‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 47 sur 70 · DORURE ET GAUFRURE · texte numérisé non relu

DORURE ET GAUFRURE

un vase plusieurs oignons blancs , et on en exprime le jus dans une grosse toile. x\lors , sur la tranche grattée et brunie è l'agate » on donne successivement trois ou quatre couches de jus d'oignons; on frotte de suite fortement, et jusqu'à siccité, avec une poignée de rognures bien douces, ne cessant que lorsque la tranche fait glace partout et présente un beau brillant. C'est alors qu'elle est prête à recevoir le blanc d'œuf appelé mixtion pour attacher V or, et obtenu en battant un blanc d'œuf dans deux fois son volume d'eau à laquelle on a ajouté huit gouttes d'alcool. Ce mélange doit être battu avec une fourchette de bois jusqu'à consistance d'œufs à la neige , puis reposé , et passé à travers un linge très fin. La liqueur qu'il a produite peut se garder quelques jours , à condition d'être passée à travers le linge chaque fois qu'on veut s'en servir.

Cette mixtion doit être posée une première fois sur la tranche avec un blaireau plat de poils de rat ou de cheveux. Cette première couche sèche, on frotte légèrement avec des rognures douces , puis on souffle afin qu'il ne reste rien de sali. On donne ensuite une seconde couche de manière à ce que la mixtion fasse glace partout , puis on pose immédiatement l'or avec la carte. On a dû éviter, en appliquant la mixtion , de passer le blaireau plusieurs fois sur la même place, car cela ferait faire des bulles, et For ne s'attacherait pas sur ces points.

Le brunissage à l'agate a lieu ensuite après siccité complète. On connaît que la tranche est assez sèche quand l'or a pris une teinte uniforme, et brille partout également. On y passe alors à nu, sur toute la surface, le gras de l'avant-bras pour amortir l'or, et faire mieux glisser le brunissoir. On passe l'agate, puis on termine comme précédemment.

Dorure sur tranche après la marbrure.

Après que le volume a été marbré, en faisant attention que la marbrure soit d'un dessin peu confus, les couleurs les plus saillantes possible , et qu'il soit bien sec, on gratte la tranche et on la brunit; on y passe ensuite du* blanc d'œuf délayé dans l'eau, et de suite on dore comme nous l'avons indiqué, puis l'on brunit en travers; lorsque le tout est sec, on aperçoit la marbrure à travers For.

DORURE ET GÀUFRURB. 1 69

La mode de ce genre se soutient, quoiqu'il soit peu recherché , car la mode agit assez sur cette espèce d'ornement. Anciennement on gaufrait souvent les tranches dorées, et les Anglais Font fait longtemps sur des reliures précieuses ou de fantaisie. En 1820, ïhouvenin a rajeuni cette méthode avec succès. Il n'en est plus maintenant question.

Dorure sur tranches antiquées.

Après que la dorure a été faite comme nous l'avons dit dans le premier procédé, et qu'elle est brunie , avant de sortir le volume de la presse, on passe promptement une couche de blanc d'œuf délayé dans l'eau, avec précaution et légèrement; en évitant de passer deux fois sur la même place pour ne pas détacher l'or. On laissa sécher, puis on y passe un linge fin légèrement imbibé d'huile d'olive; on applique dessus une feuille d'or d'une autre couleur que la première ; ensuite on pousse à chaud des fers qui représentent divers sujets. On frotte avec du coton en rame ; l'or qui n'a pas été touché par le fer chaud ne tient pas, il est enlevé, et il ne reste que les dessins que les fers ont imprimés, ce qui produit un très joli effet, mais dont la mode est passée.

Dorures sur tranches damassées.

Mêmes procédés que pour la dorure sur tranches unies, seulement on ne brunit pas, et la tranche dorée, on la marbre au baquet à deux couleurs. 1° On jette du bleu beaucoup plus ]collé au fiel que pour les tranches ordinaires. 2° On emploie le même bleu, mais encore plus collé, et dans lequel on a mis une goutte d'essence de térébenthine. Ces deux couleurs doivent être imperceptibles sur l'or. Quand les trois côtés de la tranche sont marbrés, on laisse sécher et Ton brunit avec les précautions accoutumée s. •

Dorure sur tranche à paysages transparents.

Lorsque la tranche est préparée comme pour la marbrure, et qu'elle a été bien grattée et bien polie, on y fait peindre à Yaqua-tinta un sujet quelconque, tel qu'un paysage ; ensuite on y passe une couche de blanc, d'œuf délayé dans relieur. 15

l'eau, et Ton dore de suite comme dans le premier procédé ; l'on brunit de même. Quand le volume est fermé, la dorure couvre le paysage, et on ne voit pas ; mais lorsqu'on courbe les feuilles, on l'aperçoit facilement et on ne voit pas la dorure.

Autre procédé pour cette dorure.

M. Mairet agit différemment. Il omet le safran qu'ordi? nairement il préfère , gratte bien la tranche , l'enduit plusieurs fois de jus d'oignons, laisse sécher, frotte avec des rognures douces, retire le livre de la presse, et le lie fortes ment entre deux planchettes de même grandeur que le Yolume, et de telle sorte que la tranche soit à découvert du côté de la gouttière. En cet état on y dessine à la mine de plomb un sujet quelconque, puis on le peint avec des couleurs liquides afin qu'il n'y ait pas d'épaisseur. Les eiir çres de couleur, excepté Ja gomme-gulte, conviennent pou*? Ppla.

§ II. De la dorure sur le dos et sur la couverture.

Lorsqu'on veut dorer la couverture d'un livre , on couw mence par le dos, ensuite on dore le dedans des cartons ; d# là on passe au bord sur l'épaisseur des cartons , et on termine par le plat. Nous diviserons ce paragraphe en deux articles pour nous rendre plus intelligibles. Dans le pre-? mier, sous le titre d'Atelier du coucheur d'or, nous ferons connaître les outils dont il se sert, et les manipulations qu'il emploie pour appliquer l'or sur les couvertures. Dans le second, sous le titre a Atelier du doreur, nous décrirons les procédés qu'il met en usage pour fixer l'or qui a été déjà couché, sur les places où une partie seulement de ce métal doit êtr£ fixée.

De Vatclier du coucheur d'or.

Les outils dont se sertie coucheur d'or sont •en petit nomr bre, mais ils sont tous importants.

1° Un huilier (PL I, fig. 16) ; c'est une petite boîte souvent en bois, mais beaucoup plus propre en fer-blanc. Le côté A, B, est élevé en renferme un godet G dans lequel on met de l'huile de noix bien limpide : il est recouvert par un couvercle en fer-blanc D que l'on tient constamment ferme

lorsqu'on ne travaille pas, afin de garantir l'huile de la poussière ou des ordures qui pourraient la salir. Cette boîte est étroite et longue , sa largeur intérieure est suffisante pour contenir le godet au milieu , et un espace vide de chaque côté d'environ 5 centimètres; sa longueur est assez grande pour renfermer les outils dont nous allons parler. Un tiroir est pratiqué sur toute la surface de la boîte et au-dessous du godet; c'est dans ce tiroir et dans la partie supérieure à côté du godet, que sont renfermés les divers Outils. Depuis le carré dans lequel Se trouve le godet, les

Îmrois de la partie supérieure sont en plan incliné jusqu'à a naissance du tiroir.

2° D'un côté de la partie supérieure de la boîte est placée l'éponge; c'est un morceau d'épongé fine fixé au bout d'un manche de bois , que l'on fait plus large du côté où doit être l'éponge que dans tout le reste du manche. On la voit à sa place dans la boîte en E (fig. 16), et à part en F (fig. 17); de l'autre côté sont les pinceaux et la pierre du Levant qui sert à affûter le couteau.

5° Le couteau à couper l'or : il a de 23 à 28 centimètres de long, avec un manche court; la lame doit être bien tranchante et lé tranchant doit être sur une seule et même ligne droite. On en voit la forme (fig\ 19.)

4° Le coussinet F (fig. 20) est formé d'une planche rectangulaire ou carré long, recouverte d'une peau de veau présentant en dehors le côté de la chair , bien unie , fortement tendue et matelassée avec de la laine ou du crin fin.

5° Le bilboquet G {fig. 21) : c'est une plaque de bois de 1 Centimètre; et demi de large sur 8 centimètres de long* doublée en drap collé par-dessus, H, et portant au milieu de sa longueur un manche I.

6° Le couchoir J, en buis; il a environ 16 centimètres de long sur 2 millimètres d'épaisseur* (Fig. 22).

7° La carte , qui n'est autre chose qu'un morceau de papier pâte tel que nous l'avons décrit plus haut (page 167).

8° Des pinceaux doux de poil de blaireau ; on en a de plusieurs formes , de ronds , et de plats qu'on nomme palettes. (Fig. 25.)

9° Deux billots cubiques de même hauteur et de même dimension ; on s'en sert pour étendre les deux couvertures dessus, en faisant tomber , entre les deux, les feuilles du

volume. Par ce moyen , on a la facilité de coucher l'or sur les plats sans danger d'enlever les parties déjà couchées. (Fig. 24).

10° Une petite boîte à contenir les cahiers d'or. Cette boîte» s'ouvre par-dessus et par-devant, dans le genre des cartons de bureaux. (Fig. 25.)

41° Une autre petite boite garnie en dedans de papier satiné , qui , étant poli , ne permet pas à l'or de s'attacher au papier. Cette boîte sert à contenir les morceaux d'or qui n'ont pas été employés , pour les faire servir dans les opérations subséquentes.

J2° Un petit compas (fig. 2G ). Le bilboquet , le couchoir , la carte et le compas se renferment dans le tiroir de l'huillier lorsqu'on a fini de travailler.

Il faut beaucoup de propreté dans le travail du coucheur d'or ; son atelier ne doit avoir aucun courant d'air , qui s'opposerait aux opérations, et ferait perdre beaucoup d'or.

Le coucheur d'or prend un cahier de ce métal , il l'ouvre à l'endroit où est une feuille ; il passe le couteau pardessous , la soulève, la porte sur le coussin, et l'étend en la posant. Il l'étend parfaitement en dirigeant un léger souffle sur le milieu de la feuille ; ensuite , après avoir p?is, avec un petit compas , la largeur et la longueur des places où il doit coucher l'or, il le coupe avec le couteau , en le prenant par le manche, posant le tranchant sur les points marqués, et appuyant d'un doigt de la main gauche sur la pointe du couteau; en agitant légèrement le couteau comme si l'on sciait , l'or est facilement coupé.

Avant de prendre l'or , on passe , sur l'endroit où l'on veut coucher l'or , l'éponge sur laquelle on a mis une goutte d'huile de noix qu'on a étendue en une couche extrêmement mince , ou avec un pinceau à palette , large et doux , ou un pinceau ordinaire , selon les emplacements sur lesquels on veut coucher l'or; on doit, dans bien des cas, se servir de suif que l'on étend sur un morceau de drap, et qui remplace l'huile avec d'autant plus d'avantage , qu'il tache beaucoup moins. On passe , avec le bout du doigt, ce drap, ainsi apprêté , sur toutes les places où l'on a besoin de coucher l'or. Le doreur aura soin de prendre les livres , ainsi couchés , plutôt que s'ils étaient préparés avec J'huile , puisqu'il doit comprendre que le cuir est moins

imbibé avec le suif qu'avec l'huile. Ensuite , soit avec la carte dédoublée , ou le morceau de papier pâte , soit avec le bilboquet, on prend For et on le transporte de suite sans hésitation , sans trembler , et avec assurance , sur l'endroit que Ton a préparé. Il faut poser l'or juste à la place où il doit rester, car il happe tout de suite, et si l'on voulait le tirer pour le pousser d'un côté ou de l'autre , on le déchirerait et la dorure serait mauvaise.

Avant de prendre For , soit avec la carte , soit avec tout antre instrument , il faut avoir soin de le passer légèrement sur le front à la naissance des cheveux , afin qu'il s'y charge d'une humeur onctueuse dont la peau est toujours un peu humectée dans cette partie, ce qui y fait attacher un peu la feuille d'or. Il est bon de dire ici qu'il y a des ouvriers assez adroits pour coucher l'or sur le dos des livres avec le couteau seulement. Pour y parvenir, ils soulèvent l'or avec le couteau , et l'emportent avec le plat du couteau , le posent sur le dos et le fixent avec du coton en laine.

En couchant l'or sur le dos du livre , on le laisse un peu plus long qu'il ne faut , en tête et en queue , afin de l'appliquer parfaitement sur les coiffes.

Pour le bord des cartons, on prend l'or avec le couchoir, après l'avoir passé , comme la carte , sur le front.

L'or se couche sur la bordure intérieure , soit avec le couchoir., soit encore mieux avec le bilboquet, en le passant de même sur le front.

Chaque fois qu'on a couché de l'or, on frotte l'instrument dont on s'est servi sur un linge fin et propre , qu'on a sur soi ou à côté de soi.

On couche l'or pour les filets des plats de la même manière , mais il est toujours nécessaire de tirer une ligne droite du côté du mors , car si les trois autres côtés ne présentent aucune difficulté parce qu'on se trouve fixé par le bord, il n'en est pas de même pour celui-ci. On marque un trait avec le tranchant du plioir que l'on dirige le long d'une règle. Lorsqu'on couche à la main , on tient à pleine main les feuilies du volume de la main gauche , les cartons libres; celui sur lequel on veut travailler est appuyé sur le pouce de cette main , le dos tourné vers soi. Alors on pose l'or sur le côté de têle ou de queue qui se trouve du côté

cîa aras gauche ; on fait ensuite pirouetter le volume aé manière que la gouttière soit vers le bras gauche , on couche ce côté ; ou fait tourner encore le volume pour terminer par l'autre petit côté.

On peut aussi coucher l'or pour les filets sur les plats à la carte ou au bilboquet , sans tenir le livre. Pour cela , on prend les deux billots de forme cubique, on les place sur la table l'un à côté de l'autre , à une distancé suffisante pour que toutes lés feuilles du volume puissent se loger entre les deux billots; on ouvre lés deux cartons qu'on fait reposera plat sur les deux surfaces des billots , alors toute la couverture est à plat, et le volume pend entre les billots. On & ainsi beaucoup de facilité pour coucher uniformément et symétriquement lesfilets et tout ce qui doit ornerles plats.

On ne doit pas glairer sur un volume en veau , les places u'on veut laisser sans brillant. La moire et les autres é lofes de soie ne doivent pas être glàïrées , lorsqu'on ne veut pas coucher de l'or dessus , parce qu'elles portent avec elles leur brillant naturel. Pour dorer la soie , après avoir glaire comme nous venons de le dire, on haleine dessus pour rendre l'œuf humide ; ensuite on couche l'or qui happe de suite.

De Vaiclier du doreur.

Les outils dont se sert le doreur Sont distribués sur une table solide placée au-devant d'une croisée , afin qu'il reçoive directement sur sort ouvrage toute la lumière du jour. Voici la liste et remplacement de ces outils , dont la description sera donnée clans un article suivant :

d° Au-devant de lui , un peu sur la droite -, le fourneau à Taire chauffer les fers (fig. 2/).

2° A sa droite et près de lui , un petit vase en terre vernissée ou en faïence, d'une forme oblongue, de 20 à 25 centimètres sur 5 centimètres et \ /2 de large environ, conYm fcous le nom de mangeoire ou abreuvoir pour les oiseaux -, ce vase est plein d'eau ( fig. 28).

3° Un petit billot en forme de parallélinipcde rectangle (fig. 29), dont deux des deux faces contiguës sont fortement Inclinées , afin que , dans le mouvement circulaire que la anain du doreur est obligée de décrire pour poser les fers sur Je dos du livre , elle ne soit pas gênée. Ce plan incliné 'est sur la droite de l'ouvrier , et le volume est appuyé con-

trc le plan à gauche, et repose par sa gouttière sur la table, Afin d'empêcher ce billot de remuer, devant présenter un point inébranlable à Teflort du doreur, qui appuie le livre contre, on a placé deux chevilles en bois à la surface inférieure , lesquelles entrent dans deux trous pratiqués dans le dessus de la table. Gomme ces billots doivent être moins épais que la largeur du volume, on en a plusieurs appropriés à chaque format. Les chevilles sont placées toutes à la môme distance, afin de ne pas cribler la table de trous; ce billot se place devant l'ouvrier lorsqu'il en a besoin. On doit , pour plus de sûreté , avoir un autre petit billot de 5 à 6 centimètres de hauteur, fixé sur la table à dorer, et placé derrière les autres billots mobiles. Il empêche ceuxci de pencher de côté , dans le cas où les chevilles qui les retiennent viendraient à vaciller , et concourt à maintenir le volume bien verticalement.

4° Une brosse plate , rude , comme une brosse à souliers ou à frotter lès appartements ; elle est placée près du fourneau , elle sert à passer les fcrsjdessus pour en nettoyer ta gravure ( fîg. 50).

5° Un morceau de veau pour essayer la chaleur des fers; "il est disposé à Coté du vase long à l'eau.

6° Différentes roulettes, soit que chacune soit montée à part, soit qu'elles soient isolées et prêtes à être montées sur le fût commun , selon le besoin (fîg. 51 , 52, 55).

7° Le billot à dorer les bords ; il a une face fortement inclinée : "c'est contre Cette face qu'on appuie le volume. L'ouvrier le prend pour re placer devant lui quand il a besoin [fîg. 54).

8° Les fers à âorer , placés pftr ordre sur la table, afin de les trouver au fur et à mesure qu'il veut les employer.

0" Le composteur avec sa casse , dans lequel il compose les titres , comme nous l'expliquerons , § 5, (fîg. 55 et, 56).

10° La cloche à Vor(fîg. 57), sur un coin de la table; il l approche de lui lorsqu'il veut enlever l'or superflu qui n'a -pas été fixé par les fers. Cette cloche sert à recueillir cet or au moyen des linges fins qu'on y conserve , ou qu'on y met au fur et à mesure du besoin.

1 lo Un torchon àc linge fin et propre, cf. une sorte en Saine pour enlever tout l'or qui n'est pas fixé , et que le "linge blanc n'a pas enlevé.

Tous ces divers outils sont étalés sur la table et par ordre, afin que l'ouvrier ne soit pas obligé de chercher continuellement celui dont il veut se servir. On n'atteindrait cependant pas ce but , si, après avoir fini d'un fer, on le posait au premier endroit venu : ii faut, au contraire, avoir le plus grand soin d'en former des tas , différents selon leurs usages , afin de les retrouver de suite sous la main , lorsqu'on en a besoin ; tels que les palettes, les palettes à queue, les fleurons , les petits fers qui servent à en composer de gros.

Pendant que l'ouvrier dispose sur la table tous les outils qui lui sont nécessaires , on allume un feu de charbon dans le fourneau , de sorte qu'il peut commencer à travailler de suite, aussitôt que les fers sont chauds.

Le petit billot (fig. 29) dont nous avons parlé est placé devant lui. Gomme la coiffe du volume serait dans le cas de se détériorer , si l'on ne commençait pas par elle , l'ouvrier prend le volume de la main gauche , le pose en travers , par la queue , sur le billot , la coiffe en dehors, afin qu'elle r.c touche à rien , et prenant de la main droite la palette de la coiffe, il l'applique dessus lorsqu'il a éprouvé si elle est au dngré de chaleur convenable. (La fig. 58 montre la forme de cette palette ).

Pour connaître si les fers sont suffisamment chauds , il les trempe à plat par le bout, dans le petit vase qui contient de l'eau (fig. 28 ) ; au degré de bouillonnement que fait l'eau , il juge si le fer a le degré de chaleur convenable. Quelques ouvriers font cet essai en touchant le fer avec le bout du doigt mouillé, ce qui est préférable , parce qu'ils ne mettent de l'eau que sur le côté du fer, et ne touchent pas à la gravure. Par là , ils sont assurés qu'il n'entre pas d'humidité dans le dessin , ce qui est d'une grande importance ; car, si après avoir trempé le fer dans l'eau, on n'attendait pas, pour s'en servir, assez de temps pour que cette eau se fut évaporée, l'or deviendrait gris, il perdrait son brillant , l'eau ferait tache , ou bien l'or pourrait être enlevé par le fer chaud. On fait la même opération sur tous les fers ; on peut aussi les essayer sur la peau de veau que nous avons dit qu'on plaçait sur la table. Un peu d'exercice et d'habitude rendent maître dans cette partie.

Dès que les coiffes sont dorées , cVst-a-dire que le fer a

été poussé , et qu'on est alors assuré que l'or est bien fixé , on en enlève l'excédant avec un linge propre qu'on ne fait servir qu'à cet usage, et qu'on jette ensuite, lorsqu'il est suffisamment chargé , dans la cloche à l'or, pour en tirer parti comme nous l'indiquerons plus tard.

On place ensuite le volume contre le billot , la gouttière contre la table , comme le montre la fig. 29 ; on pousse les palettes qui doivent marquer les nerfs , en commençant par celle de queue et allant et montant vers la tête. Il faut surtout avoir soin de les placer sur les marques que nous avons indiquées , en faisant bien attention de les pousser toujours bien perpendiculairement au côté du volume.

Lorsqu'on pousse les fleurons sur les entre-nerfs, on doit faire attention de les poser bien au milieu, et qu'ils ne penchent d'aucun côté.

Si le fleuron n'est pas assez grand pour remplir l'espace d'une manière bien agréable, on doit choisir dans les petits fers des sujets qui puissent , en les ajoutant au grand , présenter un ensemble qui plaise. On ne peut fixer aucune règle à ce sujet ; nous donnerons dans le § V de cette Section, quelques exemples qui aideront le relieur intelligent, et pourront faciliter son travail.

Lorsque parmi les fers du relieur, il s'en trouvera quelques-uns particuliers à la nature de tel ou tel ouvrage , il doit bien se garder de les pousser sur des traités auxquels ils ne se rapporteraient en aucune manière. Si , par exemple , il y en avait qui représentassent des animaux ou des insectes, ou des fleurs , on aurait soin de ne les pousser que sur des ouvrages qui traiteraient de l'histoire naturelle ou de celle des insectes , ou des végétaux ; et ne pas les pousser sur des livres de littérature, sur des romans , et moins encore sur des livres d'église , comme nous en avons vu. Dans ce cas , on pousse sur ces ouvrages des fers insignifians ; ce serait, autrement, de ces défauts qui annonceraient le mauvais goût ou l'insouciance de l'ouvrier.

Pour le titre , l'ouvrier le compose dans le composteur, comme on le verra dans le § III suivant. Ce titre doit avoir au plus trois lignes. Si le volume est un ouvrage de science ou de littérature, la première ligne doit être le nom de l'auteur, avec un trait au-dessous ; ensuite l'ouvrier doit avoir assez de goût pour composer le titre en deux lignes au

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plus, «aussi court qu'il lui est possible , en se faisant cependant bien entendre. Il est d'ailleurs bien ridicule de tenir à la grosseur des lettres, qu'on approprie ordinairement au format du volume, car si un volume in-8° est mince, et qu'on voulût se servir des lettres admises pour l'in-80, il serait malheureux de ne pouvoir employer que quelques lettres qui rendraient le titre inintelligible. On doit approprier le caractère non au format , mais à la longueur indispensable du titre pour se faire bien comprendre.

Ainsi, si vous avez à dorer un ouvrage qui comprend beau- Coup de volumes , comme les Œuvres de Voltaire , il s'en trouve naturellement de différentes épaisseurs, quoique, à la batture , on ait fait tout son possible pour qu'ils soient égaux ; on prend un volume d'une épaisseur moyenne, sur lequel on place le nom de l'auteur en caractères aussi gros cjue peut le comporter la largeur du dos , et au-dessous < après avoir placé un filet droite on pousse le numéro du volume. Dans l'autre pièce, on place le titre du sujet avec un plus petit caractère, auquel on ajoute par dessous, en plus J)etit caractère aussi, le nurnerb d'ordre des volumes de cette division. Ces divers caractères, une fois adoptés, ne doivent plus varier pour toute la collection»

Lorsqu'on veut pousser le titre, on prend îe Volume par la tête, h plbine main, de là main gauche, le pouce en l'air^ contre le second entre-nerf; ce pouce sert à diriger le composteur, (ju'on présente sur le volume sans l'appuyer. Alors on voit le mot. on lé place au milieu de la distance, et lorsqu'on est bien fixé sur la place qu'il doit occuper, on appuie suffisamment, et l'on décrit un arc de cercle sur Je dos, afin que toutes les lettres appuient sur toute sa ronfleur.

Lorsque le volume est épais, ou qu'il offre quelques difficultés , soit qu'il soit rempli de cartes , ou qu'il présente tiuelqu'autre inconvénient, on le met dans la presse à tranfchefiler, ou mieux dans la presse à gauffrer le dos, qui se compose de deux vis comme la presse à tranchefiler, avec la seule différence que les jumelles sont épaisses de il à 14 centimètres par le bas , et la partie supérieure est en plan incliné de chaque côté, ne réservant du côté de l'intérieur qu'une épaisseur de quelques millimètres. Cette disposition J)*ri»et à l'ouvrier de tourner le poignet en arc de cercle ,

afin de pousser la palette depuis un mors jusqu'à l'autre. On le met dans la petite presse à traucheiiler, et on l'y serr? suffisamment.

Pour pousser des roulettes ou des filets sur le plat , on place le volume entre les deux billots de forme cubique, ainsi que nous l'avons indiqué (page 174) pour coucher l'or, et l'on pousse ainsi la roulette avec facilité, en appuyant le bout du manche sur l'épaule, et tenant l'autre bout du manche à pleine main. Si l'on craint de ne pas aller droit, on peut diriger la roulette contre une règle que l'on tient fixement sur le carton de la main gauche ; on en fait de même pour les pousser dans l'intérieur, mais on appuie la couverture sur un ais qu'on pose sur la table, afin de ne pas gâter le dos. Il est bien important de faire attention, avant de se servir de la roulette, de s'assurer si elle tourne librement dans sa chappe, et si elle n'y a pas trop de jeu. Si elle était trop gênée on lui donnerait la liberté convenable en graissant le trou avec un peu de suif; si elle avait trop de jeu, on rapT procherait les deux branches de la chappe^ ou bien on chan-

gerait la goupille

Si l'on voulait pousser une roulette dans un encadrement, l'on pourrait se servir d'un passe-partout , c'est-à-dire , 4'une roulette épaisse, qui porte seulement un ou deux filets sur chacun de ses cotés 9 et dont le milieu est entièrement évidé; mais le moindre défaut devient très sensible, en ce qu'il agit sur les deux côtés à la fois : nous préférons faire cette opération en deux fois, afin d'être plus sûr du travail. Voici comment on opère :

On compassé, et l'on trace le carré de la dimension qu'on 4ésire, on le glaire et on couche l'or; ensuite on pousse les £ilets à la place qu'on a tracée, de sorte qu'à chaque angle il se forme un petit carré , dans le milieu duquel on pousse un fleuron. Aux quatre coins de ce même carré , on pousse un point qui le forme en entier. On essuie entièrement l'or de ce carré , et on le couvre d'un morceau de papier double qu'on tient appliqué par le pouce de la main gauche. Alors on peut pousser la roulette gravée à égale distance des filets, et qui va s'arrêter vers le pouce qui tient le papier, sans faire aucune marque sur la place que ce papier occupe. On conçoit que , par cette précaution , la rsulett^ va d un carré à l'autre sans l'outrepasser.

Les ouvriers qui travaillent sans attention et sans goût, poussent les filets tout au bord du livre , parce que c'est plus tôt fait , mais il vaut mieux laisser un intervalle entre le bord et le filet , intervalle que l'on remplit agréablement d'une sorte de petite dentelle dorée.

Si la roulette gravée représente une arabesque, il ne faut la pousser que des deux côtés en montant , et faisant attention que la roulette soit tournée du côté convenable pour que les figures ne soient pas renversées lorsque le volume est debout, la tête en haut. On pousse une autre roulette insignifiante dans le haut et dans le bas.

Pour les bords des cartons , on appuyé la couverture sur le plan incliné du billot à dorer les bords : comme on le voit Jig. 54, Ton appuie la roulette contre le bord supérieur du billot, qui la dirige suffisamment. Si Ton désire ne pousser de la dorure que sur la coilfe et sur les coins , on emploie la palette ordinaire pour la coiffe , et on la termine par un gros point ou une petite ligne ; pour les coins, une palette dans le même genre, mais droite, et qui est ordinairement divisée en deux parties égales par une éminence qui sert de guide, afin de ne pas avancer plus d'un côté que de l'autre, et que les huit côtés soient égaux. Chaque partie de la palette est gravée d'un dessin particulier.

L'ouvrier , après avoir doré , s'aperçoit facilement si son fer a été trop chaud , ou si le volume sur lequel il l'a poussé présentait quelque humidité. Dans ces deux cas, l'or devient gris; si le fer était trop froid , l'or ne prendrait pas. Lorsque le doreur a tout terminé , il enlève l'or superflu en frottant toutes les places avec un linge lin et piopre, comme nous l'avons dit pour la coiffe, et il conserve à part ce linge , qu'on nomme drapeau à l'or , jusqu'à ce qu'il soit suffisamment chargé de ce métal ; alors il le jette dans la cloche à l'or (fig. 57), ou bien dans un grand vase , où il le laisse en dépôt jusqu'au moment qu'il aura choisi pour en séparer le métal , comme nous l'indiquerons plus bas.

Observations générales sur la Dorure.

1°. Nous n'avons parlé, page 174, de la manière de dorer la moire que comme d'un procédé commun à toutes les autres substances , parce qu'effectivement nous savons , par

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expérience , que le procédé qu'on suit pour appliquer l'or sur les peaux peut être employé ayee succès sur, la soie ; qu'il est plus prompt et meilleur , et nous l'avons indiqué parce qu'il n'est pratiqué que par un petit nombre de relieurs , et que notre intention est d'en répandre l'usage ; voici le moyen qu'on emploie généralement :

On fait parfaitement dessécher le blanc d'œuf, afin de pouvoir le piler et le réduire en poussière impalpable qu'on

Î>asse au tamis de soie. On met cette poudre dans une petite iole qu'on coiffe d'un parchemin mouillé et bien tendu , comme une bouteille dans laquelle on renferme de la sandaraque en poudre pour l'usage des bureaux. On perce , avec une épingle , quelques trous dans ce parciiemin lorsqu'il est sec , et c'est cette poussière de blanc d'œuf dont on se sert pour Y assiette de l'or. On saupoudre ce blanc d'œuf sur toutes les places où l'on veut poser l'or; on peut même se servir de sandaraque, cela est plus usité , surtout en Angleterre : ensuite on prend une roulette d'un grand diamètre , tel que sa circonférence convexe soit d'une étendue plus grande que la longueur du filet que Font veut poser : et c'est avec cette roulette que l'on prend la feuille d'or qu'on a coupée de la largeur convenable. 11 est facile de concevoir que si la roulette ne présentait pas une circonférence assez longue pour contenir, sans la doubler, une seule épaisseur d'or , le premier bout de la bande qu'on aurait pris , et qui se serait attaché à la roulette, serait re^ couvert par la fin de la bande; il y aurait à ce point deux épaisseurs qu'on ne pourrait pas détacher : il est donc important que la roulette soit assez grande pour qu'on n'ait qu'une seule épaisseur.

Tout cela ainsi disposé, et après avoir fait chauffer la roulette plus fortement que pour le cuir et le maroquin , on enlèye avec elle l'or de dessus le coussin , en prenant un peu d'huile avec le bout du doigt qu'on passe légèrement sur la gravure de la roulette , et on le pose de suite , avec la même roulette, sur la place où l'on a mis la pou* dre. On termine la dorure comme nous l'avons dit précédemment.

2° Lorsqu'on veut coucher For sur la soie après le glairage , en suivant le procédé que nousavons indiqué ( p. 173), on doit humecter les places jl aire es en dirigeant fortement lELIBfjm. '|6

Thaleine dessus, afin de donner au blanc, d'œuf une certaine moiteur, et Ton pose de suite l'or. On pourrait|le' coucher à l'huile , en usant des précautions nécessaires pour ne pas tacher l'étoffe -, mais pour le velours , par exemple ,|ii n'en est pas d'autre que le blanc d'oeuf sec.

3° Dorer les milieux sur les plats. Soit qu'on veuille pousser, sur le plat des volumes , des armoiries , des coins, des fleurons , il faut faire attention si tous les ornements doivent conserver ou non des portions mattes. On glaire avec le blanc d'œuf et avec un pinceau, toutes les parties qui ne doivent pas être mattes ; on n'attend pas que ce glairage soit entièrement sec , il doit conserver une légère humidité. Alors on pose l'or, on ouvre la couverture du volume, on place le carton sur le billot qu'on a déjà mis sur la presse , exactement au-dessous de la vis , le restant du volume tombant en dehors -, par dessus on pose la plaque gravée , chaude au point de pouvoir à peine la tenir dans la main , lorsque la couverture est en veau. Elle doit être moins chaude pour le maroquin. Cela fait, on serre la presse fortement , comme par un coup de balancier, et l'on desserre sur-le-champ.

Pour les volumes dont on voudrait laisser les plats sans brillant , excepté l'or, au lieu de blanc d'œuf on peut employer pour mordant , de l'urine du matin alongée d'une quantité d'eau égale à la sienne. La plaque doit avoir le même degré de chaleur indiqué pour le maroquin.

° L'ouvrier ne saurait porter une trop grande attention dans la manière dont il place ses plaques sur la couverture en les mettant à la presse. Comme rien ne serait plus ridicule et plus désagréable à la vue qu'une plaque mal disposée, il doit prendre les précautions suivantes. Il doit se servir de l'équerre , d'un compas et de la règle , mesurer bien les distances , afin que les armoiries ou les fleurons soient bien au milieu du plat, que les distances aux quatre bords soient bien égales entre elles , si la plaque le permet , ou au moins que les champs du haut et du bas soient parfaitement égaux entre eux, ainsi que les champs de côté. Il faut de plus que le fleuron , quel qu'il soit , ne penche ni d'un côté ni de l'autre. Rien ne prouve plus l'ignorance ou la négligence de l'ouvrier , que l'aspect d'un ornement

mal disposé sur la couverture^d'un livre ; il vaudrait beaucoup mieux qu'il n'y en eût pas.

Du moyen de séparer Vor des chiffons qui ont servi à la

dorure.

Nous avons dit (page 1G5) que le doreur opère toujours sur une barrique défoncée , afin d'y recueillir toutes les parcelles d'or qui se détachent pendant son travail ; qu'il jette dans cette barrique tous les chiffons et le coton en rame dont il se sert pour enlever For superflu , lorsque ces chiffons en sont suffisamment chargés, jusqu'à ce qu'il en ait une assez grande quantité pour en extraire le métal précieux. Nous avons ajouté qu'il jette et qu'il conserve dans la tloche à Vor ( fig. 57) les chiffons et le coton pendantjle travail et jusqu'à ce qu'ils soient assez chargés d'or; il les jette alors dans la barrique. Voici comment on s'y prend pour en séparer l'or , et le recueillir en entier.

On met dans une terrine de grès les chiffons ; on intro~ duit le tout dans un poêle , ou bien on place cette terrine sur un feu doux pour bien dessécher les chiffons ; on y met le feu ensuite et on laisse brûler , en ajoutant de nouveaux chiffons au fur et à mesure qu'ils se brûlent. Lorsque le tout est bien réduit en cendres, on y mêle une quantité suffisante de borax en poudre , selon la quantité de cendres qu'on a ; on plie le tout dans une feuille de papier qu'on lie avec une ficelle. Pendant ce temps on prépare un bon creuset qu'on met dans un fourneau au milieu des charbons ardents ; on fait rougir le creuset ; ensuite on y jette le paquet de cendres tel qu'il est arrangé, on couvre le creuset, et on pousse le feu jusqu'à rougir le creuset à blanc. Le métal se fond et se rassemble en culot au fond du creuset. Lorsque le tout est froid on retire le métal. Voilà comment on s'y prend ordinairement.

Les laveurs de cendres agissent autrement. Dans un petit moulin en pierre dure , de la forme de ceux dans lesquels on broie l'indigo , on met les cendres avec du mercure coulant et pur, on tourne la meule supérieure, et l'on broie fortement. Le mercure s'empare de tout l'or, et laisse les cendres à nu. Alors on lave bien les cendres , l'amalgame de mercure et d'or se précipite , et lorsque les cendres ont entièrement disparu , le laveur met l'amalgame dans une

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rornue d«nt le bec recourbé plonge dans un rase plein d'eau. Après avoir ainsi préparé la cornue , et qu'elle a été posée sur un fourneau, au bain de sable, en allume le feu, qui n'a pas besoin d'être bien actif. Aux premiers degrés de chaleur le mercure se volatilise , et se dirigeant par le bec de la cornue dans l'eau r il s'y condensa et reparaît sous la forme et le brillant métallique , d'où on le retire pour servir dans une autre opération. On trouve l'or en poudre dans le fond de la cornue.

Si l'on a employé du mercure pur , comme nous l'avons prescrit , l'or se trouve aussi dans la cornue à l'état de pureté. On le fond dans un creuset avec du borax, comme dans le premier procédé ; mais l'on n'a pas besoin d'un creuset aussi grand et par conséquent d'une aussi grande quantité proportionnelle de charbon. Si l'or est allié , il faut en faire le départ. Cette opération n'est gas dans les attributions du relieur ni du doreur.

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