DES ÉCORCES
très-pesants et ayant le plus d’odeur, de couleur et de saveur possibles. La dessiccation des bois est très-facile ; il suffit de les fendre et de les exposer au soleil ou à l'air, à l'abri de la pluie et de l'humidité.
Les bois résineux sont très-faciles à conserver; mais il n’en est pas de même de ceux qui sont tendres : aù bout de quelques années , les vers ne manquent pas de les attaquer; il faut les visiter de temps en temps, et les enfermer dans des boîtes fermées , afin de les garantir de l'humidité, de l'air et de Ja poussière. On donne le nom de tiges aux petites branches ligneuses des végétaux : même conservation.
Des Ecorces.
L'écorce peut être considérée comme le foyer d’un grand nombre de sécrétions végétales des plus importantes, et comme renfermant les réservoirs ou les vaisseaux des sucs propres ; aussi est-ce en elles que résident les propriétés les plus énergiques des végétaux, et d’où l'on’ extrait plus particulièrement,-et en bien plus grande quantité, les gommes, les résines, les mucilages, les huiles volatiles , les acides, etc. 11 suffit, en effet, de pratiquer des incisions sur l'écorce de quelques arbres pour en voir découler des sucs résineux où gommeux qui, par le contact de l'air, ne tardent pas à se concréter, Toutes les écorces ne contiennent pas, il est vrai, les méêtnes principes constituants : les unes, comme nous l'avons dit, sont résineuses; les autres, riches en tannin et en acide gallique, etc. ; c'est dans les écorces principalement que réside la propriété médicamenteuse.
L'usage le plus généralement adopté consiste à récolter les écorces non résineuses , en automne, et celles qui le sont beaucoup, au printemps, quand les arbres commencent à être en sève. Si l'an-attend qu'elle soit dans toute sa force, il en résulte que la résine est si abondante, qu’elle déchire l'écorceet s’exsude au dehors, comme on le voit dans la térébenthine, le gaïac, etc. On doit faire choix des écorces qui sont produites par des arbres vigoureux, sains, dans la force de l'âge, et prendre de préférence celles des branches qui n'ont que deux ou trois ans. Lorsqu'on les a détachées de l'arbre, on les sépare de la portion de l’aubier qui pourrait y adhérer, ainsi que des mousses qui croissent par fois sur lépiderme; on les coupe en morceaux d'autant plus petits qu'ils contiennent plus d'eau de végétation ; on les fait ensuite sécher au soleil où
dans une étuve, et on les conserve à l'abri de l’air et de Ta poussière. Lorsque les écorces sont bien préparées, elles Se conservent en bon état pendant plusieurs années.
Fraises.
Fruit du fragaria vulgaris, de Linné , icosandrie polyg,, f. des rosacées. Cette plante croit dans les bois, les haies, les collines, les montagnes abritées, -et on la cultive dans les jardins oùelle offre plusieurs variétés ; les fruits sont rouges: et formés par une agglomération de petites baïes ; ils ont une odeur particulière, une saveur douce et acidule : ils sont considérés comme rafraïchissants et diurétiques. On en fait une eau, un sirop, des crêmes, dés glaces, etc.
Du Framboisier.
La ronce du mont Ida, rubus idœus, est de la famille naturelle des rosacées; c'est un arbuste de r à 2 mètres (3 à 6 pieds) d’élévation, dont les rameaux sont armés de quelques petits aiguillons ; les fleurs sont blanches; le fruit, qui porte le nom de framboise, est formé d'un grand nombre de petits drupes, rouges ou blancs, très-charnus, serrés intime. ment les uns contre les autres, et réunis sur un gynophore cunoïde allongé. ;
Cet arbuste est abondamment cultivé dans nos jardins. Les framboises ont une saveur sucrée, un pen acidule et aromatique. Infusées dans le vinaigre, elles forment le vinaigre framboisé, avec lequel on prépare le sirop de vinaigre. On prépare avec le jus des framboises et du sucre, différentes gelées on conserves. On les confit aussi entières, Elles figurent encore sur les tables avec les fraises.
= Giroftes.
L'arbre qui produit le clou de girofle est un des plus élégants et un des plus beaux de l'Inde; sa forme est celle d’une pyramide toujours verte et toujours ornée de quantité de belles Heurs roses qui répandent une odeur aromatique des plus agréables et des plus pénétrantes, qu'elles conservent au même degré après leur dessiccation ; le fruit est un drupe sec, üvoide, couronné par les divisions du calice persistant.
Le giroflier aromatique, caryophillus aromaticus, de la famille des myrtinées , est originaire des Moluques, et surtout de Mackiau , sous l'équateur; il abonde aujourd'hui à Amboine ; il a été transporté aux îles de France et de Bourbon,
GOMME. 3r
à Cayenne et aux Antilles. C'est par le commerce des Hollandais que les clous de girofle nous parviennent.
Les clous de girofle, qui sont l'objet de la culture du giroflier, sont les calices de la fleur sèche, qui-n’est point encore épanouie; leur partie supérieure, formée par les pétales rap prochés les uns contre les autres, est beaucoup plus renflée, et forme une sorte de tète, tandis que le tube du calice et l'ovaire constituent un pédicule central. Les girofles doivent à être lourds, d'un brun clair qu'ils doivent à la fumée à laquelle on les a exposés, d'une odeur aromatique agréable , d'une f saveur âcre et piquante. Les plus estimés viennent des grandes Indes; ceux d'Amérique et de l'ile Bourbon n'ont point une saveur aussi agréable.
Leur usage est assez connu pour nous dispenser d'en parler,
Les fruits. du giroflier, qui sont des baies ou drupes presque secs, possèdent aussi une saveur et une odeur très-aromatiques. On les emploie également comme aromates ; il en est de même de son écorce, que quelques auteurs pensent être celle que l'on désigne dans le commerce sous le nom de canuelle-girofle, tandis que d'autres attribuent cette dernière au myrtus caryophillata, qui est originaire d'Amérique, et croît à Céylan, à la Guadeloupe, On l'appelle aussi bois de girofle, où bois de crabe. Cette écorce est en morceaux longsd’environ 65 cent. {2 pieds), roulés les uns dans les autres, extrêmement serrés au moyen de petites cordes ; la surface externe est unie, généralèment privée de son épiderme qui est grisâtre , brunätre intérieurement; la cassure est fibreuse, la saveur aromatique, piquante, entièrement analogue à celle du girofle , mais un peu plus faible; elle peut être employée à la place des clous de girofle dont elle à la saveur et les propriétés,
On a cru pendant longtemps que cette écorce provenait d'un arbre dé Madagascar, qui a des rapports avec les lauriers, et que Sonnera a nommé agatophillum aromaticum ; c'est le même qui produit le fruit connu sous le nom de noix de girofle ou de ravensara, avec laquelle on fait aussi d’exvellentes liqueurs.
Gomme.
On connaît un grand nombre d'espèces de gommes; elles existent dans le tissu cellulaire de diverses parties de plantes, dans l'écorce de quelques arbres et de quelques fruits. Les { principales sont celles des acacias du Levant, du Sénégal et de l'Arabie ; on les nomme gomme arabique et gomme adragant.
PREMIÈRE PANTIE, LIMONADIEN.
Gomme arabique.
Elle suinte des écorces de cerisiers, des pruniers, des abri= cotiers ; des amandiers, etc. ; elle est solide, souvent en globüles, inodore, d’une saveur fade, transparente, incolore quand elle est pure, jaune doré on plus ou moins rougeâtre quand elle est unie à des corps étrangers; elle est soluble dans l’eau chaude et dans l’eau froide, insoluble dans l'alcool, l'éther et les huiles, inaltérable à l'air, incristallisable et blanchissant par le contact prolongé de Ja lumière. L'alcool la précipite des solutions aqueuses qui n’en contiennent même qu'un millième, La gomme arabique du commerce se distingue en premier et en second blanc, suivant son degré de blancheur ; on la nomme gomme en sorte, quand c’est un mélange de morceaux colorés et incolores : on en distingue plusieurs variétés dont on trouvera la description dans le Manuel de l'Epicier droquiste, de MM. Julia de Fontenelle et Tollard, faisant partie de lEncyclopédie-Roret,
Gomme adragant,
M. Guibourt assure qu'elle est due, non à l'astragalas tragacantha, mais bien à l'astragalas qummifer et à l'astragalas verus, arbrisseaux originaires de l'Asie Mineurëé ét d'autres parties dé l'Orient. Cette gomme est en rubans blancs, translucides, élastiques, durs, difficiles à piler, fades , inaltérables à l'air, trés-solubles dans l’eau, mais moins que les autres gomimes, formant avec ce liquide un mucilage si épais, qu'il suffit d’une partie de gomme et de sept d’eau pour produire une bouillie blanche qu'on nommé mucilage ; cette gomme est insoluble dans l'alcool, l'éther et les huiles,
La gomine arabique est employée pour le sirop de ce nom, quelques pastilles, et la gomme adragant pour le cachou , les tablettes, certains bonbons, etc.
Des Groseilles,
Le groseiïllier , ribes, fournit au confiseur plusieurs espèces qui sont pour lui du plus grand intérêt ; il est de la famille naturelle des ribésiées.
Le groseillier épineux, ribes grossularia, est un petit arbuste touffn, très-rameux, qui ne s'élève guère au-delà de 1 mètre à r mètre 30 centim. (3 à 4 pieds), ainsi que le groseillier à maquereau, ribes uva crispa; ils se trouvént dans tous les