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des échantillons de celte aiiticjue peinture à laquelle a été substituée avec non moins de goût, niais avec plus de facilité dans l’exécution et plus d’économie, la mosaïque en marbre.
L’art de faire des donhlets, dans notre bijouterie, tire un grand lustre , et doit peut-être sa naissance à cette découverte particulière des anciens. L’incrustation des émaux dans le verre en fusion ne leur était pas moins connue; la manière dont ils traitaient ce dernier article prouve leur habileté à cet égard. Si nous en jugeons d’après les vases lucrymutnires qui sont arrivés jusqu’à nous , rien ne jiaraît plus artistcmentet plus délicatement confectionné. Les conclies de \erre à teinte blanche, entre lesquelles était di-posé l’émail disséminé avec un talent et une patience que l'on ne peut se lasser d’admirer, étaient extrêmement minces et égales; l’émail lui-même était des plus légers; mais ce qui ajoute à l’étonnement, c’est la grandeur et la forme de ces sortes de vases ; nous en avons examiné dont la contenance pouvait être de plusieurs de nos pintes anciennes , et qui étaient façonnés en poire avec beaucoup de grâce.
Dans des temps plus modernes, nous remarquons les f^éniliens qui, déjà avant l’an 1200, se livraient à la fabrication des verres colorés et à leur agrégation. Depuis celte époque, ils se sont emparés exclusivemènt de celte fabrication. Ils ont donné au verre toutes les teintes et toutes les formes , soit à l'état de pâte transparente , colorée et mélangée diversement par l’elfet de l'art et du feu ; soit à l’état d'érnail, de gemmes, de perles, traités et mariés ensemble par vole d’incrustation ; ils en ont étendu le commerce dans les quatre parties du monde. Ces objets jouissent encore d’une grande renommée dans le commerce, sous le nom de marguerites de Venise. Les substances vitreuses se fabriquent a Murano, distant de 24 kilom. de Venise , et c’est de cette dernière ville que se répandent dans le Levant, dans l’Afrique , dans les deux Indes, l’Espagne et les diverses contrées de l’Europe, les produits d’une manufacture unique dans l’univers, et qui emiiloie à son activité plus de trois mille ouvriers.
Quelques états voisins de ce centre d’industrie spéciale, ne pouvaient tarder de se ressentir de l’avantage de leur posi ■ lion. La Bohème, entre autres, a vu former sur son territoire quelques établissements qui ont une certaine analogie avec celui de Venise ; on peut en juger par les petites figures et vierges blanches ou colorées enchâssées dans le verre; par les boules ou globes remplis toutes de divers émaux, dont la
réunion , couverte d’une enveloppe vitreuse , présente une masse agréablement diaprée, tantôt d’animaux ou de fleurs, dont les couleurs sont artistement contrastées. Ces objets se répandent dans les foires nombreuses des Etats allemands.
Un grand nombre d’ouvriers, plus ou moins habiles dans les travaux de cet art, se sont répandus en France, notamment depuis l’introduction de la fabrication du verre , façon de Bohême, fabrication qui ne remonte chez nous que vers la moitié du dernier siècle. Ces ouvriers, fidèles à leur système, de ne communiquer leurs procédés qu’à leurs enfants, ou , à défaut, à leurs parents, imitant, sous ce rapport , les ouvriers vénitiens, ont nécessairement peu prospéré. Leurs ouvrages ne consistent que dans les boules émaillées et enduites d'une couche de verre dont nous avons parlé, et dans des vases ornés d’émaux rapportés ou jaspés avec plus ou moins de goût, ou des parties colorantes incrustées soit dans la masse du verre, soit à sa surface.
Les Italiens, souffleurs de verre, nous ont enseigné à faire non-seulement toutes sortes de figures en émail, mais encore à composer les doublets , dont l’effet est si recherché dans la joaillerie et la bijouterie. Toutefois, pour donner une idée de ce que l’on a fait en ce genre, nous citerons les figures en émail qui , pendant longtemps, ont donné de la réputation à nos émailleurs de Nevers, Nous citerons les petits tableaux en paysages, figures et chiffres renfermés entre deux glaces doucies et polies, que le sieur Hollenweges, alsacien, exécutait en 1780 , avec habileté. Les journaux ont fait mention, dans le temps, d’un tableau de ce genre , offert à Louis XVI, lorsqu’il honora de sa présence la ville de Cherbourg. Ce tableau, composé de deux glaces, dont une avait reçu la peinture, avant d’être rapprochée de l’autre, par l’action du feu, représentait la vue perspective de la rade de Cherbourg, fermée par la ligne de cônes projetés qui devait en défendre l’entrée.
Depuis la découverte importante du flint-glass , verre de plomb, ou cristal pesant , faite par les Anglais , l.’art de traiter, par incrustation, des objets quelconques colorés ou non, a été infiniment perfectionné. A la vérité, les ouvriers de la Grande-Bretagne ont été nos maîtres à cet égard. Qui ne se rappelle avoir vu ces cachets , ces verres à liqueurs entreautres , dont les pieds torsinés l’instar de la dentelle avec des émaux, pour ainsi dire filigranés, étaient recouverts d’un vernis vitreux? D’après leur exemple, ces petits ornements ont été introduits et très-bien imités chez nous, dès le moment que nous avons su fabriquer le cristal. Cette sorte' de verre, moins
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ingrat que le verre blanc ordinaire, offre, en effet, à cette nouvelle industrie , deux avantages précieux pour obtenir de la régularité dans les formes et de la jirécision dans le dessin ; savoir, son aptitude à se pénétrer promptement du calorique et sa propriété de le conserver pendant un temps assez long.
Les incrustations des portraits et autres objets en pâte , eir émail et même en verre à teinte blanche , devaient éveiller naturellement l’attention de nos artistes. Il ne s’agissait que de composer un mélange de terres choisies, dont la retraite à la cuisson pût être à peu près égale à celle du verre qui devait les envelopper. C’est ce que tenta avec succès, avant 1810, M. Ladomppe du Fougerais, alors entrepreneur de la belle manufacture de cristaux sise kMont-Cenis près le Creusot (département de Saône-et-Loire). De cet établissement sont sortis les portraits enchâssés dans le verre , qui ont donné lieu à une industrie nouvelle. Plusieurs procédés concourent à la confection de ces produits, celui par la gontt^ et celui par aspiration , comme aussi celui par application. 11 serait trop long de les décrire.
Depuis que M. du Fougerais a mis dans le commerce ses ingénieuses médailles, d’autres artistes se sont placés sur les rangs, et ont ajouté à l’incrustation des métaux et du verre émaillé , celle des figures en pied ou sur socle, composées de la même pâte que celle des médailles ou bas-reliefs. Cette pâte est de terre à porcelaine préparée ; elle reflète si agréablement la lumière réfractée dans son passage à travers le cristal , qu’on serait tenté de croire que l’objet incrusté a reçu l’apprêt d’un vernis argentin. La variété de la taille et l’élégance des formes ajoutent un nouveau prix à ces sortes d’ou-> vrages.
Nous allons maintenant donner une idée de l’art d’opérer cette incrustation ; nous la puiserons dans la notice qui a été publiée par M. Vallet sur l’art d’incruster des figures dans le verre, d’après G. Altmuetter.
L’on a vainement tenté d’incruster des figures en argent dans le cristal , parce que cette substance et le métal fondent au même degré de chaleur; de là, la nécessité d’avoir recours à un autre moyen pour produire ou imiter celte incrustation.
Tout le monde sait que les gouttes de pluie ou de rosée donnent un aspect argentin aux feuilles qui sont velues ou âpres au toucher. Je pensai donc, dit l’auteur, qu’un corps non poli et infusible , à la température de fusion du cristal ,
pourrait, en étant Incrusté dans son épaisseur, imiter l’argent.
Les figures en porcelaine ou en terre de pipe blanche réunissent cette qualité , et leur surface reste si dure, que le cristal, avec lequel on le recouvre, ne pénètre pas dans leurs pores, si une température trop élevée ne l’a rendu trop liquide. Les figures fabriquées par ce procédé ont exactement l’aspect des incrustations fabriquées en France.
La terre de pipe réussit beaucoup mieux que la porcelaine dans ce travail ; car, si l’on cuit cette dernière trop fortement, le cristal la rend brillante partout ou au moins par places , et l’elTet est manqué. Si on ne la cuit pas suffisamment, elle ne prend pas assez de dureté, et se brise quand on l’enferme trop tôt dans le cristal.
La confection des figures n’offre point de difficultés; on se procure des modèles bien travaillés , et on en prend l’empreinte avec de l’argile riche en silice. On cuit légèrement ces empreintes; on les enduit d’une très-petite quantité d’huile, puis on moule dans leur concavité l’argile bien blanche et bien pétrie. Celle-ci s'y modèle aisément, et s’en détache avec facilité, quand elle est a moitié sèche , et qu’elle a pris un peu du retrait. Pour les petites médailles ; on peut très-bien en prendre l’empreinte avec de la cire d’Espagne.
Les matières vitreuses, aisément fusibles, sont d’un emploi plus facile que les autres; mais elles ne doivent pas l’étre trop , parce qu’elles pourraient pénétrer dans tes pores de l’argile.
Pour effectuer l’incrustation , on applique la figure sur une surface plane de cristal , ou bien sur la paroi extérieure d’un vase de même matière et encore chaud ; puis on la recouvre d’une couche de cristal d’épaisseur convenable, en prenant toutes les précautions nécessaires pour éviter qu’elle ne se brise ; on expose ensuite le tout à la chaleur d’un feu de verrerie, et on fait refroidir lentement.
Ces cristaux , ainsi préparés , se taillent comme les autres, seulement il faut que la surface, à laquelle on voit la figure, soit plane; si elle était courbe, cylindrique ou sphérique par exemple, il en résulterait, d’après tes propriétés physiques bien connues des surfaces de cette forme , que la réfraction des rayons lumineux déformerait plus ou moins tous les contours de la figure, et que, même , soms une couche épaisse de cristal , il ne seraient plus reconnaissables.
On peut employer dans ce travail le cristal coloré. L’on peut même facilement donner aux figures l’aspect de l’or. A cet effet, on choisit une argile qui, au feu, devienne jaune ou
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jaune rougeâtre. Les couleurs peuvent également être variées par des oxydes métalliques que l’on mêle à de l’argile blanche. Toutefois ce sont toujours tes figures blanches , et après elles les figures jaunes , qui produisent le plus bel effet sous un cristal incolore. Nous ajouterons ici ce que M, Pelouze a publié à ce sujet ; il servira de complément à ce que nous venons d’en dire.
« On ne doit se servir, dit-il , que de moules bien propres, bien essuyés au pinceau ; car s’il se portait quelque parcelle de substance décomposable par la chaleur, de poussière végétale, sur la pièce moulée, il en résulterait infailliblement dans le verre quelque soufflure fort désagréable.
» On presse la pâte dans le moule; on enlève les rebarbes au couteau , et, environ une heure après , on donne une secousse au moule pour en détacher la pièce que l’on reçoit sur un cuir mollet. Elle doit offrir une grande netteté pour être mise en œuvre avec succès.
» 11 convient de faire sécher à l’ombre les figures moulées. Lorsqu’elles sont sèches, on tes rachève, pour donner plus de délicatesse aux traits, etc., d’une manière analogue au moulage de la porcelaine. Pour cela, il faut faire usage d’outils déliés et mousses en bois et du pinceau à l’eau.
» Pour ne pas s’éclater au moment de l’incrustation dans le verre, las pièces ont besoin d’une demi-cuisson, qui peut très-commodément leur être donnée dans notre fourneau. Mais on a remarqué que, pour que ces figures ne jaunissent pas dans l’opération , et ne s’amaigrissent pas , il faut éviter de les placer dans le four sur des tuiles argileuses ordinaires. Les briques de support doivent être composées de marne et de sable ; ou bien on peut les poser dans des soucoupes de porcelaine.
)) Pour le biscuit des figures, il ne faut pas une température supérieure à 22 degrés de Wegdwood. Il suffit qu’elles ne cèdent plus à l’action de l’ongle.
» La matière la plus propre à l’incrustation des figures de petit volume, les seules dont il soit ici question, est bien commune, ce sont des fonds de verres de cristal cassés. A leur défaut, l’on pourrait se servir de salières ou autres pièces de forme à peu près semblable. D’autre part, on a dans le fourneau du cristal en fusion dans un creuset.
» On place les culs de verre dans le fourneau, pour leur donner une demi-fusion, et les pièces à incruster sur une tuile, dans le même fourneau, pour les faire rougir. On retire le cul de verre quand il est au degré convenable : on le soutient sur une palette en fer. De Pautre main , l’on retire
o(> TROISIÈME partie.
la figure; on la tient avec des pincettes; on l*appuie sur le verre dans la partie où l’on veut que l’incrustation ait lieu ; puis, sans perdre de temps , on cueille du verre avec une pochette , ou cuillère de fer ou de cuivre, et on le verse sur la ligure attachée au cul du verre. Ce verre , beaucoup plus liquide que le support, enveloppe de toutes parts le sujet, et fait corps avec le cul du verre ramolli. On ajoute à ceteffet, en pressant dessus au moyen d’une spatule, et quand on voit que les deux verres sont soudés de manière à ne plus former qu’une masse homogène, on introduit sa pellette avec la pièce dans le four de recuisson.
» La pièce étant recuite et refroidie, il ne s’agit plus ensuite que de la faire tailler et polir. »
On peut voir des exemples d’incrustation dans le verre dans les figures 45, Û6, 47, 48, 49 et 50.
Dendnles sur verre..
M. Goldsmith a fait connaître à l’Académie des sciences de Paris , un procédé par lequel on applique sur le verre des espèces de dendritcs métalliques qui ne sont pas sans agréments.
On place sur le verre quelques grains de limaille de fer et de cuivre, sur chacun desquels on verse une goutte de nitrate d’argent; l’argent se précipite à l’état métallique; en même temps le fer et le cuivre s’oxydent, et on arrange, selon l’elTet qu’on veut produire, les ramifications de ces différentes matières au moyen d’une petite tige de bois. Enfin on expose le verre au-dessus d’une bougie, qui, en évaporant la liqueur, noircit le dessous de la plaque , et relève ainsi l’éclat des dendrites appliquées à la face opposée.
Gravure sur verre.
Le professeur Sillimann recommande l’emploi de l’acide fluorique liquide dans la gravure sur verre. Il trouve qu’il agit avec plus de netteté , d’énergie , et qu’il est d’une application plus facile que lorsqu’il est en vapeur. Voici comment il opère: Il met 60 gram. de spath fluor, et le double d’acide sulfurique, dans une cornue à laquelle est adapté un l'écipient quicontientSO gram. d’eau, et qui est rafraîchi avec de la glace. On chauffe; la vapeur se dégage et se condense. I.’acide qui en résulte est trop concentré ; il a besoin d’être étendu de trois ou quatre fois son poids d’eau ; d’une antre part, il prépare un vernis, et en applique une couche sur le verre. Celui qui réussit le mieux est un composé de térébenthine et de cire fondues ensemble. Cette opération est tou-