ORNEMENTS fi APPORTÉS
mité*, qui ont toujours de la tendance à s'élever , ce qui rend le dos creux dans sa longueur , tandis qu'au contraire il doit présenter une ligne droite bien parallèle à la gouttière. Il suffit de laisser le volume une beure en presse ; on peut le sortir au bout de ce temps ; cependant si la presse est libre , il ne peut que gagner à y rester plus longtemps,
§ XXI. Des ornements rapportés sur la couverture, et des pièces de titre.
1° Des ornements rapportés sur la couverture.
Il arrive quelquefois que, pour les reliures très soignées en veau ou en maroquin, que Ton veut orner avec luxe, on désire pousser sur le plat, des fleurons sur des pièces d'une couleur différente que le restant de la couverture, ce que Ton nomme mosaïque. Il est important d'en connaître les manipulations. Pour nous faire mieux comprendre, nous allons prendre un exemple simple.
Supposons qu'on veuille faire, sur ebacun des plats, une rosace à six pointes, sur un veau fauve, dont le fond soit bleu et les feuilles rouges, supposons de plus qu'on ait un fer à dorer qui porte la rosace entière. On prend une empreinte de la rosace sur du maroquin bleu , et l'on a soin qu'elle marque bien, on coupe le rond au bord extérieur du filet, et l'on coupe, sur du maroquin rouge, les feuilles sér parées ? et le cercle du milieu ; on dispose pour cela des morceaux de maroquin parés le plus mince' possible , et amincis partout également en ne laissant presque que l'épidémie. On a souvent tenté de dépioter, c'est-à-dire de séparer l'épidémie de la ebair, par un seul coup de couteau, mais l'expérience a prouvé que cela était moins bon, en ce que le grain du maroquin s'efface tout-à-fait , et perd de son brillant. Ensuite on colle le fond avec de la colle de farine, après Savoir placé dans le sens que le goût indique; <\n laisse bien sécbèr, après cela on imprime de nouveau le fer à dorer sur ce fond , afin de bien marquer la place des autres sept pièces ; onlescolle chacune exactement à la place i qu'elles doivent occuper: il ne restera plus qu'à dorer, et t toutes les jointures sur lesquelles l'or se fixera seront couvertes par le métal, et ne seront pas aperçues si l'opération d été bien faite.
ORNEMENTS BÀPPOHTÉ5. iù$
L'on sent facilement que si Ton voulait que chaque feuille et le rond du milieu fussent chacun d'une couleur différente, il suffirait de prendre chacune de ces pièces dans une peau de maroquin de la couleur qu'on désirerait : la manipulation serait toujours la même.
On appliquerait le même procédé pour former des coins sur la couverture, d'une autre couleur que le fond ; il suffirait d'avoir des fers à dorer propices , et on en suivrait les contours.
On est bien aise aussi quelquefois que les nerfs postiches, ou faux-nerfs, ou fleurons, soient d'une couleur différente du dos; alors on prépare les bandes de maroquin de la couleur qu'on désire, on les pare, on les colle en place, comme nous allons l'indiquer pour les titres. La longueur et la largeur des petites bandes sont fixées par celles de la palette qu'on doit employer , et les fleurons dont on a pris l'empreint© avec le fer.
Il ne s'agit plus que de convrir d'or toutes ces parties ajustées, ce (}ui se fait comme nous l'indiquerons dans la section neuvième, § II.
Le relieur peut encore, sur le plat d'un volume en veau fauve, ou d'une couleur unie, faire des jaspures fines, variées et très jolies; voici comment on opère : on prend une forte carte de la grandeur du plat du volume, que l'on découpe à l'emporte-pièce ou au canif, tels qu'une rosace ou tel autre sujet régulier qu'on désire, et qu'on trace soit avec des compas, soit avec les instruments qu'on trouve dans les étuis de mathématiques dont la relieur doit être muni. La carte ainsi découpée, on l'appuie sur le plat du volume, et on l'y fixe par deux petits poids en plomb. Supposons que la rosace ait six feuilles ; on découvre les deux diamétralement opposées ; on jaspe d'une couleur ou d'un mordant. On les recouvre, et l'on en découvre deux autres sur lesquelles on fait une autre jaspure d'une couleur différente. On opère de même sur les autres.
Cela fait, on enlève la carte entière, on laisse bien sécher, et après avoir préparé la place pour la dorure, on y pousse avec beaucoup de soin un filet d'or.
Si, pour \es jaspures, on n'employait que des couleurs dans lesquelles il n'entrât pas d'acide, on pourrait, au lieu cle pousser un filet <Vor, y tracer des lignes noires, a FaicU