PROPRIÉTÉS CHIMIQUES. 21 S
et de la retenir, partie en combinaison chimique, partie comme eau hygroscopique. En moyenne, celte proportion d’humidité s’élève à 1 pour 100. C’est elle qui communique à l’eschel cette propriété qu’on y recherche et qu’on a désignée sous l’expression technique de pelotonnage {das ballen), et au moyen de laquelle il ressemble à une iarine line et légère. Beaucoup de smalts qui ont été épuisés de leurs parties solubles par l’action longtemps prolongée de l’eau, ne possèdent plus la propriété de se pelotonner, et sont plutôt, même avec une grande finesse de poudre, sableux et nullement hygroscopiques. La proportion d'eau que renferment les smalts dépend principalement encore de ce qu’ils ont été tenus en siispensioa dans ce liquide plus longtemps qu’on n’aurait dû le faire.
Une trop forte proportion de verre soluble peut aussi exercer une influence désavantageuse sur le smalt. Lorsque par
exemple, avec une faible proportion de Co Sîj +KS îc des bisilicates ou trisilicales presque sans fer et matières terreuses entrent dans la formation du verre, alors le ramollissement et la solution des grains de smalt dans les eaux de lavage est tellement considérable, que sa précipitation et son rassemblement sur le fond à l’état solide ne s’opère qu’avec beaucoup de lenteur et même pas du tout, et qu’il en résulte plutôt un précipité boueux qui s’oppose à toute espèce de séparation du grain. Ces sortes de smalts se dévitrifient alors à la chaleur humide, il s’en sépare du verre soluble, de l’oxyde de cobalt qui se précipite en stries et en nids noirâtres, puis ils se concrètent en masses solides dont beaucoup ressemblent à des demi-opales que les acides puissants rendent gélatineuses. Un excès même très-faible de silicate de potasse soluble donne au smalt un aspect terne et provoque la formation des graviers et des mamelons qui constituent autant d’inconvénients dans les ap[)lications.
Dans la plupart des smalts on rencontre aussi une faible proportion d’acide carbonique qui s'y trouve combiné à la potasse. Lorsqu’on conserve pendant longtemps un smalt dans un lieu humide et dans une atmosphère chargée d’acide carbonique. ce cor[>s absorbe une portion fort notable de cet acide qu’on peut en chasser avec effervescence à l’aide d’un acide fort. Il est donc présumable que le verre soluble du smalt est décomposé par l’acide carbonique , et que c’est à ses dépens que se forme le carbonate de potasse qu’on y trouve mélangé. Ce carbonate de potasse peut dans certaines circonstances réagir à son tour sur les arséniles métalliques qui spnt présents et les décomposer.
J’ai déterminé la proportion de ces ingrédients secondaires dans plusieurs sortes de smalls par des analyses exactes, et parmi les résultats je citerai le suivant, savoir que la propor- 1 tion ordinaire d’acides arsénieux et arsénique qu’on peut extraire par une ébullition soutenue au moyen d’une lessive ' étendue de potasse est de 0.02 à 0.06, et parfois s'élève jusqu’à 0.1 pour 100, mais il est juste aussi de dire que ces acides manquent entièrement dans beaucoup de smalts.
Quant à la proportion du speise, qu’on extrait du smalt en faisant bouillir avec de l’acide azotique étendu, elle s’élève ! parfois dans les smalts bien préparés jusqu’à 0.07 pour 100. ' En général, elle est plus forte dans les smalts à gros grains que dans ceux à grains fins.
Relativement aux ingrédients solubles dans l’eau et qu’on extrait par unp ébullition soutenue dans ce liquide, les sortes de smalts qui ont été examinées en ontdènné de 2.5 à 4.3 pour ' 100. Ces ingrédients consistaient en grande partie en acide carbonique, avec une faible proportion de silicate et d’arsénite de potasse. L’eau employée pour éteindre et refroidir le verre de smalt que j’ai analysé, renfermait 0.03, et la portion trouble de la cuve d’eschel 2.54 pour 100 de ces parties ; néanmoins, j d’eau d’extinction ne renfermait pas de carbonate alcalin. j
b. Action des diverses bases terreuses sur les fontes et . sur la couleur du smalt. — On trouve, tant dans les matières qui servent à fabriquer les smalts que dans les masses frittées, , dans lesquelles on les transforme pour les besoins des fabriques de fa'ience et de poteries, de la soude, de la chaux, de la ba- 1 ryte, de l’alumine, de la magnésie, etc. Il y avait donc quel- : que intérêt à rechercher avec plus de soin l’influence que ces \ matières exercent sur la couleur ou la nuance des smalts. J’ai préparé à cet effet des masses de verre dont la composition | correspondait aux formules suivantes, et ces masses ont présenté les propriétés suivantes :
Co'sV+3K’s il. Fonte d’un beau bleu, bien homogène j et bien fondu, et après la pulvérisation et les lavages, d’un | reflet bleu pur. '
2. Co’s"i + sivs’is. Ce smalt de soude était également bien homogène, pulvérisé et amené à la même grosseur de grain que le n» I. Sa nuance était le violet virant légèrement au jaunâtre, ce qui le distinguait surtout des smalts rendus impurs par le protoxyde de nickel. Quoi(pi’il renfermât une proportion plus forte d’oxyde de cobalt que le n® i, son bleu était moins intense, i