‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 40 sur 70 · DU CARTONNAGE ALLEMAND, DIT A LA BRADEL · texte numérisé non relu

DU CARTONNAGE ALLEMAND, DIT A LA BRADEL

L'espèce de reliure à laquelle on a donné , à Paris , le nom de cartonnage à la tiradel, fut importée d'Allemagne par un relieur qui l'a faite seul pendant quelque temps, et ce cartonnage lui a acquis une certaine réputation. Lorsqu'il est bien exécuté, Il présente quelques avantages : il ligure assez agréablement sur les rayons d'une bibliothèque ; il est propre; il peut être fait avec solidité; les feuilles n'y sont pas rognées, de sorte que les ouvrages peuvent être lus pendant longtemps , comme s'ils étaient simplement brochés, et lorsqu'on veut les faire relier, ils conservent de grandes marges. Voici de quelle manière on l'exécute.

On ploie les feuilles et on les bat à l'ordinaire; ensuite, comme il faut que la bonne marge soit conservée, c'est-àdire qu'on ne doit couper de chaque feuille, du côté de la gouttière, que ce qui excède les plis que présente de ce coté chaque feuille, et en queue ce qui excède la bonne marge, sans toucher, en aucune manière, à la tète, on se sert d'un patron, qui guide dans cette opération. Ce patron est fait d'un morceau de carton /in et laminé que l'on coupe bien carrément, à l'aide d'une équerre de la grandeur de la feuille pliée; on se sert pour cela d'un morceau <le tôle ou de fer-blanc bien d'équorre. On pose ce patron sur chaque cahier ; on les bat ensemble sur la table en dos et en tète, pour les faire bien rapporter, en commençant par la première feuille, et l'on coupe avec de grands ciseaux, ou avec des cisailles, tout ce qui excède le carton, en gouttière et en queue. On renverse la feuille coupée et on la met de côté ; on en fait autant à chacune, on les renverse l'une après l'autre sur la précédente, et, lorsqu'on a fini le volume, les cahiers se trouvent rangés sur l'ordre numérique ou alphabétique des signatures. On

CARTONNAGE A LA HRADEL. 155

pourrait , si les cahiers n'étaient pas gr$s , en mettre

plusieurs.

On emploie quelquefois un procédé plus expeditif, et quoiqu'il ne soit pas meilleur que celui que nous venons de décrire, nous allons le faire connaître. On prend le volume en entier avant de le coudre, et après lui avoir collé des gardes blanches et l'avoir gréqué , s'il doit l'être, on pose dessus le patron ou carton modèle; ou les bat sur la table en tôte et en dos afin de les bien égaliser; on met derrière un carton plus grand ou une planche en hêtre bien rabotée; on place le tout dans la presse à rogner, et Ton serre fortement. On rogne alors tout l'excédant du carton sans former la gouttière, mais on ne rogne pas en tète. Gomme les feuilles qui excédent la bonne marge n'ont pas de soutien, si Ton se servait du fer ordinaire à rogner, qui est pointu, il déchirerait ou écorcherait les feuillets de fausse marge. Pour éviter cet inconvénient, on a un couteau exprès

3 (l'on a aiguisé en rond, qui ne sert qu'à cela, et on le monte ans un talon à la lyonnaise qui, ne lui laissant que peu de lame en dehors de la monture, le tient ferme et ne lui permet pas d'écart.

Le volume amené à ce point, on le couda la gréquo avec les précautions que nous avons indiquées (§ IV et V, pages 51 et 52).

Ensuite on met le livre en presse entre deux ais, sans arrondir le dos, et l'on passe sur le dos plusieurs couches claires de colle forte assez épaisse; ou épointe les ficelles que Ton coupe à 20 ou 25 millimètres de long, et on les colle avec de la pâte sur l'onglet de la fausse garde, qui doit être plus large que dans les reliures ordinaires; cet onglet doit être fait avec du papier fort et collé.

On met le volume à la presse entre deux ais à endosser, ferrés, on l'endosse à l'anglaise (§ IX, page 69), et Ton forme le mors. On peut aussi, pour plus île solidité, et lorsqu'on est parvenu à ce point, les mettre en paquet et les frotter.

On prépare une carte, que Ton coupe de 8 centimètres plus large que la largeur du dos, et d'une longueur égale à celle des cartons qui doivent former les châsses ; ensuite on marque en haut et en bas de la carte , par deux points, à la distance exacte de la largeur du dos. en laissant à

Page 1