‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 53 sur 70 · ONZIÈME SECTION · texte numérisé non relu

ONZIÈME SECTION

Description de nouvelles inventions se rattachant a l'industrie DU RELIEUR. NOUVEAUX SYSTÈMES DE RELiURJS.

L'art de la reliure a fait de sensibles progrès depuis le commencement de ce siècle , et chaque jour on peut constater de nouveaux succès. Autrefois on ne comptait qu'un petit nombre d'artistes qui fussent en mesure de faire une bonne et élégante reliure : aujourd'hui Paris et la province comptent par centaines des chefs d'ateliers très habiles dans leur art et capables de satisfaire au goût du bibliophile et de l'amateur le plus minutieux et le plus difficile. Ce n'est pas qu'il n'y ait aussi des artistes hors ligne auxquels on peut en toute sûreté confier les curiosités les plus

rares de la bibliographie ou les ouvrages les plus précictix qu'on se propose d'habiller d'une riche enveloppe , au contraire on en compte un si grand nombre aujourd'hui, que nous serions embarrassés de citer des noms et de décerner des palmes. Cependant, malgré ces progrès, malgré le nombre d'hommes habiles qui concourent au développement de cet art nous avons fort peu de chose à présenter comme inventions nouvelles , soit que ces progrès aient plutôt consisté dans le goût , l'élégance et la partie artistique du métier que dans les opérations mécaniques , soit que les pratiques nouvelles ne soient pas encore sorties des ateliers qui les ont vu naître , et n'aient pas encore reçu de publicité. Quoi qu'il en soit , nous avons cherché à réunir dans cette section tout ce qui est parvenu à notre connaissance , soit par voie d'expérience ou d'examen , soit par celle de la presse.

Gaufrage des cuirs de grande longueur, par Crémier, graveur à Paris.

Les avantages résultant de ces procédés sont :

1° D'obtenir sur toute la longueur d'une bande de cuir un dessin continu d'un gaufrage uniforme;

2° De pouvoir se conformer à la variation des épaisseurs du cuir ;

5° De ne point altérer la force ni la qualité de cette substance.

Description des procédés.

Jusqu'à présent on a bien gaufré le cuir; mais, comme le gaufrage ne s'obtient qu'à l'aide de la presse et des appareils de peu d'étendue , on n'a pu encore s'en servir pour de longues bandes , à cause de la difficulté d'obtenir un dessin continu et uniforme.

La nouvelle invention consiste à appliquer l'opération da gaufrage à de longues bandes de cuir de différentes largeurs, de manière que le dessin s'y montre continu, sans interruption visible et sans inégalité, quoique les longues bandes de cuir présentent l'inconvénient d'être beaucoup plus faibles dans certains endroits que dans d'autres. Je suis parvenu à ce résultat s^ans altérer la qualité du cuir, à l'aide d'une ma* chine dont je vais donner la description.

Description de la machine à gaufrer.

Les fîg. 99 et 1 00 , pï. 4, représentent cette machine de face et de côté.

a, o, deux cylindres formant laminoir, montés dans leur cage c; le supérieur opère le gaufrage, et l'inférieur est uni.

dt traverse en fer supportant les coussinets inférieurs, elle est portée en équilibre sur la pointe de la pièce e, pour se prêter aux inégalités latérales des bandes de cuir.

La pièce mobile e est en fer; elle communique à la traverse d la pression qu'elle reçoit de la vis /", qui a son écrou dans les arcs en fer g.

Ar, pivot auquel est suspendue la pièce l, qui communique à la bascule m les mouvements causés par las différentes épaisseurs dans la longueur du cuir.

n, pièce qui rapporte, dans la main qui tient la pomme o, les mouvements qu'éprouvent les pièces ?, m; ce qui indique le moment de donner ou de retirer la pression selon les. inégalités du cuir, par le moyen de la roue h.

p, bâtis en bois sur lequel la machine est montée.

<7, conducteur des bandes de cuir.

r, rouleau en bois, servant à enrouler les cuirs; il est mis en mouvement à l'aide d'une corde et d'un contrepoids.

*> manivelle.

f, vis servant à maintenir l'aplomb' dans les extrêmes différences d'épaisseur latérale du cuir.

Manière de cylindrer et de gaufrer sur des peaux et cuirs d'un pied de largeur et d'une longueur indéfinie, dez bordures et dessins variés, par Jfme Susse , graveur à Paris.

Ce travail se fait au moyen d'une presse en bois, que l'on voit en perspective, fig. 101* pi. 4, dans laquelle sont deux coulisses a. D'autres coulisses se placent entre deux collets. h, garnis en fer, surmontés de deux contre-plaques c , sur lesquelles reposent deux vis d , qui servent à les monter <4 descçnuVe.

On enchâsse le cylindre e, sur lequel sont gravés W dessins ou bordures , dans les deux collets b ; on met une

étoffe de laine ou une peau de buffle entre le cylindre e et le rouleau en fer f, qui se trouve en dessous et qui , par le levage des deux vis d, se trouve passé, et forme la contre -partie du rouleau e. Au bout du rouleau f, est montée une grande roue en fer dentée g, dont le sommet engrène avec un pignon qui est retenu sur la presse dans une cage en fer ; au bout de Taxe de ce pignon est la manivelle , à Faide de laquelle on fait mouvoir toute la machine.

Les peaux obtenues par ce moyen peuvent être employées par les gaîniers, tabletiers, fabricants de porte-feuilles, selliers , ébénistes , tapissiers , cordonniers , chapeliers , et en général par tous les fabricants d'objets de goût; ces peaux peuvent remplacer, par leurs dessins, les soieries et autres étoffes de fantaisie ; elles offrent aussi l'avantage de remplacer les maroquins et les peaux qua Ton tire de l'étranger, et dont on fait en France une si grande consommation.

Manière de timbrer et gaufrer des vignettes, dessins, portraits et tous objets susceptibles de relief, sur peaux et cuirs de toute espèce, d\in seul coup, par la pression des balanciers.

Cette opération s'exécute avec le concours de deux machines représentées par les fig. 402 et 103, au moyen d'un bloc en fonte h, vissé dans le porte-gravure i, sur lequel on visse la gravure. Au-dessous , et sur la plate-forme k du balancier, est une contre-partie en cuir qui, dans la machine fig. 102, est maintenue dans cette plate-forme par des vis ou goujons, et dans la machine, lig. 103, elle s'enchâsse dans une plaque en fer fixée dans la plate-forme du balancier par des vis. Sur cette contre-partie s'ajustent des règles qui retiennent la peau quand on la pose dessus pour recevoir la pression du balancier.

La machine, fig. 102, ne diffère de celle, fig. 103, qu'en ce que celle-ci exécute les grosses pièces et que l'autre fait les petites.

Les peaux obtenues par ces moyens sont si bien timbrées, qu'on peut les fixer sur bois , carton et même sur les métaux, sans que rien n'altère les dessins.

Un troisième procédé qui, peut-être au premier coup-

cTœil, n'offre pas le même avantage que le premier, mais qui cependant obvie aux inconvénients que pourraient par hasard causer les autres , c'est de gaufrer les peaux sur une presse, au moyen d'une planche en bois conique, qu'on met entre deux rouleaux dont le supérieur est revêtu de laine. On place sur cette planche une gravure ; on met la peau sur cette gravure, et l'on presse ensuite le tout, au moyen de la manivelle, entre deux rouleaux. Cette disposition est représentée par la fig. 104.

Ce moyen présente un degré d'utilité très grand , en ce qu'il peut servir à gaufrer sur la peau des dessins qui, par le coup fort du balancier, risqueraient de déchirer ou altérer la peau, qui, par la pression douce de la presse, se gaufre sans accident.

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