‹ Nouveau manuel complet du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 16 sur 191 · CARMIN EN FOUDRE · texte numérisé non relu

CARMIN EN FOUDRE

Safran gâtinais,. . . . . . 6r gram. (2 onces) Graine de Perse pulvérisée. + 31 gram, (r once).

Alun de Rome. : : . . . 23 gram. (6 gros).

Sel de cuisine. . . + . + 15 gram. (4 gros).

Sel ammoniaque: - + . . 19 gram. (5 gros).

Acide nitrique concentré. , . 428 gram. (14 onces). Etain de Malaga en rubans. ,. 125 gram. (4 onces).

On fait les décoctions dans quatre litres d’eau chacune, réduits à deux, et on opère de méme que pour le carmin. On doit laver toutes les couleurs avec de l’alcool avant de les employer, ce qui facilite beaucoup leur emploi et les rend plus vives.

Carmin en poudre.

Le carmin en poudre est une couleur d'un rouge foncé, velouté, que l’ou extrait de la cochenille ; il se prépare ainsi: prenez :

Cochenille 5: + . : 5oo gram. (1 livre).

Eau de rivière bien claire. . . 20 litres.

Afaniesses =: "0m 2 50, ra8: gfam--(6: gros): Nitro-muriate d’étain (ou disso-

lution d’étain dans l'acide ni-

trique). + . . . . . . 18 gram. (4 gros).

On réduit en poudre la cochenille dans un moulin à café qui né doit servir qu'à cet usage.

Onla met dans une grande chaudière de fonte avec l'eau; quand elle a bouilli environ une heure, on y ajoute l'alun; on continue J'ébullition pendant cinq minutes; on passe la liqueur à travers un linge serré ; on laisse reposer jusqu’au lendemain , après quoi on décante pour l'obtenir transparente et privée de tout corps étranger; on mêle la dissolution d’étain , on laisse précipiter et on lave comme le carmin liquide. Quand il n'a plus de saveur étrangère, on le fait sécher à l’étuve sur des assiettes de porcelaine ou de faïence.

Le confiseur doit préparer lui-même le carmin dont il se sert, car celui du commerce n’est qu'un mélange de minium et de carmin, qui est un poison comme toutes les préparstions de plomb.

Le nitro-muriate d'étain se prépare avec parties égales;'en poids, d'acide nitrique et muriatique.

Acide nitrique concentré. . . 15 gram- (4 gros):

Acide muriatique. . . . . 15 gram. (4 gros).

Etain de glace en rubans. , . 4 gram. (1 gros). On fait la dissolution à une douce chaleur, au bain-marie, dans un bocal ou dans un ballon de verre.

Lavage du Bleu de Prusse.

On met 61 grammes (2 onces) de bleu de Prusse, première qualité, dans un vase,on verse quelques gouttes d’eau par-dessus; an bout d'un quart-d'heure il fuse comme de la chaux ; lorsqu'il est fondu, on le broie sur un marbre avec une mollette, ensuite on le lave avec de l'eau jusqu'à ce qu'il la rende claire. Ce bleu se conserve avec de l'alcool comme le carmin liquide, et sert pour la dragée bleue et le pastillage.

Manière de retirer l'acide sulfurique du bleu en liqueur.

On prend une terrine un peu grande, on y jette un verre d’eau et un demi-verre de bleu, et environ 500 grammes (1 livre) de blanc d'Espagne (carbonate de chaux), on remue ce mélange avec une spatule en bois, il y a effervescence, Alors on y jette de l’eau jusqu’à ce que l’effervescence cesse, on remue toujours, on laisse déposer, on décante ; ensuite on filtre le bleu, on le conserve dans des bouteilles en y mettant trois à quatre cuillerées d'alcool par bouteille avant de les boucher; on conserve dans un endroit frais. Ce bleu ne doit avoir aucun mauvais goût, ni de saveur acide; on ne l'emploie que dans l'office; on l'avive toujours avec un peu d'acide acétique, autrement il se passerait en bouillant avec le sucre.

Clarification du carmin en poudre.

On prend une cafetière de terre vernissée qui tienne un verre d'eau, on y met du carmin en poudre, une suffisante quantité pour foncer en couleur; on le porte à l’ébullition ; quand il bout, on abat le bouillon.en y projetant un pen d’eau fraîche , on le laisse remonter encore deux fois, et à chaque fois on y ajoute de l'eau fraîche; on le retire du feu, et on y ajoute six à sept gouttes d'ammoniac liquide (ou alcali volatil); on le laisse déposer, on décante et on le met en bouteilles; on doit y incorporer force sucre en poudre, autrement il ne pourrait se conserver que vingt-quatre heures, tandis qu’au moyen du suücre on le conserve d'une année à l’autre ; on fait subir la même opération au mare qui en provient, et, quand on clarifie du carmin, où se sert de ces résidus préférablement à l’eau claire,

ÉPINE-VINETTE. 33 Curcuma.

Cette racine est également connue sous le nom de terramerila, souchet ou safran des Indes, curcuma rotunda, et curcuma longa(Lin.), suivant que la racine est longue ou ronde. Ces deux espèces appartiennent à la monand. monag., famille des amomées; elles viennent des Indes orientales et différent peu entre elles. On trouve plus communément le long dans le commerce; il est cylindrique, presque aussi gros que le petit doigt, contourné, d’une couleur jaune-orange à l'intérieur, avec une cassure analogue à celle de la cire; l'écorce est chagrinée, grise et mince; sa saveur est chaude et amère ; son odeur se rapproche de celle du gingembre.

Le curcuma rond est en tubercules ovoïdes, presque aussi gros que des noix, qui, lorsqu'on les cueille, sont unis par des filaments les uns aux autres; son écorce est grise et offre beaucoup plus d’anneaux circulaires que le long. Mêmes propriétés. |

On en extrait une matière colorante jaune pour les bon= bons, qui, avec l'indigo, donne le vert pour les liqueurs.

Eau.

Nous y avons consacré un article spécial, Voyez l'article consacré au Glacier.

Epine-V'inette,

Le vinetier commun, Berberis vulgaris, de la famille naturelle desberbéridées , est un arbrisseau à bois jaune, de 1 mètre 30 centim. à 1 mètre 95 centim. (4 à 6 pieds) d'élévation, qui fleurit en mai et croît dans les bois et les haïcs d'Europes Quelques vieux pieds de ceux cultivés pendant longtemps donnent des fruits sans pépins, mais ils ne se propagent ni par la grelfe, ni par la plantation de drageons enracinés, ni par bouture. La fleur jaune est disposée en grappe, comme les groseilles; elle donne lieu à,un fruit rouge qui est une petite baïe allongée, ombiliquée à son sommet, qui a une saveur aigrelette très-agréable. On en fait des confitures qui sont très-bonnes; dans le département de la Côte-d'Or, celles que l'on fait à Chanceanx ont une très-honne réputation , et la méritent à justétitre

Des Fleurs. L'époque la plus favorable pour la récolte des fleurs, c'est avant leur entier épanouissement ; elles sont alors plus odo: rautes, plus colorées, plus chargées de principes. On doitre-

jeter celles qui ont été décolorées par les pluies : il en est cependant quelques-unes, comme les œillets, les violettes, le jasmin, etc., qu'on ne doit cuéillir qu'après leur épanouisseent ; mais il faut avoir soin, dans ce cas, que cet épanouissement n'ait eu lieu que depuis peu. 11 est des Heurs, comme les labiées (sauge, romarin, menthe, ete.), qui ont besoin d'être séchées avec leur calice , parce que c’est là surtout que se trouve leur huile essentielle. Quant à celles dont l'odeur réside spécialement dans les pétales, on doit les séparer du calice etles faire sécher à part. Mais il est un fait bien connu, c'est que le confiseur doit donner la préférence à celles qui sont exposées au midi, dans des localités non humides, ét lés cueillir par un temps ste, après lé lever du soleil.

Les fleurs contiennent une si grande quantité d'humidité, qu'il en est qui perdent par la dessiccation jusqu'à 85 pour 100. Pour leur conserver le plus de couleur et d'odeur possible, on doit les faire sécher promptement au soleil, où mieux dans une étuve chauffée à 70 c°, en les plaçant sur du papier brouillard soigneusement rangé sur des claiess on les remue de tempsen temps. Dès que les fleurs sont sèches, leur odeur se trouve fortement diminuée; mais, aw bout de quelques jours, cette odeur augmente, et les fleurs se ramollissent un peu.

Des Feuilles,

On doit faire choix des feuilles saines et exposées autant que possible au midi; car, en général, les vertus des plantes s'augmentent par une pareille exposition, Les feuilles doivent être cueillies à l'époque de la Horaison de la plante, par un temps sec, après le lever du soleil, lorsque la rosée est totale= ment dissipée. On ne doit pas les laisser en tas ni pressées les unes contre les autres, parce qu'elles s'échauffent bientôt et se détériorent; il vaut mieux les étendre sur une claie, séparer de suite les tiges et les feuilles mortes ou fanées, et placer celles dont on a fait choix sur des claies couvertes d'une toile à larges mailles, que l’on expose à la chaleur solaire, ou mieux dans une étuve chauffée jusqu'à 80 degrés ; on les rémue de temps en temps, et on les retire lorsqu'elles se briseut entre les doigts. On les laisse alors au contact deJ'air pendant quelques heures ; et, dès qu’elles ont repris un peu*de souplesse, on.lés enferme dans une boîte que l'on place dansun lieu sec, parce que l’eau et l'humidité les détériorent bientôt, Les feuilles ainsi préparées conservent leur couleur et une partie

Page 1