‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etc (volume 2)Chapitre 72 sur 107 · DES SMALTS DU COMMERCE · texte numérisé non relu

DES SMALTS DU COMMERCE

contrer de grains plus gros et d’une nuance plus foncée ou plus claire que d’autres, (]ui donneraient à la matière un aspect piqué. Parfois on introduit dans le commerce de detail sous la dénomination d’escliels ou bleu des blanchisseurs , des smalts qu’on mélange pour en foncer la couleur avec la sorte dite gros bleu qui est pauvre en cobalt. Si on lave avec de l’eau ces eschels sophistiqués, le gros bleu mélangé tombe promptement au fond et s’oppose la plupart du temps aux applications.

2. Un smalt de bonne qualité doit se pelotonner comme de la fine farine et non pas constituer une poudre sableuse.

3. Il ne doit contenir ni mamelons ni gravier, ce qui serait je cas s’il renfermait une trop forte proportion de verre soluble, et le rendrait impropre à l’apprêt des toiles puisqu'il produirait des taches bleues sur le fond blanc des tissus.

4. Il ne doit pas avoir été mélangé avec des substances étrangères, telles que le gypse, le sable, le spath pesant, ou l’outre-mer desmalt, parce que les unes ne possèdent aucune couleur, et que les autres, en adhérant aux tissus, les détériorent, ce qui rend désavantageux l’emploi de ces smalts.

La plus grande partie des smalts sont employés à donner aux toiles, qui sont naturellement d’un blanc jaunâtre ou rougeâtre, un reflet qui, à l’œil, les fait paraître d’un blanc pur. La couleur bleue ou le smalt est la couleur complémentaire pour ce ton blanc jaunâtre. On désigne comme on sait cette application du smalt par le mot azurage, et cette opération s’exécute non-seulement sur les tissus blancs de lin et de laine de toute espèce, sur les céruses et les autres madères colorantes blanches, mais encore pour les sucres métis, etc. Pour ces usages, il faut que le smalt présente un grain très-fin et un ton bleu virant au vert. L’intensité de la couleur se règle d’après le degré plus ou moins grand de blanc qu’a déjà le tissu qu’on veut azurer, car un tissu à peine coloré en jaune n’exige qu’un ton bleu très-faible, mais réparti d une manière parfaitement égale sur toute sa surface, pour réfléchir la lumière blanche pure. Dans ce cas, il convient de n’employer qu’un eschel fin bleu pâle; car si lors de l’apprêt on se servait d’un bleu foncé , ou bien on colorerait en bleu , ou bien on ferait des taches ou des placages.

. Dans l'azurage des papiers, on n’emploie presque plus aujourd’hui les smalts qui, par leur poids, n’y sont pas trèspropres et ont été remplacés depuis longtemps par l’outre-mer. Mais pour l’azurage des tissus, on n’a pas pu jusqu’à présent lui substituer une autre matière ; et quant à celles propres à

donner un fond pur à la loile, elles seraient trop dispendieuses i et bien inférieures à l’azurage au smalt.

On sait aussi qu’on s’est servi fréquemment du smalt comme i couleur en détrempe et pour enduire des murs; comme corps . vitreux, il est très-durable et résiste à toutes les influences des agents atmosphériques et des gaz qui détruisent en peu de i temps l’outrc-iner. 11 est très-propre surtout aux peintures ^ d’enduit avec le verre soluble de Fuchs. On se sert aussi pour azurer, de la chaux ou du gypse, et pourblanchir les plafonds, ; de couleurs communes et par conséquent de smalts de grain moyen.

Le smalt ne se broie et ne s’applique pas bien avec l’huile. | Pour les vernis bleus sur les faïences et sur les grès, on se 1 sert la plupart du temps des sortes à gros grains B et H, quoiqu’il y eût peut être avantage à se servir de celles qui ont un i grain plus lin. On obtient ainsi la plupart du temps un bleu passable. ,

Dans la peinture sur porcelaine et sur verre, on n’emploie , jamais que les smalts les plus fins et les plus riches de ton, i qui par conséquent doivent être d’une très-grande pureté. Les pièces délicates avec dessins fins et entrelacés ne peuvent i guère s’exécuter sur grès et sur porcelaine à cause de la grande fusibilité du smalt, et pour cet objet il vaut mieux se servir de cobalt.

Pour faire l’essai des smalts, on emploie diverses méthodes, i i. Echantillonnage (das avf muster legen). Suivant des i conventions tacites, toutes les fabriques de bleu ont établi ! une série de smalts comme échantillons fondamentaux ou i étalons qu’ils ont désignés par certains signes ou des marques ; particulières. Ces échantillons diffèrent entre eux non-seule- i ment par le grain, mais encore par la proportion de cobalt I qu’ils renferment. Il est vrai que chaque fabrique d’Allemagne a une échelle qui lui est propre, mais toutes marquent i dans le même ordre et à peu près comme il suit : !

FC, signifie couleur fine {feine couleur). \

F C B, couleur fine de Bohême ( feine boemische couleur), 1

FF, Eschel fin (/ei«e ^sc/ifZ).

MC, couleur mi-fine fmittel feine couleur). !

MCB, couleur mi-fine de Bohême [mittel feine boemis^ sclie couleur).

ME, Eschcl mi-fin [mittel feine Eschel).

OC, couleur ordinaire [ordinaire couleur).

O C B, couleur ordinaire de Bohême [ordinaire boemische couleur).

OE, Eschel ordinaire [ordinaire Eschel).

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