‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 51 sur 70 · V. DE LA COMBINAISON DES FERS · texte numérisé non relu

V. DE LA COMBINAISON DES FERS

Savoir combiner entre eux les fers employés dans la dorure sur cuir est un des points les plus importants de l'art du doreur. Il est facile à l'ouvrier intelligent et que le goûi dirige, de produire, avec un petit nombre de jolis fers, une série très nombreuse de fleurons extrêmementagréables et continuellement variés. Quelques exemples que nous

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allons prendre au hasard suffiront pour donner l'intelligence? de ces procédés.

Le grand fleuron , fig. 53, est formé seulement des dsur. fers fig. 54 et 55. Comme il s'agit non seulement de faire* sur le plat de la couverture un joli fleuron dont on a conçu la composition , mais encore de le placer d'une manière agréable et de façon qu'il ne penche ni d'un côté ni de l'autre , pour cela l'ouvrier trace sur le plat, avec le tranchant d'un plioir, deux traits A, A, B, É, à angles droits , qui partagent la hauteur et la largeur du volume en deux parties égales, et se croisent dans le milieu du plat.

11 pose ensuite son fer , fig. 54, de manière à ce qu'il remplisse un des angles droits que les deux lignes présentent au milieu ; i! pousse une fois ce fleuron. Il en fait autant pour les trois autres angles droits. Cela fait , il a obtenu un grand fleuron désigné par les lettres a, cr,a, a. Il ajoute ensuite sur chacune des lignes tracées le fleuron fig. 55, aux places marquées 6,6, 6, 6, et il a obtenu un grand fleuron qu'il avait déjà conçu dans son imagination.

Si l'emplacement ne lui avait pas permis de placer sur ics deux côtés en m,7?i, le fleuron fig. 55, il aurait pu le supprimer , n'y rien mettre, ou bien y pousser un gros point, ou bien le fer , fig. 51 ; le fleuron n'en aurait pas été moins agréable; il aurait pu également pousser aux points e,c,c,c,c,c,CyCy le fer fig. 51 : le grand fleuron aurait été encore plus orné.

Le fleuron fig. 46, est formé par la réunion des six fers 47, 48, 49, 50, 51 et 52. Voici comment on s'y prend. Après avoir marqué , avec l'angle du plioir , les deux lignes A, A, B,B, perpendiculaires l'une à l'autre, comme nous l'avons indiqué dans l'exemple précédent , on pose le fer , fig. 47, de manière que les deux* lignes se coupent dans le milieu du petit carré que la figure présente a sou centre. On pousse ensuite dans là ligne verticale au-dessus et audessous de ce premier fleuron , le fer , fig. 48; on pousse ensuite le fer, fig. 52, qui ne porté qu'une ligne droite , en a et en 6, de manière que la ligne horizontale partage la ligne du fer en deux parties égales , en ayant l'attention que cette ligne que porte le fer soit bien parallèle à la ligne verticale, et en soit à une distance suffisante, mais pas trop

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grande, de l'ornement du premier fleuron. On en faitautant de l'autre côté.

On pousse ensuite en c le fer fig. 49, qui représenta une espèce de corne d'abondance, de manière que le bout dejjjla feuille qu'il porte arrive presque au bout de la ligne droite, tandis que le bout de la corne tombe presque à l'extrémité de la volute du fleuron fig. 48. On pousse avec le même fer , fig. 49, le même ornement en d, et le fer , fig. 50, en e et en f, avec les mêmes précautions.

Enfin,, pour garnir les vides , on pousse en n,nf n, n, le fer , fig. 51.

On voit que dans tautes ces combinaisons on doit observa rigoureusement la symétrie , afin que la réunion de tous ces dessins présente une forme agréable.

Le fleuron , fig. 56, est gravé d'une seule pièce , rpais û est facile de concevoir qu'il aurait pu être formé de plusieurs fers détacbés , 4° le carré du milieu; 2° les quatre bouts d'ornements a, a, 6, 5, qui l'environnent, auraient

Pu être gravés sur deux fers comme les fig. 49 et 50 ; 5» espèce de coquille e, c, et40 enfin un seul fer pour former les deux ornements d, d, de sorte que cinq fers suffiraient pour produire ce grand fleuron , et avec ces cinq fers on pourrait varier beaucoup ces fleurons , surtout si l'on y entremêlait les Fers , fig. 48, 49, 50, 51, 52 et 55.

Le fleuron , flg. 57, est excellent , tel qu'il est, pour des coins; mais en le doublant, c'est-à-dire en le poussant de manière que l'angle a fût porté dans la même ligne , mais au-dessous , on aurait un fleuron aussi- grand que celui que représente la fig. 46, et l'on remplirait les vides des deux côtés , soit avec la fig. 48, ou la /?#.|55, ou la fig. 51, ou même les cornes d'abondance fig. 49 et 50.

On voit encore, dans la fig. 45 , un exemple de la combinaison des fers sur le dos. Le fleuron h est formé par un seul fer ; on a poussé au-dessus et au-dessous le même fleuron g g , ils sont seulement tournés en sens inverse l'un de l'autre.

Pour compléter les notions sur ce poiat essentiel , nous devons donner une série de fers anglais. Ils sont représentés pi. 5 de In fig. 63 à la fig, 87.

Avec cet assortiment et quelques fers peu nombreux, en

droite ligne , demi-ronds et quarts de rond , on peut former une prodigieuse variété de dessins.

Par exemple, le dos de livre, fig. 88, est formé tout entier, malgré sa richesse apparente, avec le fer, fig. 72, auquel on a joint seulement deux quarts de rond, l'un à droite , l'autre à gauche du titre.

Un autre dos de livre fort élégant , fig. 89, est formé avec une ligne droite et les trois fers, fig. 75, 79, 83.

Nous donnons enfin, fig. 91 et 92, deux dessins de couverture d'une apparence très, variée , de goûts tout-à-fait différents et néanmoins exécutés avec les mêmes fers, qui sont l'ouvrage de M. Morris , qui était le plus habile graveur d'Angleterre en ce genre.

La nécessité d'indiquer en détail les fers dont la combinaison produit différents dessins variés , nous a engagé à numéroter les fleurons grands ou petits de la fig. 65 à la fig. 87; mais comme nous jugeons inutile désormais de donner ces combinaisons que tout doreur ou gaufreur pourra faire , nous réunissons en deux cases, sous les numéros 95 et 9-4, une suite de charmans fleurons , pleins de goût, de variété, d'élégance, que nous empruntons aux ouvriers français.

Il seroit superflu de multiplier davantage les exemples; ceux que nous venons de donner sufiiront aux lecteurs intelligents pour concevoir toutes les ressources que le goût peut leur donner, afin de former, avec un petit nombre de fers bien choisis, une infinité d'ornements plus agréables les uns que les autres.

Ce que nous venons de dire pour la dorure , s'applique exactement à la gaulrure ; la seule différence consiste en ce que , pour ce dernier genre d'ornement, l'ouvrier pousse ses fers sur la peau qui n'a pas été auparavant recouverte de feuilles d'or. Du reste, il opère de môme. (Voy. p. 185.)

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