A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET
RÜE HADTEFEUILtE, 12,
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DU
ABRICANT DE VERRE
ET
CRISTAI-.
Flinl-Glass ou Cristal, verre de plovib.
'est avec ce verre qu’on fabrique la gobeletlerie en crisles lustres, les llauibeaux , les carafes, les vases d’orne- U,et une foule d’autres objets de luxe qui attestent le ré de perfectionnement auquel cet art a été porté en uce. Eu effet, des milliers d’ouvriers sont occupés a donau cristal les nombreuses facettes et les ornements qui endent si précieux et qui le font tant rechercher. Sous le port du goût et de la beauté, peu de genres d’industries vent lui être comparés.
endant très-longtemps on importait d’Angleterre le flinF ;s destiné à confectionner les grands objectifs. M. Dartis est le premier en France qui soit parvenu à en obtenir jouisse de toutes les qualités propres aux objectifs de ;entim. (è pouces) de diamètre. Ce llint-glass est diaphane, logène, sans stries, est d’un volume considérable. Les îttes qui ont été construites par M. Cauchois , avec ce flint- ■s, ont été aussi bonnes que les meilleures qui soient sordes ateliers de Dollond. Depuis lors , M. Guinaïul père Ils et M. Bonlemps ont été beaucoup plus loin, ainsi que s le verrons par la suite.
l’exposition de 1819, on a admiré deux grandslustres en tal exécutés par M. Rémond sur les dessins de MM. Bel- Fabricant dg Verre. Tome 2. 1
üngeT, Percier et Fontaine; ils avaient la forme d'un obélisque, et étaient divisés par trois cercles, soutenus chacun par quatre colonnes montantes ; des consoles saillantes , au nombre de quatre , décorées de lyres, de cygnes, etc., étaient surmontées par quatre grands griffons; tous les bronzes sont ciseléset dorés au mat. Les cristaux étaient parfaitement travaillés; les poires d’un très-gros volume et d’une très-belle eau ; les obélisques se faisaient remarquer parleur grandeur et leur proportion. Chaque pendeloque était ornée d’étoiles, avec ses attaches en bronze doré au mat , et garnie de petites rosaces pour tenir les étoiles. Les girandoles et chaînettes, formées de grains de cristal de roche, étaient garnies et ornées de perles en bronze, également dorées au mat.
Ces lustres, d’un genre arabesque et d’une forme élégante, furent estimés ensemble 154,000 fr.
M"‘® veuve Desarnaud-Charpentier, à Paris, au Palais- Royal, à l’escalier de cristal, est la première qui, en 1819, ait décoré les cristaux avec le bronze doré; elle a vaincu, la première, la dilhculté qu’il y avait à adapter un métal sur une matière aussi fragile.
Les candélabres, les pendules, les grands et petits vases d’ornement pour les cheminées et les meubles en cristal qu’elle avait exposés étaient remarquables par leur beauté et le goût qui avait présidé à leur taille, et par la |:randeur de leur dimension. Cette belle fabrique tirait ses cristaux de la manufacture de M. Dartigues, qui les lui expédiait bruts, d’après les modèles que M'"® Desarnaud lui faisait passer.
Nous rappellerons parmi les objets capitaux de cette fabrique, exposés au Louvre , une pendule d’une valeur de 1,200 fr. exécutée pour Naples; un déjeûner de 3,000 fr. pour la cour de Westphalie; quatre grands candélabres de 12,000 fr., pour la Russie ; la toilette en cristal de la feue reine d’Espagne, du prix de 10,000 fr.; un lavabo du prix de 3,000 fr. pour la reine d’Etrurie, et un assortiment de cheminées, pendules, candélabres et grands vases de 15,000 fr., pour M. le duc de Brunswick.
Nous joignons ici le dessin de quelques-uns des beaux meubles de Desarnaud, fig. 39 à hk. Le vase, d’une forme parfaite, est le plus grand que l’on avait pu, jusqu’alors, obtenir en* cristal ; sa capacité est de 24 litres. La toilette, digne d’orner le palais des rois, a excité la juste admiration du public. Ce magnifique meuble semble, en effet, avoir été détaché du palais de Psyché.
L’exhibition de M. Ossler de Birmingham, lors de l’expo-
sUioa universelle de Londres en 1§51, a présenté le plus
UmT-GLASS OU cristauJ 3
besu’spécimeii de la fabrication anglaise. Tout le monde a admiré cette magnifique fontaine de cristal, de 9 mètres (27 pieds) de haut, qu’il avait érigée à l’intersection de l’aveiuié princ'ipiifes et du transept. Ses candélabres de 2™. 60 (8 pieds) Jfà^rges tailles/ reproduction en plus petit de candélabres d¥ 6"'. 60 ^20 pieds), ((u’on avait vus, il y a environ deux ans, dans une éxposiiion de Birmingham, étaient certainementjes plus grandes pièces de cristal qui aient été jamais exécutées. Il ne faudrait pas en conclure, toutefois, que nos manufactures ne pourraient pas en faire autant. Mais on n’entreprend de pareils ouvrages que lorsqu’on est certain de trouver des acheteurs. Les candélabres de6“.CO (20 pieds) avaient été faits pour le pacha d’Egypte, et ceux de 2“'. 60 (8 pieds) avaient été commandés pour la reine d’Angleterre, qui les a prêtés au fabricant pour décorer son exhibition.
Le flint-glass ou cristal est un verre beaucoup plus pesant et plus fusible que les autres verres ; il doit ces deux propriétés au plomb qu’il contient : tout porte à croire qu’il y existe à l’état d’oxyde, et uni à la silice à l’état de silicate de plomb. Lewis, qui l’a analysé, en a retiré 0,2.5 de son poids de plomb à l’état métallique (1). Ce verre est très-beau, mais n’est pas pour cela de meilleure qualité que le verre à vitres trés-blanc; nous le croyons même inférieur en ce qu’il esc bien plus aisément attaqué par les agents chimiques. En effet, le docteur Lewis (2) en ayant tenu un morceau dans du charbon eu poudre et dans un creuset, afin d’en opérer la fusion, le plomb fut revivifié en gouttes à travers toute la substance clu verre. Le docteur Priestley s’est convaincu que, lorsqu’on chauffe des tubes de verre, remplis de gaz hydrogène, ils deviennent noirs par la revivification du plomb. Henry, de Manchester, a reconnu aussi que la croûte noire dont se recouvrent les flacons dans lesquels on conserve les hydrosulfates alcayns , n’est autre chose qu’un sulfure de plomb dont le métafa été extrait du verre par le soufre. Ces observations nous paraissent suffisantes pour prouver notre assertion.
Nous allons maintenant donner des recettes de flint-glass, telles qu’elles ont été publiées par les meilleurs auteurs.
Flint-Glass anglais.
Sable pur . 100
(i) Keunian. cklm,, p. 55,
{z) Loc. cil.
4 TROISIÈAIE partie.
Litharge ou minium . 60
Potasse purifiée . oO
Pour détruire la couleur verte qui provient de l’oxyde de fer, ou de la laaniére combustible, on ajoute un peu d’oxyde noir de manganèse et quelquefois du nitrate de potasse et du deutoxyde d’arsenic. Son poids spécifique est :ÿ32 : 10.
Autre.
Sable blanc . 100
Minium, de . 90 à 100
Potasse calcinée . 55
Nitrate de potasse cristallisé. . 5
Peroxyde de manganèse. . . . 0.15
Flint-Glass français.
Sable blanc . 100
Minium, de . 80 à 85
Potasse calcinée, de . 55 à 40
Nitrate de potasse, de ... . 2 à 3
Autre.
Sable pur. . . 500
Minium . 250
.Sous-carbonate de potasse . 100
Nitrate de potasse de 5® cuite. ... 53
M. Bastenaire-Daudenart, considérant que les compositions varient dans les verreries à cristaux, tant d’après l’état des fours que d’après le combustible qu’on emploie et les produits qu’on veut obtenir, indique les compositions suivantes, comme étant du nombre de celles qui sont les plus usitées.
1“ Fourneau alimenté avec le charbon de terre.
Sable blanc lavé et séché . 100
Tri toxyde de plomb (minium). . . . 70
Potasse pure calcinée . 50
Nitrate de potasse (sel de nitre). . . 4
Deutoxyde d’arsenic (arsenic). . . . 0.20
Peroxyde de manganèse . 0.15
Autre.
Sable blanc lavé et séché . 100
Tritoxyde de plomb . 80
Potasse calcinée . 55
Nitrate de potasse . 5
Peroxyde de manganèse . 0.12