TROISIÈME SECTION
Le travail de la plieuse n'est pas moins important que celui de l'assembleur. En effet, si cette ouvrière ne porte pas la plus grande attention à son ouvrage, il en résulte ces
* La brocheuse est ordinairement chargée de plier les feuilles , cependant il n'est pas rare, dan» les grandes villes de fabrique, de voir des brocheuses qui font plier les feuilles par des ouvrières particulières. Ce travail se fait plus régulièrement et plus proinptement par des plieuses qui ne sont occupées que de ce genre d'opéi atiea. Il est reconnu que dans l«s arts mécaniques,
transpositions que l'on rencontre souvent , dans les brochures surtout, et qui arrêtent tout court le lecteur; ce qui présente un grand inconvénient à la lecture.
Au fur et à mesure que la plieuse travaille , elle doit examiner avec le plus grand soin s'il n'est pas échappé à l'assembleur quelques-unes des erreurs que nous avons signalées dans la première section. Pour cela , en pliant chaque feuille elle doit 1° lire avec attention la signature, pour s'assurer que les feuilles se suivent dans l'ordre numérique ou dans l'ordre alphabétique. 2° Si c'est un ouvrage qui n'a qu'un seul volume , elle doit jeter un coup-d'œil sur le titre courant , pour voir si les feuilles appartiennent toutes au même ouvrage. 5° Si c'est un ouvrage qui a plusieurs volumes , elle doit aussi examiner la réclame qui est sur la gauche de la signature , sur la ligne de pied , et qui indique le volume , afin d'être assurée que toutes les feuilles appartiennent au volume dont elle s^occupe. Nous ne répéterons plus ces observations , qui sont communes à tous les ouvrages , et que nous supposons bien entendues.
Chaque format présente sur la même feuille un certain nombre de pages qui lui sont relatives , mais qui sont placées de manière que lorsque la feuille est bien pliée , les pages se suivent dans l'ordre numérique. Chaque format doit donc exiger un pliage particulier : nous allons entrer dans tous les détails nécessaires pour décrire ces manipulations , en commençant par Fin-folio et descendant successivement à tous les formats les plus usités.
De Vin-folio. Ce format s'imprime de deux manières , ou en une seule feuille, comme le Moniteur, par exemple; ou en deux feuilles. Les journaux sont les seuls qu'on imprime à une feuille; les autres ouvrages s'impriment à deux feuilles, c'est-à-dire que ces deux feuilles sont placées l'une dans l'autre , et forment un petit cahier de 8 pages. La première feuille porte pour signature A ou 1, sur le recto , et les chiffres de la pagination 1, 2, 7 et 8. La seconde feuille , qui s'intercale dans la première , porte
diviser le travail c'est Vnbre'ger; multiplier les ope'rations , c'est le simplifier; attacher exclusivement un ouvrier particulier à chacune d^ellrs^ c'est obtenir à la fois vitesse et économie.
C'est par ces raisons que nous traitons ici ces deux opérations séparément : aous en userons de miîme clans plusieurs antres circonstances.
pour signature A 2, ou 1 : ou -1.., et pour chiffres de la pagination 5, 4, 5 et 6.
La plieuse ouvre le cahier qu'elle a placé devant elle , de manière que les lettres soient à rebours, et les signatures du côté de la table à la droite en haut ; avec son plioir elle étend bien la feuille , et la prenant de la main gauche, par l'angle qui est à sa droite , elle plie la feuille selon les pointures, en ayant bien soin de placer les deux chiffres de la pagination l'un sur l'autre, et en passant rapidement le plioir sur le feuillet ainsi appliqué sur le premier, elle détermine le pli que doit conserver cette feuille , et la place à côté d'elle. Elle prend ensuite la seconde feuille , elle la plie avec le même soin , et l'intercale dans la première, en observant que les signatures soient toujours l'une sur l'autre. Cette opération se nomme encartât ion, la feuille intercalaire s'appelle encart, et l'action se désigne par le mot encarter.
La plieuse forme donc ainsi des petits cahiers de deux feuilles, qu'elle place l'une sur l'autre au-devant d'elle, et au-dchors du cahier sur lequel elle travaille , en ayant soin de renverser le petit cahier de manière que la première page touche la table.
Lorsqu'on plie un in-folio imprimé à une seule feuille, tel qu'un journal quotidien , on suit la même marche , et la seule différence consiste en ce que l'on n'encarte aucune feuille, et que les feuilles sont toutes séparées.
De Vin-quarto. La plieuse, après avoir ouvert devant elle le paquet qu'elle a reçu de l'assembleur, de manière que les trous des pointures se trouvent dans une direction perpendiculaire au bord delà table devant laquelle elle est placée, passe dessus deux ou trois coups de plioir pour bien étendre les feuilles *.
Non seulement l'opération que nous venons de décrire est nécessaire pour bien étendre les feuilles, mais elle est indispensable pour les faire glisser l'une sur l'autre, afin que l'ouvrière puisse les prendre une à une avec plus de facilité, ce qui a lieu en appuyant légèrement le plioir sur la surface du tas; alors la première feuille se détache et se porte un peu sur la droite.
* Cette opération étant commnric à tous les formats, nous ne la reproduirons plu».
Voici la manière dont elle opère : elle prend le plioir de la main droite vers le milieu de sa longueur : avec la gauche elle saisit la feuille par l'angle supérieur, et le porte sur l'angle inférieur qui se trouve vers^elle à sa droite, et fait concorder les deux chiffres du haut des deux pages. Alors appuyant l'index sur le dos du plioir, elle s'en sert d'ahord pour étendre la feuille, et forme en même temps le pli de la feuille, en montant diagonalement du bas jusqu'en haut: quand elle y est arrivée, elle fait pirouetter le plioir d'un demi-tour, ce qui fait changer la direction de la diagonale du haut en bas, et achève de marquer le pli dans ce sens. Si elle revenait sur elle-même, dans le même sens où le plioir était tourné en commençant , elle ferait des plis, ou déchirerait la feuille, et changerait le pli qu'elle doit avoir, ce qui occasionnerait une grande imperfection. C'est en agissant comme nous venons|de l'indiquer, qu'elle évite toutes ces fautes et qu'elle remédie à tous ces inconvénients.
La plieuse tourne le cahier de telle sorte que la bonne lettre, ou, ce qui est la même]chose, la signature, soit à sa gauche, en haut, la face contre la table, de sorte qu'elle voit devant elle et en travers les chiffres de pagination 2, 5, 7, 6. Elle plie d'abord, comme nous l'avons dit pour l'in-folio, la feuille selon la ligne des pointures, en ayant soin de placer la première lettre de la dernière ligne de la page 6, sur la dernière lettre de la dernière ligne de la page 7, si ces deux lignes sont pleines.
Il faut bien] observer cependant qu'il peut arriver plusieurs cas : 4° que la dernière ligne de la page 6 soit un commencement d'alinéa, alors comme le premier mot rentre dans la ligne, si elle se fixait sur cette première lettre, elle plierait mal, et la page irait de travers. 2° Cette page 6 peut finir un chapitre, et alors il y aurait un blanc qui ne pourrait pas la diriger. 5" Que la dernière ligne de la page 7 ne soit pas pleine, ou qu'elle présente une lacune, parce qu'un Chapitre se serait terminé avant la dernière ligne. Dans tous ces cas, la plieuse ne pouvant pas avoir recours aux chiffres de la pagination, parce qu'ils sont cachés, se (raide, ou par deslignes supérieures, pourvu qu'elles ne soient pas trop rapprochées de la tête, ou bien par la justification, ou enfin par la vue, qui lui indique si la page est droite ou RELIEUR. ">
ne Test pas. L'habitude la dirige mieux que toutes les règles que l'on pourrait prescrire. Nous ne répéterons plus cette observation, qui se renouvelle dans toutes les opérations du pliage.
Après avoir fixé le premier pli selon la ligne des pointures et sans déranger la feuille, elle la plie une seconde fois, en faisant tomber le chiffre 4 sur le chiffre 5, et elle le place au-devant d'elle, comme nous T'avons dit pour Tinfolio, le chiffre 1 sur la table. Elle forme ainsi autant de cahiers qu'il y a de feuilles -, mais elle n'en encarte aucun.
Les journaux quotidiens in-quarto s'impriment par demifeuille, alors on les plie comme nous l'avons indiqué pour Tin-folio. L'in-quarto s'imprime quelquefois oblong-, dans ce cas, il se plie différemment. Le premier pli se fait sur la longueur du papier, entre les têtes des pages, dans une ligne perpendiculaire à celle des pointures, et le second pli dans la ligne des pointures.
De V in-octavo. La plieuse dispose sa feuille de manière que la signature se trouve à sa gauche en bas, la face contre la table. Alors elle voit devant elle, dans une ligne horizontale, dans le sens naturel, les chiffres % 15, 14, 3, et au-dessus, à rebours et dans le même ordre, c'est-à-dire en lisant de gauche à droite, les pages 7, 10, 11, 6. Elle plie suivant la ligne des pointures, en faisant tomber 5 sur 2, et 6 sur 7. Elle voit alors dans le sens naturel les chiffres 4 et 15, et à rebours 5 et 12 : sans déranger la feuille, elle rabat de la main gauche le haut de la feuille sur la partie inférieure, en faisant bien tomber le chiffre 5 sur le 4 ; par ce moyen, 12 doit tomber sur 13 : elle s'aide de son plioir afin de ne pas faire de faux plis, en dirigeant le pli à l'endroit où il doit se trouver. La plieuse en use ainsi dans toutes ses opérations. La feuille pliée de cette manière, Touvrière voit les pages 8 et 9 ; alors elle prend avec la main gauche la feuille au chiffre 9, elle le place sur le chiffre 8 et forme le troisième pli, en Tassujétissant avec le plioir.
On imprime quelquefois l'in-octavo par demi-feuille ; alors on fait de chaque feuille deux cahiers : on coupe chaque feuille dans la ligne des pointures , ce qui fait deux do mi-feuilles qu'on plie séparément , comme nous l'avons indiqué pour l'in-quarto. On imprime aussi quelquefois Tin-
octa*o oblong ; alors le premier pli se fait pfir son~milieïi dans la ligne des pointures ; le second , dan3 le même sens, entre les têtes des pages ; et le troisième , sur la longueur du papier.
De Vin-douze. Jusqu'ici la plieuse n'a eu besoin de coi> per aucune bande de sa feuille pour la plier; mais pour ce format et les suivants , cette mesure est presque toujours indispensable.
La feuille in-douze contient 24 pages ou 12 feuillets. Il n'a pas été possible , en l'imprimant , de disposer les pages de manière que par de simples plis , comme on le fait pour l'in-octavo, on puisse plier la feuille en entier. On est donc obligé de couper une bande qui contient buit pages , de la plier à part, et d'en former un cabier qu'on appelle petit cahier : ce qui d'ailleurs formerait de trop gros cahiers bien difficiles à relier, et peu solides. Le restant de la feuille se plie comme l'in-octavo , et forme un second calsier qui contient iG pages, et qu'on nomme gros cahier.
Il y a deux manières d'imposer la feuille in-douze : ou bien; le petit cabier doit être encarté dans le gros , ou il doit former un cabier à part; la signature indique toujours cette disposition. Lorsque le cabier doit être encarté, la signature qui se trouve au bas de la 17e page est la même que celle qui se trouve à la lre page du gros cabier; elle est seulement différenciée par des points ou une étoile , de sorte que si la signature est 1 , l'encart porte 1 : ou 1* ; si la signature est A, l'encart porte A 1, et ainsi de suite.
Lorsque le cahier ne doit pas être encarté , cbaque cahier porte une signature différente , et selon l'ordre numérique ou alphabétique ; ainsi le gros cabier de la lre feuille porte 1 ou A, et le petit cabier de la même feuille porte 2 ou B. Le volume a, par conséquent, le double de cahiers qu'il n'a de feuilles ; c'est ce qu'on appelle mettre le feuilleton en dehors.
La plieuse, après avoir ouvert son cabier devant elle, de manière que la signature soit en haut , la face contre la table , et qu'elle voie en travers devant elle les pages 2, 7, 11 ; 23, 18, 14; 22, 19, 1 o ; 5, G, 10, aperçoit sur la droite les pages 11, 14, 15, 10, séparées des autres buit pages à la gauche par une grande marge , au milieu de laquelle t ou des pointures, ou iwieux des lignes droites impri-
mées qui indiquent l'endroit où Ton doit couper. [Elle pliela feuille selon ces traits, ou selon les pointures , et elle détache cette bande, qu'elle plie en plaçant 11 sur|10; elle fait un pli , puis elle place 13 sur 12; et alors la signature qui est à la page 9 se trouve en dehors : son encart est plié. Ensuite elle revient au restant de la feuille qui doit former son gros cahier : elle prend de la main gauche la partie inférieure de la feuille" , en plaçant 3 sur 2, et <3 sur 7 : elle plie. Elle fait un second pli en mettant 20 sur 21 et 5 sur 4. Enfin , elle forme un troisième pli en mettant 8 sur 17 , et son gros cahier est plié , la signature en-dessus; elle encarte le petit cahier, et sa feuille est pliée.
Lorsque la feuille d'impression est disposée de manière que le feuilleton ne s'encarte pas, c'est-à-dire que le petit cahier se place à la suite lîu gros , les chiffres qui indiquent la pagination ne sont plus disposés dans le même ordre que dans le cas précédent. On place la feuille sur la table de la même manière que nous l'avons dit ; on coupe le feuilleton que l'on plie en deux fois , d'abord par le milieu , puis encore dans le milieu, en observant démettre la signature en dehors , on le met à part , et de suite on plie le gros cahier. Ce cahier se plie de la même manière que la feuille dans laquelle le petit cahier doit être encarté. On plie 1° 3 sur 2, et 6 sur 7; 2° 12 sur 13, et 5 sur 4; et 3° enfin , 8 sur 9, et la feuille est pliée. On met en tas ce gros cahier et le petit dessus.
L'in-douze s'imprime quelquefois en format oblong ; alors on coupe la bande dans la longueur du papierVet non dans sa largeur, comme dans les exemples précédents : la coupure est toujours indiquée par des traits imprimés. Elle se plie de même que nous l'avons indiqué , et le gros cahier se plie comme l'in-octavo ; le petit cahier s'encarte ou ne s'encarte pas , selon que l'indique la signature.
De Vin-seize. Ce format s'imprime toujours par demi-feuille, c'est-à-dire que chaque feuille contient deux fois le même texte. La moitié de la feuille sert pour un exemplaire, et l'autre moitié sert pour un autre exemplaire du même ouvrage. Chaque demi-feuille se plie séparément comme dans l'in-octavo , et l'on en fait deux tas séparés , de sorte que , lorsqu'on a plié la dernière feuille, on a deux exemplaires pour un.
Los m-8% in~2i, in-32, etc., s'impriment quelquefois en deux exemplaires sur la même feuille , comme lVn-16, et Pou en fait deux tas comme nous venons de l'indiquer pour ce dernier.
De Via- dix-huit. La feuille de l'in-dix-huit est formée de trois cahiers, composés chacun d'un gros de huit pages, et d'un encart de quatre pages. La feuille bien étendue , la signature en haut, adroite, la face contre la table, on plie la bande de la main droite sur celle du milieu, dans le sens de la ligne perpendiculaire au bord de la table devant laquelle on se trouve placé , en faisant tomber les chiffres 2, 5 et 7 sur les chiffres 25, 22 et 18 , ce qui met à découvert la signature et la réclame de la page 12 ; on coupe cette bande, et on la met à part sur la table, la signature en dessus.
On plie de même la bande du milieu , en faisant tomber les chiffres 14, 15, 19 sur ceux des pages 55, 54, 50*, alors on aperçoit la seconde signature 2 ou B ; on coupe encore cette bande , et par ce moyen la feuille est partagée en trois bandes égales. On place la bande qui porte la seconde signature sur la première , et la troisième sur la seconde ,. la signature en dessus. On prend les trois bandes à la fois , on les porte devant soi , en les renversant sens dessus dessous, de sorte que les signatures sont du côté de la table , à gauche. On coupe l'encart selon la ligne tracée , on le plie la signature en dehors ; on plie le restant en deux , en ramenant les deux pages adroite sur les deux pages à gauche , les chiffres les uns sur les autres -, on fait un second pli, la signature toujours eu dehors , et le gros cahier est plié. On met l'encart en dedans, et l'on couche ce cahiei devant soi, la signature contre la table.
On plie de même la seconde et la troisième bande , et la première feuille est pliée en trois cahiers; on opère de même pour les feuilles suivantes.
Il arrive quelquefois que Tin-dix-huit n'a que deux cahiers : alors on opère comme pour Fin-douze; on enlève une bande pour former le feuilleton, on plie le gros cahier comme la feuille in-octavo , et on encarte le feuilleton dans le gros cahier.
De Vin-vingt. Ce format , dont les pages sont presque carrées, est peu en usage ; il s'imprime par demi-feuille ,
comme nous l'avons dit pour Y in-seize. Ce format sert pour les alphabets , les catéchismes ou les almanachs communs. Après avoir coupé la bande des quatre pages , on la place au milieu des seize autres pages , pliées en deux feuilles inquarto en un seul cahier.
De Vin-vingt- quatre. Cette feuille s'imprime par demifeuille comme Y in-seize et Vin-vingt. Chaque demi-feuille est composée de deux cahiers qui s'encartent ou ne s'encartent pas. Dans tous les cas , chaque demi-feuille peut être considérée comme une feuille in-douze; on détache le feuilleton, on le plie comme le petit cahier de l'in-douze, la signature en dehors ; on plie ensuite le gros cahier comme celui de l'in-douze , la signature en dehors. Si ces deux signatures sont les mêmes , on encarte le feuilleton'; mais si elles se suivent dans l'ordre numérique ou alphabétique, on n'encarte pas le petit cahier.
De V in- trente- deux . Ce format s'impose et s'imprime de deux manières : ou par demi-feuille , alors chaque feuille sert pour deux exemplaires, et est composée de deux cahiers, portant chacun une signature différente; ou bien chaque feuille ne sert que pour un exemplaire , et alors elle forme quatre cahiers , qui ont chacun une signature particulière, en suivant toujours l'ordre numérique ou alphabétique.
Dans le premier cas, c'esi-à-dire lorsque la feuille sert pour deux exemplaires, on plie la feuille selon les pointures , et on la coupe dans le pli. On met à part , en réserve, la demi-feuille supérieure pour le second exemplaire. On tourne la demi-feuille en travers devant soi , la signature à droite , à découvert , sur la table en haut, et l'autre signature à gauche , aussi en haut , mais tournée vers la table. On plie de la droite sur la gauche en faisant tomber la signature à droite sur le verso de la signature à gauche, les chiffres de la pagination les uns sur les autres , et l'on coupe encore dans ce pli. Cette demi-feuille se trouve alors divisée en deux parties, chacune de 8 feuillets ou 36 pages ; on plie chacun de ces quarts de feuille comme l'in-octavo, et l'on place, les uns sur les autres, ces cahiers qui ne s'encartent jamais. Lorsqu'un exemplaire est entièrement plié , ou plie le second de la même manière.
Dans le second cas, lorsque la feuille entière sert pour
un seul exemplaire, on la coupe en quatre comme dans le cas précédent, et Ton plie de suite les quatre cahiers, chacun comme Ton plie l'in-octavo.
De Yin-trente-six. En regardant une feuille in-trentesix , hien étendue sur la table dans sa longueur, c'est-àdire la ligne des pointures à gauche et perpendiculaire au bord de la table qu'on a devant soi , la première signature à gauche en haut, et la troisième à droite en bas , Tune et l'autre à découvert , on s'aperçoit qu'elle est divisée en trois bandes égales, 4° par la ligne des pointures à gauche; 2° par des traits imprimés qui indiquent une ligne parallèle à celle des pointures, vers la droite. Cette imposition indique qu'on doit former trois bandes de chaque, feuille. Pour cela, on plie d'abord selon la ligne parallèle à celle des pointures, et l'on coupe -, ensuite on plie selon la ligne des pointures et l'on coupe une seconde fois. Alors chaque bande présente autant de feuillets que la feuille entière in-douze , dont quatre sont séparés des huit autres par un trait imprimé au milieu des marges. On plie chaque bande de la môme manière qu'on plie la feuille in-douze , c'est-à-dire qu'on coupe d'abord le feuilleton , qu'on plie la signature endehors, pour en former un petit cahier qu'on met à part *, ensuite on plie le restant qui forme le gros cahier , la signature en dehors. Si les signatures indiquent, comme nous l'avons fait observer pour l'in-douze, que le feuilleton doit être encarté, on l'encarte , sinon on place le feuilleton audessus du gros cahier , ainsi qu'on Ta vu dans la manière de plier l'in-douze.
L'on voit que la feuille in-trente-six n'est autre chose que la feuille in-douze répétée trois fois dans la même feuille ; on la divise en trois bandes , qui sont considérées chacune comme une feuille in-douze qu'on plie comme cette dernière. Si l'on observe avec attention i'in-trenfesix , on verra que de la manière dont on coupe la feuille en bandes , on réduit chaque bande à un nombre de feuillets ou de pages égal à celui que présente la feuille in-octavo , qu'on plie comme ce dernier , et dont on fait autant de cahiers que donne le quotient de la division du nombre 52 par 8, si l'on compte par feuillets \ ou bien si l'on compte par pages, du nombre 64 par 16 , et ce quotient , dans les deux cas, est toujours 4. Pour l'in-trCnte-six , il en est de
o2 DE LA PLIEUSE.
même , chaque feuille de ce format a 72 pages , divisez ce nombre par 24 , qui est le nombre des pages de Tin-douzeJ, ■vous aurez pour quotient 3. C'est donc trois 'bandes que vous devez faire de chaque feuille, et comme le diviseur a été 24 , nombre de pages de Tin-douze , vous devez couper le feuilleton et plier comme Tin-douze.
Cette règle est générale, et nous pourrions nous dispenser de parler de quelques formats peu usités , mais nous sommes bien aise , afin de rendre cet ouvrage plus complet, de donner deux exemples qui mettront l'ouvrier en état de résoudre facilement toutes les difficultés qui pourraient se présenter.
Tous les formats au-dessus de Tin-trente-six ont un plus grand nombre de pages que ce dernier; mais ce nombre de pages est toujours divisible par 16 ou par 24, et le quotient donne toujours le nombre de cahiers , et par conséquent celui des bandes qu'il faut former dans chaque demifeuille-, car ces formats s'impriment toujours par demifeuilles, soit que chaque demi-feuille appartienne à un exemplaire particulier , soit que les deux demi-feuilles appartiennent au môme exemplaire.
De Y in-soixante- quatre. Je vois que 64 feuillets me donnent 128 pages, divibles exactement par 16, ce qui me donne 8 pour quotient. Je divise d'abord la feuille en deux selon la ligne des pointures , ensuite chaque demi-feuille en quatre , selon les lignes imprimées , parallèles et perpendiculaires à celle des pointures , et j'ai obtenu quatre petites feuilles pour chaque demi-feuille t ce qui fait 8 pour la feuille entière. Je plie chacune de ces petites feuilles comme l'in-octavo , la signature en dessus , et j'ai huit cahiers égaux pour chaque feuille , qui portent chacun une signature particulière.
De Yinsoixante-douze. Il en est de même de ce format : 72 feuilleta donnent 144 pages, divisible.; exactement par 24 nombre de pages de Tin-douze, ce qui me donne 6 pour quotient. Je divise chaque demi-feuille en trois bandés selon les lignes qu'indiquent les traits imprimés, ensuite je sépare le petit cahier^ désigné sur chacune selon d'autres traits qui sont pareillement imprimés; je plie le petit et le gros cahier comme nous l'avons indiqué pour Tin-douze , et