‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 27 sur 70 · HO RÀCINAGE ET MARBRURE · texte numérisé non relu

HO RÀCINAGE ET MARBRURE

très beaux raci nages et des marbrures pleines de goût. Nous allons tâcher de nous faire bien entendre pour éclairer cette partie de Fart.

Comme Ton distingue trois sortes d'ornements sur la couverture des livres , indépendamment de la dorure et du gaufrage dont nous parlerons dans la 9e section , nous diviserons ce paragraphe en autant d'articles , et nous y en ajouterons un pour la préparation des ingrédiens propres à obtenir les raeinages , les marbrures et les teintes unies. Mais auparavant , nous donnerons une préparation propre aux basanes qui ne veulent pas se raciner.

Moyen de préparer les basanes qui résistent au racinage.

Faites , la veille du jour où vous devez raciner , une décoction de 31 grammes de noix de galle pilée dans un litre d'eau tiède : poussez le lendemain le feu jusqu'à ce que ce bain soit au grand bouillon pendant cinq à six heures , puis donnez aux basanes une forte couche de cette décoction. Du papier qui aurait reçu une ou deux couches tièdes de ce» liquide pourrait être racine ou marbré comme le veau.

De la préparation des ingrédiens.

N° 1 . Pour le noir.

On prépare le noir de plusieurs manières : 1° Il suffit à& faire dissoudre à chaud , du sulfate de fer (couperose verte), dans de l'eau pure ; et de s'en servir ensuite dans les diverses opérations. La peau étant toujours imprégnée de tannin et d'acide gallique dans le procédé du tannage , l'oxide de fer contenu dans le sulfate se combine avec le tannin et l'acide gallique , et donne le noir.

2° On fait bouillir dans une marmite de fonte de fer , deux litres de vinaigre avec une poignée de vieux clous rouilles, ou 31 grammes de sulfate de fer, et l'on obtient de suite le noir. On fait bouillir jusqu'à réduction d'un tiers , et l'on a bien soin d'écumer. On conserve ce noir dans le même vase bien bouché. Il prend de la qualité en vieillissant. Pour l'entretenir , on y verse de nouveau vinaigre , on fait bouillir et Ton écume.

3° On fait bouillir ensemble deux litres de bière; deux litres d'eau dans laquelle on a fait bouillir d'avance de la

ÈUCfNAGE ET MARMIURE, Ht

mie de pain , pour la rendre sûre ; un kilogramme de vieux fer , ou de la limaille rouillée ; un litre de vinaigre. On écume comme au n° 2, on fait réduire d'un tiers, et on le conserve bien bouché. Ces noirs s'emploient à froid.

Pour empêcher que l'écume qui se forme en trempant plusieurs fois le pinceau dans la liqueur , ne s'attache au pinceau, on prend un peu d'huile qu'on étend sur la main, et on en frotte l'extrémité des brins du chiendent.

N° 2 Pour le violet.

On prend 250 grammes de bois d'Inde ( connu sous le nom de bois de Campêche) coupé en éclats ou effilé; on le lait bouillir à grand feu dans quatre litres d'eau , On y ajoute 51 grammes de bois de Brésil , aussi bien effilé ou en poudre ; on fait réduire à moitié , et l'on tire à clair. Après avoir remis ce liquide sur le feu , on y ajoute 51 grammes d'alun en poudre ou simplement conca«sé et deux grammes de crème de tartre ; on fait bouillir assez de temps pour que ces sels soient dissous. Cette couleur s'emploie à chaud.

N° 5. Du bleu chimique ,

Nous nous sommes convaincu , par une foule d'expériences faites sur ce bleu , que le procédé donné par Pœrner est tout à la fois le plus simple et le meilleur. 11 consiste à verser dans un vaisseau de verre 125 grammes d'acide sulfurique à 66°, 51 grammes d'indigo finement pulvérisé ; à délayer peu à peu la poudre dans l'acide , de manière à en former une espèce de bouillie bien homogène ; à chauffer le tout pendant quelques heures , soit au bain de sable, soit au bain-marie, à une température de 25 à 50 degrés Réaumur ; à laisser refroidir , et à ajouter alors une partie de bonne potasse du commerce , sèche et réduite en poudre : on agite bien le tout, et on laisse reposer vingt-quatre heures; on le met ensuite dans une bouteille bouchée, pour s'en servir au besoin.

La couleur de cette dissolution est d'un bleu si foncé , qu'il en paraît presque noir ; mais on l'amène à telle nuance de bleu que l'on désire , par l'addition d'une quantité d'eau plus ou moins grande.

112 RÀClKAGE ET MARBRURE.

Lorsqu'on veut employer de cette dissolution , on ne doit en prendre que la quantité nécessaire pour le travail ; ou Tétend d'une quantité d'eau suffisante pour obtenir la nuance qu'on désire. Si, après le travail , il restait de cette couleur , on doit la mettre dans une bouteille à part pour s'en servir une autre fois; mais il faut bien se garder de la verser dans la bouteille qui renferme la dissolution première et non étendue : cette addition la gâterait entièrement.

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