DE LA GAUFRURE
Cet ornement consiste à graver profondément en relief des dessins plus ou moins compliqués. Lorsque ces derniers sont petits , ils sont poussés h la main avec des fers et des roulettes semblables à ceux du doreur. Lorsqu'ils sont grands, ils sont gravés sur des plaques de cuivre doublées en plusieurs cartons laminés, durs , collés ensemble , et ne formant qu'une égale épaisseur , comme pour la dorure , et alors ces grandes gaufrures se poussent à la presse, comme nous l'avons dit dans l'article précédent (page 178); une petite presse anglaise dans le genre de celle que représente la figure 95, pi. 4, est très bonne pour cela. On peut faire mouvoir lentement la vis sans fin borizontale avec une manivelle , qui est plus commode que des leviers pour ce genre de travail. Les observations que nous avons indiquées sont les mêmes; nous allons faire connaître seulement ce qu'il peut y avoir d'important à considérer.
Si la gaufrure doit rester matte , et que le glairage se soit extravasé sur des places qui ne doivent pas avoir d'or , et qui ne doivent pas rester brillantes , il faut les laver proprement avec le bout du doigt enveloppé d'un linge fin et mouillé, afin d'enlever le blanc d'œuf.
Les fers à gaufrer doivent être seulement tièdes, surtout pour le maroquin. Sans cela le trop de chaleur ferait brunir et même noircir le maroquin dans les endroits de la pression.
Les coins , les milieux des plats , et surtout les plaques doivent être poussés à la presse , comme nous l'avons indiqué pour la dorure; mais les petits fers se poussent à la main, ainsi que nous l'avons dit plus haut.
Lorsqu'on veut , sur les plats, pousser des raies noires, droites , plus ou moins larges, ce qui fait très bien, on se sert de plumes en fer ou mieux de grosses plumes de cigne, dont le bec est de la largeur nécessaire ; on les trace à l'aide d'une règle , et en employant la composition dont voici la recette.
On met tremper dans l'acide pyroligneux très fort , et pendant un temps suffisant , une certaine quantité de clous neufs , jusqu'à ce que le liquide soit chargé d'une bonne quantité de rouille (oxide de /er), et que l'acide soit d'un jaune foncé. On y mêle une quantité de gomme arabique en poudre , pour neutraliser une partie de l'action de l'acide ,