées, on avait cherché à obtenir le relief à l’aide de la gutta-percha.

Ce relief aurait été plombaginé et aurait servi de moule pour faire une planche en cuivre reproduisant la gravure primitive. En vue d’obtenir le relief sans altérer la pierre, on crut devoir se renfermer dans le cercle étroit des moyens mécaniques ; une couche de gutta-percha ramollie par la chaleur fut appliquée et pressée sur la pierre gravée par le pro-

cédé employé pour le satinage des épreuves. Mais deux essais successifs n’ayant abouti qu'à briser les pierres et à produire des fragments de relief trèsimparfaits, cet échec découragea les expérimentateurs.

Vers la même époque, le roi de Bavière, lequel suivait avec une bienveillance toute particulière les travaux de son établissement des cartes, prescrivit de faire des essais pour reproduire en cuivre une gravure sur pierre. Nous ne connaissons pas le détail de ces expériences ; mais nous savons d’une manière certaine, par un ouvrier qui y coopérait, que ces tentatives ont duré pendant les années 1851 et 1852 et qu’elles n’ont donné aucun résultat.

Vers 1854, M. Schneider (Suisse), sur la demande de M. Erhard, graveur sur pierre fort distingué, et dont les travaux pour le Dépôt de la guerre ont été souvent remarqués, s’occupa de semblables recherches. D’opérateur étranger parvint à produire une petite planche fac-similé en cuivre d’une gravure sur pierre.

Malgré son peu d’étendue, malgré ses imperfections, ce premier spécimen fit, concevoir les plus belles espérances. Sentant combien elle était féconde pour son industrie, M. Erhard attachait un grand prix à cette découverte ; il stimula donc M. Schneider dans ses travaux, mais celui-ci, en cherchant à corriger les défauts de sa première épreuve, la détruisit complètement ; il s’aperçut que la pierre avait été notablement rongée par les acides durant l’opération, et découragé par cet échec, désespérant sans doute de trouver un remède à un pareil inconvénient, il ne s’occupa plus de ces recherches.

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Cependant M. Erhard n’était pas découragé, ses espérances survivaient à tous les revers.

Le 28 janvier 1860, il vint demander au colonel d’état-major Levret, chef de la première section du Dépôt de la guerre, de tenter des essais nouveaux ; le colonel, distrait par ses devoirs sérieux, ne pouvait s’en occuper avec suite ; mais il put à l’instant montrer à M. Erhard qu’en étendant sur la pierre plusieurs couches de gutta-percha dissoute dans le sulfure de carbone, on obtenait une pellicule qui, détachée de la pierre, présentait un relief très satisfaisant.

Quelques jours plus tard, le colonel Levret, plus maître de son temps et se rappelant à quel degré cette question intéressait le Dépôt de la guerre, reprit sérieusement les essais; il n’employa d’abord d’autre procédé que le procédé connu, se préparant à lutter pied à pied contre les obstacles qu’il s'attendait à rencontrer et contre ceux qui pourraient se présenter à l’improviste.

La pierre était plombaginée et soumise à l’opération galvanoplastique dans le bain de sulfate de cuivre ; mais elle n’en sortait que profondément attaquée.

On peut dire que ce résultat était attendu : en effet, le liquide dont le bain se compose est, comme on le sait, une dissolution de sulfate de cuivre cristallisé, par conséquent neutre, stimulée par l’addition d’une quantité d’acide sulfurique.

Pensant que cet acide libre était la seule cause des détériorations de la pierre, le colonel laissa plongée pendant vingt-quatre heures dans un sel parfaitement neutre une pierre lithographique. Elle en fut retirée sans avoir subi aucune altération.

Guidé par ce résultat, il tenta l’opération galvanoplastique en se servant d’un bain neutre au risque d’y consacrer un temps un peu plus long. De plus, la pierre fut préalablement placée dans de la stéarine fondue, et ensuite plombaginée, ce que la stéarine rend assez difficile. Malgré tant de soins, il n’eut pas un succès complet. La pierre qui était restée intacte dans le liquide neutre, abandonnée à ellemême, avait été encore attaquée dès que le courant électrique avait traversé le liquide pour y provoquer le dépôt ; les détériorations étaient faibles, mais trop notables cependant pour ne pas compromettre la reproduction sur cuivre.

Averti, mais non découragé, l’ingénieux opérateur imagina une modification à son procédé, et cette modification, qu’il nous reste à décrire, l'a conduit au but désiré.

11 fallait, sans déformer la gravure, la couvrir et la défendre à l’aide d’une matière susceptible de bien recevoir la plombagine. La gutta-percha satisfait bien à cette dernière condition ; voici comment elle doit être employée pour satisfaire à la première.

La pierre étant convenablement gravée, est placée sur une assez forte inclinaison ; une solution de guttapercha dans le sulfure de carbone est rapidement répandue sur sa surface, et aussitôt après la pierre est relevée verticalement afin de dégorger les tailles.

Pour faire cette première opération préparatoire, la dissolution doit être assez liquide et ne contenir que le quart environ de la quantité de gutta-percha qui serait nécessaire pour saturer le dissolvant.

L’évaporation du sulfure de carbone est très rapide, par conséquent la couche étendue sur la pierre

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