ODEUR DU CUIR BE RUSSIE. 25I
vait extraire complètement toute la bétuline contenue dans Fécorce du bouleau.
On emploie , pour préparer les 550 grammes de bétuline, 10 litres d'alcool ; et on retire 7 litres et demi, ce qui fait un quart de perte.
On a dépense, pour combustible, 1 fr., ce qui fait revenir les 350 grammes de bétuline à 6 fr. 65 c. *
On a pris 15 grammes de bétuline, qu'on a introduit dans une cornue à laquelle on avait adapté un récipient ; ceci fait, on a porté la cornue à une cbaleur modérée qu'on a augmentée successivement ; la bétuline a commencé par se liquéfier , puis la chaleur augmentant , elle s'est décomposée. Il a passé àla distillation, sous forme de vapeurs d'un jaune clair, une huile d'abord fluide qui est devenue plus épaisse à la fin de l'opération , les vapeurs étaient plus jaunes et plus abondantes.
Il resta dans la cornue un produit charbonneux.
Le produit obtenu de cette distillation pesait 10 grammes; il avait une consistance oléagineuse, il était d'un brun foncé, d'une odeur forte et insupportable , insoluble dans l'eau , dans l'alcool , mais soluble en très grande quantité dans l'éther sulfurique.
Le prix de ces 10 grammes obtenus se composait ainsi qu'il suit :
15 grammes de bétuline, à 10 c. le gramme, 1 fr. 50
Cornue et récipient ...... 80
Combustible 10
Total. . . 2 fr. 40
Nous avons fait dissoudre 2 grammes de cette huile de bétuline dans 20 grammes d'éther sulfurique , puis, avec cette liqueur, nous avons opéré de la manière suivante pour enduire la reliure de cette substance. Lorsque le livre est relié et qu'on va appliquer sur le carton la peau qui doit le couvrir, on enduit ce carton des deux côtés au moven d'un pinceau avec l'huile de bétuline dissoute dans l'éther ; on îaisscévaporerl'élher , puis on recouvre avec la peau comme dans la reliure ordinaire , on colle les gardes. Plusieurs
* rSous devons faire oLterver que si Von opérait eu grand, le prix Je 1* fccfûliné serait moindre.
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livres ainsi reliés ont une odeur agréable de cuir de Russie, 2 grammes ont suffi pour un volume in-8°.
Voulant nous assurer si nous pouvions employer l'huile t : mpyreumatique d'écorce de bouleau , nous avons agi de la manière suivante :
Nous avons pris 100 grammes d'écorce externe du bouleau, divisée convenablement; nous les avons introduit dans une cornue à laquelle nous avons adapté un récipient pour recueillir les produits volatils; nous avons placé cette cornue ainsi disposée dans un fourneau à réverbère, puis nous avons chauffé ; l'éeorce se gonfla d'abord ; elle se décomposa et fournit des vapeurs blanches, épaisses, qui vinrent se condenser dans le récipient que Ton avait fait plonger dans un vase contenant de l'eau froide.
Peu à peu ces vapeurs devinrent plus épaisses , plus colorées ; la liqueur qui s'écoulait dans le récipient était plus dense. Au bout de deux heures , la décomposition était complète ; il restait dans la cornue un charbon volumineux. Le produit de la distillation pesait 64 grammes; mais il était formé de deux couches , une supérieure, épaisse, ayant l'odeur d'huile de bétuline , odeur altérée par l'acide pyroligneux provenant de la décomposition du bois qui sert de support à la bétuline : la couche inférieure était colorée en jaune foncé , pesant 4 grammes ; elle était formée par de l'eau contenant une petite quantité d'acide pyroligneux en dissolution.
Cette seconde couche fut séparée de la première qui fut conservée pour nous servir dans les opérations suivantes. Une certaine quantité de cette huile empyreumatique futsaturée par de la craie (carbonate de chaux) délayée dans une petite quantité d'eau , puis laissée en contact pendant un jour, en ayant soin d'agiter de temps en temps. Au bout de ce laps de temps , on laissa déposer et on décanta de manière à séparer les deux couches. La couche supérieure fut conservée. Nous avons pris 2 grammes de cette huile saturée et 2 grammes d'huile non saturée ; nous avons fait dissoudre chacune de ces huiles dans 20 grammes d'éther, comme nous l'avions fait pour l'huile de bétuline pure. Nous avons fait relier des livres avec chaque liqueur , nous vîmes qu'avec l'huile empyreumatique saturée par le carbonate de chaux , on obtenait une reliure dont l'odeur se rapprochait de celle
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de l'odeur fournie par l'huile de bétuline pure. Quant à la reliure faite avec l'huile empyreumatique , elle avait une odeur désagréable d'acide pyroligneux. Comme on le voit, on pourra se procurer des reliures qui auront l'odeur de cuir de Russie , à un prix peu élevé , avec l'huile empyreumatique de l'écorce de bouleau saturée par la craie.
On pourra , si l'on veut , se servir de l'huile pure de bétuline pour obtenir une reliure qui aura une odeur plus agréable de cuir de Russie. On pouria aussi, de cette manière , conserver les livres sans altération.
Cette huile peut non seulement s'appliquer sur les livres reliés en peau, mais encore en papier; elle ne tache pas la reliure et n'empêche en aucune façon le travail du relieur.
Tels sorties changements, corrections et additions nomh reuses que nous avons faits à cette nouvelle édition du relieur. Nous les avons médités dans les meilleurs ateliers de reliure , puis nous les avons écrits dans notre propre atelier. Et nous osons espérer que cette double circonstance , hors de laquelle il est bien difficile de décrire avec succès un art quelconque , sera facilement reconnue des lecteurs.