III. DU COMPOSTEUR
Le composteur (fig. 35) est un instrument dont on se sert pour dorer sur le dos des volumes, les lettres qui forment le titre des ouvrages. Autrefois cela se pratiquait en poussant chàaue lettre l'une après l'autre, à la main , ce qui était très long , et formait souvent des irrégularités que l'on remarque sur beaucoup de livres anciens. Ce n'est que depuis quelques années qu'on a imaginé cet instrument.
Il est formé de deux plaques de laiton a disposées parallèlement entre elles est retenues à une distance convenable pour recevoir juste les lettres m dont ou compose les mots qu'on doit pousser sur les titres. Ces petites plaques a sont solidement fixées dans une armature b, portant latéralement une vis à oreilles d, qui sert à serrer les lettres afin qu'elles ne ballottent pas. La queue de l'armature est solidement etifoncée dans un manche en bois c, cerclé d'une fretle on virole en fer g. Tout cet instrument est en laiton , ainsi que les lettres.
La casse qui accompagne le composteur et qu'on voit (fig. 56), est une boite à compartiments qui renferme dans chacun d'eux 4° toutes les lettres de l'alphabet, et dont ckacuné est en nombre suffisant pour tous les besoins; 2*
DE LA GAUFllUtlE. I8o
pareillement les caractères des chiffres arabes pour le titre du tome. Cette boîte qui se ferme par un couvercle à coulisse tf, est assez grande pour renfermer aussi feux composteurs, parce que souvent on en emploie deux à la fois.
Le doreur doit avoir toujours au moins deux assortiments semblables, afin d'avoir de gros et de petits caractères, selon que les formats sont plus ou moins grands. Il est fort agréable , dans le même titre , d'avoir deux sortes de grosseur de lettres, de manière que les riiots indispensables soient en gros caractères , et les autres en plus petits.
Le composteur a assez d'étendue pour pouvoir y placer la composition de deux ou trois lignes, car on en a rarement un plus grand nombre à pousser. Le doreur compose la première ligne qu'il place sur le composteur à gauche , puis il met une espace , ensuite iî compose la seconde ligne qu'il place à la suite; puis une espace , et enfin là troisième ligne qu'il met à la suite. SI le composteur n'est pas assez grand pour y placer le titre en. entier , il place le reste sur le second composteur; mais il doit avoir soin de ne pas couper une ligne par le milieu en en plaçant une partie sur un composteur et l'autre sur l'autre. Il faut qu'une ligne entière soit sur le même composteur, sans cela il s'exposerait à pousser la ligne d'une manière désagréable ou incorrecte.
Quanta la manière de composer le titre et de le pousser, nous l'avons suffisamment expliqué (pages 177 et 1Î8).
§ IV. DE LA GAUl-ItfcRE.
La gaitfrurc est une sorte d'ornement qu'on emploie beaucoup aujourd'hui sur les plats et sur le dos des volumes; il y a environ quarante ans qu'elle fut inventée par Courteval; elle se fait a\ec des fers et des plaques comme la dorure , mais sans y appliquer de l'or. On peut aussi gaufrer avec des roulettes représentant divers dessins en quadrilles ou mosaïque, mais cela ne se pratique guère à raison de la lenteur et des difficultés. On I entremêle assez souvent avec de For , cela fait un très joli effet, lorsque le goût a présidé à ces opérations. Dans tous les cas, la ganfrure fait partie de la dorure , et entre dans les attributions /lu doreur sur cuir.