‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 45 sur 70 · DE LA DORURE ET DE LA GAUFRURE · texte numérisé non relu

DE LA DORURE ET DE LA GAUFRURE

Nous avons séparé la dorure et la gaufrure des autres opérations du relieur, pour les rejeter dans une section particulière ; par la même raison que nous en avons séparé

*On peut consulter avec fruit, sur l'Art du Marbreur, le Manuel du Fabricant dp papiers de fantaisie, pt:r M. Fichtenberg , manuel »jni fait partie de J 'L'/in clopédie- Roi et .

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la marbrure. Ce genre de travail, dans les villes où la librairie se fait en grand , n'est pas toujours du ressort des relieurs. Quoique nous devions dire que la plupart des relieurs fassent eux-mêmes ou fassent faire chez eux toutes leurs dorures sans exception , y compris les tranches , par un ouvrier spécialement occupé de cette partie , d'autres no font que la dorure sur peau , d'autres enfin ne font ni Tune ni l'autre : cependant comme tous ont des rapports plus ou moins fréquens avec les doreurs , nous dirons que les opérations que la dorure exige , sont exécutées par des ouvriers exclusivement adonnés à cette industrie. Ces travaux se font chez eux avec plus de promptitude et d'économie.

La dorure pour la reliure est de deux sortes , la dorure sur tranche et la dorure sur le dos et sur la couverture.

Il y a des ouvriers, à Paris , qui ne font que la première dorure , d'autres qui ne font que la seconde. Nous allons décrire ces deux genres de dorure séparément ; nous donnerons ensuite la gaufrure , et nous terminerons par la manière d'extraire l'or des chiffons.

§ I. De la dorure sur tranche.

L'on dore sur tranche sans marbrure , ou après la marbrure, ou sur peinture. Nous décrirons successivement ces trois manières de dorer sur tranche , en commençant par la première comme étant aujourd'hui la plus usitée.

Nous dirons une fois pour toutes que les opérations nécessaires tant pour les préparations que pour la dorure et le brunissage, se font à la presse, quoique nous ne le répétions pas. Cette presse est placée sur une barrique défoncée d'un côté, surtout lorsqu'il s'agit d'appliquer l'or ou de le travailler quand il est appliqué , jusqu'après le bruni , afin que les parcelles d'or qui 6c détachent tombent dans la barrique et ne se perdent pas.

Dorure sur tranche blanche.

Pour préparer la tranche à recevoir l'or et à le retenir , on l'encolle avec de la colle de parchemin bien limpide ; on laisse bien sécher, ensuite on la gratte avec un grattoir d'acier , semblable au grattoir de l'ébéniste , arrondi par un bout et plat de l'autre. Cet outil est une lame d'acier mince comme celle d'un fort ressort de pendule ; sa largeur

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est proportionnée à celle du volume qu'on doit travailler * on en a de plusieurs largeurs. Le coté rond est pour la gouttière, le côté plat pour les deux bouts. On affûte Je grattoir avec un instrument d'acier trempé et rond, de la même manière que les boucliers affûtent leurs couteaux avec l'instrument d'acier nommé fusil.

Après que la tranche est bien grattée , on la brunit avec tin brunissoir d'agate, large, bien arrondi et bien poli, que les ouvriers appellent dent, parce qu'il a à peu près la forme d'une dent de loup. On brunit en travers.

On passe ensuite , sur la tranche, de l'eau seconde préparée avec 51 grammes d'acide nitrique étendu dans un litre d'eau. Ce liquide se passe sur la tranche bien serrée * •avec un pinceau , et les ais dont on se sert sont plus épais xl'un côté que de l'autre , comme ceux que nous avons in* diqués pour la rognure de la gouttière. Avant que cette eau seconde soit totalement sèche , on frotte fortement la tranche avec de la rognure fine jusqu'à ce que le tout soit sec et clair. Ensuite on brunit de nouveau , et Ton passe au blanc d'œuf délayé dans un cinquième de litre d'eau. C'est à l'aide d'un petit pinceau qu'on passe ce blanc d'œuf t qui sert ^assiette pour l'or que l'on pose aussitôt.

On incline le volume dans la presse ; on commence par ■dorer la gouttière que l'on rend plate en appuyant sur les mors des deux côtés, et en laissant tomber les cartons par derrière. On met le volume à lu presse entre deux ais et l'on serre fortement.

Avec un couteau , et sur le coussinet, on coupe l'or de ïa largeur du volume; on enlève le morceau de feuille d'or de dessus le coussinet, avec un morceau de papier pâte^ 'c'est-à-dire du papier non lissé , ou avec une carte dédoublée. La feuille d'or s'attache au duvet de ce papier , et on Ja transporte avec facilite sur la tranche; elle s'y fixe de suite , on l'étend en soufflant dessus , et on l'assujettit avec du coton en rame.

On prend aussi quelquefois la feuille d'or avec une es* pèce de compas à longues branches coudées, avec lequel "tm la transporte sur l'endroit où Ton veut la poser. ( Voyez pi. i.fig. 48.)

On dore ensuite de la même manière la tête et la queue, après avoir fait tlescendre les cartons au niveau de la tran^-

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