DES AUTRES COULEURS
N° 1. Delà couleur orange.
Dans trois litres d'une dissolution de potasse à deux degrés , ou d'une bonne lessive de cendres de bois neuf bien limpide , on fait bouillir 250 grammes de bois de fustet; on laisse réduire le liquide à moitié , et l'on y ajoute 31 grammes de bon rocou pilé et broyé avec la lessive. Après quelques bouillons , on ajoute 8 grammes d'alun pulvérisé ; on tire à clair. Cette couleur s'emploie chaude.
N° 8. Du jaune f à chaud.
Dans trois litres d'eau, on jette 2io grammes de graines de gaude, et on laisse bouillir. Lorsque la liqueur est réduite à moitié , on passe au travers du tamis, puis on ajoute , au clair , Gl grammes d'alun en poudre , et 50 grammes de crème de tartre , aussi en poudre. On fait jeter quelques bouillons , et Ton emploie cette teinture chaude.
Cette couleur peut servir pour le papier et la tranche des livres ; mais il faut la coller soit avec de l'amidon , soit avec de la gomme arabique.
H4 RAClNAGE ET MARBRURE.
N° 9. Du jaune, à froid.
On fait dissoudre du safran gàtinais dans une suffisante quantité d'esprit de vin ou de bonne eau-de-vie. On rend la couleur plus ou moins foncée par la plus ou moins grande quantité de safran qu'on emploie. On laisse macérer, et on l'emploie à froid. Cette liqueur se conserve dans des flacons bien boucbés.
Elle peut s'employer , comme la précédente , pour le papier et pour les tranches des livres, en la collant de même.
N° 10. De la couleur fauve.
On fait bouillir dans deux litres d'eau 31 grammes de lan et autant de noix de galle noire , l'un et l'autre en poulire, jusqu'à réduction de moitié. On obtient une couleur fauve, bonne pour faire un beau racinage , dont le fond doit être fauve. Mais cette couleur ne donne pasl'avantage de pouvoir conserver un fond blanc.
•N* il. De la couleur brune, ou du brou-de-noix.
On peut obtenir de très beaux bruns par le brou de non: bien préparé. Pour cela , au moment où l'on recueille les noix , on ramasse une quantité suffisante de leur enveloppe verte , qu'on nomme brou > on les pile dans un mortier pour en exprimer le suc ; on remplit du tout un grand vase capable de contenir trois ou quatre seaux d'eau , on verse dessus de Teau suffisamment salée jusqu'à ce que le vase soit plein ; on remue bien avec un bâton , et on laisse macérer après avoir très exactement bouché le vase. Après un mois de macération , on passe au travers d'un tamis , et l'on exprime bien le jus , même à la presse ; on le met en bouteilles , dans lesquelles on ajoute du sel de cuisine , et l'on bouche. Ce liquide qui, loin de corroder les peaux, les adoucit , se conserve d'un an à l'autre , et ne produit de bons effets que lorsqu'il commence à prendre la fermentation putride.
&ÀCIÎUGE ET MARBRURE. 1 15