‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etc (volume 2)Chapitre 13 sur 107 · PERFECT10S^’EME^'T DES VERSES R0ÜGE · texte numérisé non relu

PERFECT10S^’EME^'T DES VERSES R0ÜGE

coloration voulue, a forcé de recourir au procédé ingénieux de doublage, qui consiste à doubler le verre blanc d’une couche légère de verre rouge ; l’avantage de cette méthode consiste en ce que les différences d’intensité de la coloration sont moins sensibles dans une moindre épaisseur, et que la verre est ainsi moins sujet à être obscurci. Mais c’est là un artifice et non pas un moyen de colorer le verre dans la masse.

Le beau verre rouge homogène est donc très -difficile à obtenir. Ce verre est le plus souvent coloré d’une manière inégale dans une même table, et la plus légère inégalité d’épaisseur, ou une dissémination imparfaite delà matière colorante dans la masse, amène ordinairement ce résultat. C’est encore pis quand on met en œuvre, et le verre étiré ou soufflé présente alors des inégalités de teintes et des stries de nuances plus foncées qui se détachent parfois sur un fond sans couleur.

C’est probablement pour parer à ces inconvénients qu’on vient d’introduire dans quelques verreries d’Angleterre un procédé de coloration en rouge des pièces de verre soufflé, moulé ou façonné, qu’on y a importé, nous croyons, d’Allemagne, et qui a été l’objet d’une patente prise dans le premier de ces pays sous le nom de M. I.-H. Bedford, de Birmingham, le 6 juin 18à6, et dont nous allons donner ici un extrait.

« Pour colorer en rouge par le cuivre le verre en feuilles, la gobeletterie ou autres articles en verre fabriqués à la manière ordinaire, on se sert des procédés que je vais décrire ; mais avant, je dois dire que quand les articles à colorer doivent être taillés, on peut les colorer ou les teindre avant ou après la taille et le polissage, et que la coloration peut couvrir la totalité, une ou plusieurs parties de leur surface; et je préviens, en outre, que le procédé réussit principalement avec le verre où n’entre pas la soude.

» Les articles en verre étant fabriqués, et leurs surfaces bien nettoyées, on procède ainsi qu’il suit :

» On prend une partie en poids de sulfure de cuivre deux parties de battilures de fer, trois parties de sulfate de cuivre calciné au blanc, et quatre parties d'ocre. jaune calcinée. Les matériaux sont broyés, aussi finement qu’il est possible, avec de l’essence de térébeiithineà laquelle on mélange un pmi de la même essence épaissie par un long séjour à l’air, pour empêcher le mélange de peler a|)rès sa dessicratiau sur le voi re. Ce mélange, ayant une consistance de crème, est appliqué au Fabricant de Verre. Tome U

pinceau sur la surface du verre qu’il s’agit de colorer, et oa laisse sécher.

» Les articles en verre sont alors placés dans une moufle de peintre sur verre, et chauffés à une chaleur aussi élevée que le verre peut le supporter sans entrer en fusion. Il est même nécessaire de dire que la couleur est d’autant meilleure que le verre peut, en particulier, supporter une chaleur plus intense; on retire alors le feu et on laisse refroidir lentement.

» Les pièces étant refroidies, on les lave, et en les regardant obliquement, on verra qu’elles présentent alors une coloration jaune verdâtre s’il est entré du plomb dans la fabrication du verre, et que cette teinte diffère suivant la composition de celui-ci.

)) Ces pièces sont alors reportées à la moufle et chauffées de nouveau au degré indiqué ci-dessus ; puis on enlève le feu et l’on introduit une certaine quantité de houille menue dans la partie inférieure de la moufle, et pour cet objet, il convient que la porte de la moufle soit de deux pièces, de manière à ce qu’on puisse enlever la plus petite de ces deux pièces à la partie inférieure de la moufle, et introduire une capsule plate à l’intérieur, sous les articles en verre placés sur les tablettes perforées au-dessus. La quantité de houille qu’il faut introduire est d’environ 2 kilog. pour un moufle de 61 centim. (1 pied 10 pouces) de diamètre et 76 centim. (2 pieds 4 pouces) de longueur.

» En cet état la moufle est complètement fermée et lutée pour empêcher les produits émanés de la houille de s’échapper, on laisse refroidir et on enlève les pièces en verre, qui offrent alors, par transparence, une coloration rouge et brunâtre. On introduit ces articles dans une autre moufle qui a été blanchi à la chaux, et on chauffe au degré de chaleur indiqué; on enlève le feu, on laisse refroidir, et le verre a acquis la couleur fouge désirée.

» Il est bon de dire qu’on n’obtient pas toujours cette couleur rouge avec l’intensité et le ton qu’on désire, en un seul traitement par le procédé indiqué, et, dans ce cas, il faut le répéter une ou plusieurs fois; toutefois, un ouvrier exercé, avec un peu de soin et d’expérience, pourra juger s’il a obtenu l’effet désiré par l’une ou l’autre des opérations dont se compose un traitement ou passage : il ne soumettra pas, en conséquence, les articles aux opérations subséquentes qui le complètent, mais il se contentera de répéter ses premières opérations jusqu’à ce qu’il ait obtenu l’aspect désiré. »

La même patente contient aussi la description d’un procédé pour orner le verre à vitres au moyen d’une sorte de gravure â l’eau-forte.

« On prend cinq parties de peroxyde ou oxyde pur de plomb, une partie de flux qui se compose de dix-sept parties de borax vitrifié et treize parties de minium fondus ensemble, puis on broie le peroxyde et le flux avec de l’essence de térébenthine, et on peint avec cette composition les dessins qu’on veut produire à la surface du verre.

» Quand ce sont des verres de couleur qui doivent être gravés, il vaut mieux se servir d’acétate de plomb que de peroxyde.

» En cet état on laisse sécher les pièces, et on les traite comme dans la dorure sur verre. Lorsqu’elles sont refroidies, on les plonge dans une solution faible d’acide azotique et d’eau, et aussitôt que l’acide a mordu sur les traits du dessin, on plonge les pièces dans l’eau et on nettoie les surfaces en enlevant la composition ci-dessus. »

Couleur jaune vitrifiable ■pour la peinture sur verre, par M. le docteur A. Wachter.

La couleur jaune, dans la peinture sur verre, n’a pu être obtenue jusqu’à présent que par la cémentation du verre avec l’oxyde d’argent. Le verre est peint avec un mélange d’argent métallique ou une combinaison d’argent avec un corps infusible et indifférent dans cette opération, tel que l’oxyde de fer ou l’argile (1 partie d’argent et 6 parties d’oxyde de fer), et porté au rouge dans une moufle ; après le refroidissement, le mélange qui a servi à peindre est enlevé à la surface du verre, et partout où l’on a peint, le verre est coloré en jaune par la pénétration de Poxyde d’argent dans sa masse.

On reproche à cette belle couleur trois défauts capitaux ; d’abord elle affecte des tons différents avec les diverses espèces ou qualités de verre, ce qui rend son emploi incertain ; ensuite, on ne peut la passer au feu en contact immédiat avec d’autres couleurs vitrifiables, parce que celles-ci, en se mélangeant avec elle sur les bords, en sont souillées et détériorées; ce qui rend, par exemple, la reproduction des fleurs extrêmement difficile dans la peinture sur verre ; enfin, on ne peut l’employer sur le verre mat et dépoli. Cette dernière circonstance augmente notablement les difficultés lorsqu’il s’agit de produire des ornements jaunes sur des verres rouges à deux couches dont on se sert si fréquemment pour décoration. Les ornemejits sont pour la plupart, après la cuisson, enlevés par le frottement qu’on exerce sur le verre rouge â

deux couches, et il faut, pour faire mordre le jaune d’argent, polir avec un très-grand soin, si on veut que la couleur, après cette cuisson, découvre nette et pure.

En faisant usage de la nouvelle couleur jaune vitrifiable, on n’a plus besoin du polissage pénible et dispendieux des points mats, attendu qu’on peut, sans autre préparation, l’appliquer et le cuire sur le verre à l’état mat. M. Muller, peintre sur verre à Berlin, s’en est servi avec succès dans la peinture de bouquets de fleurs sur une grande tablette en verre, et voici quel est son mode de préparation :

On mélange intimement 1 partie de chroniate neutre de plomb avec 3 parties de céruse, puis on fait fondre dans un creuset de porcelaine à une chaleur aussi douce qu’il est possible. La masse fondue est coulée sur une plaque de métal, réduite eu poudre fine dans un mortier et mélangée avec moitié de son poids d’un verre plombeux ou fondant qu’on prépare en faisant fondre ensemble

Minium . 2 parties.

Sable quartzeux . 1 —

Borax calciné . 1 —

Le mélange coloré est enfin broyé à l’eau sur un plateau àe verre et réduit à l’état de ténuité convenable.

Préparation du verre-rubis, sans employer le pourpre de Cassius, par M. Fusz.

La Société d’encouragement de Prusse, dans la vue d’améliorer la fabrication des cristaux propres à la bijouterie et à la gobeletterie, avait proposé, en 1 835, un prix pour celui qui indiquerait un procédé d’une réussite certaine pour préparer le pourpre de Cassius, et qui ajipliquerait cette couleur à la production de verres-rubis d’une qualité constamment égale. Ce prix a été remporté par M. Fusz, qui, dans un mémoire inséré dans les mémoires de ladite société, première livraison de 1830, a rempli toutes les conditions du programme et présenté des échantillons de verre d’une belle couleur purpurine et exempte de défauts. Nous allons donner ici un extrait de ce travail.

M. Fusz commence par annoncer que le procédé de préparation des cristaux ou verres rouges colorés dans la masse à l’aide d’une solution d’or, est tré.s-répandu en Bohême, où l’on fabritiue une grande quantité de grenats artificiels, qui ne sont autre chose que du verre-rubis dont la couleur a été foncée. Ces grenats, après avoir été taillés, son livrés au

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