‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 121 sur 127 · TRAVAIL DES BOUTEILLES · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES BOUTEILLES

le creuset : il s’attache Une nouvelle quantité de verre ail bout de la felle ; e,t s’ils jugent qu’il n’y en a pas assez pour faire une bouteille, fis réitèrent encore une fois à plonger fa felle dans le creuset : alors ils la tournent sur mie plaque de fer nommée maire, qui est élevée à la hauteur d’appui, et inclinée devant l’ouvrier comme un pupitre, afin d’égaliser la matière autour de la felle. Au bout de cette plaque de fer se trouve placé un baquet plein d’eau froide, destinée à rafraîchir la felle -• à mesure qu’elle s’échauffe trop, le verrier en jette dessus, en la puisant avec 1? main. Lorsque le verre est bien arrangé et que la felle est en état d’être maniée, un autre ouvrier la prend pour achever la bouteille; il donne à la felle un léger mouvement de rotation en forme d’encensoir, afin d’allonger un peu la masse du verre; il la plonge aussitôt dans un moule de fer ou de cuivre, où il la tourne en soufflant en même temps dans la felle. La bouteille prend la figure de ce moule, et le cul se trouve formé comme un œuf. Il retourne alors la felle sens dessus dessous ; il pose à terre le bout par où il a soufflé, et avec un instrument de fer, dit molette, il appuie légèrement sur le cul de la bouteille pour le faire rentrer dans 1’intérieup. Il fait en ipême temps tourner la felle entre ses mains, afin que le fond du cui de la bouteille se fasse uniformément. Il pose ensuite la bouteille horizontalement sur une tablette de pi, erre, un peu au-dessus du niveau de laquelle op a attaché dans la muraille un outil tranchant. Il place le col de la bouteille sur le côté coupant de cet outil; il fait tourner un peu la bouteille, et elle est coupée par ce mouvement. Il présente ensuite le bout de la felle un instant à l’ouvreau pour ramollir le verre qui s’y est attaché ; il soude cet outil au cul de la bouteille, et il la présente dans cette situation à l’ouvreau, pour ramollir l’extrémité du col. De l’autre main, il plonge dans le creuset une verge de fer, dite cordeline,pour prendre un peu de verre en fusion ; il posé le bout de cette verge sur le col de la bouteille, et il fait le collet ou l’anneau en tournant la bouteille circulairement; il la laisse un instant afin de bien soudpr cet anneau au col de la bouteille. Alors il se retire de l’ouvreau; il pose la bouteille, sans la détacher, sur la tablette de pierre dont nous venons de parler, et met dans l’ouverture de la bouteiile le côté d’un instrument fait comme une paire de pincettes. Un des côtés de cette pincette a la figure d’un poinçon, l’autre a quelques lignes de largeur et est concave par le côté qui doit serrer le col de la bouteille. U fait faire un ou deux tours circulaires à la bouteille, en tenant son outil très-fixe dans les mains. Le côté en

forme de poinçon arrondit l’intérieur du col, tandis que l’autre côté de la pince, qui pose sur l’extérieur du col de cette bouteille, arrondit l’anneau, et rabat les inégalités et les filets de verre qui peuvent s’y trouver. La bouteille étant finie, cet ouvrier la remet entre les mains d’un autre qui la porte toujours attachée par le cul à la telle pour la déposer dans un four à recuire. 11 la place comme elle doit être ; il la détache ensuite en donnant un petit coup de main sur le bout de la telle. On continue ainsi de suite jusqu’à ce que les creusets soient entièrement vides.

Le four, dans lequel on fait recuire les bouteilles, est d’une grandeur convenable pour contenir toutes bouteilles qu’on fait à chaque fournée : on le chauffe d’abord assez pour entretenir rouges, pendant quatre à cinq heures, les bouteilles qu’on y dépose ; après quoi l’on diminue le feu peu à peu, de manière qu’elles sont trente-six à quarante heures à refroidir entièrement. Le four est carré et n’a point de grille ; c’est une aire de briques qui en tient lieu. Les matières combustibles se placent dans un foyer qu’on pratique sous l’aire où l’on dépose les bouteilles; la flamme passe par plusieurs ouvertures qu’on a pratiquées pour qu’elle puisse parcourir toutes les bouteilles. Il est bon de faire observer que la température du four de recuisson doit être telle que les pièces de verre ne doivent point s’y ramollir, parce qu’elles s’y déformeraient ; si, au contraire, le degré de chaleur n’est pas assez fort, le verre se refroidit au point de ne pas permettre à ses molécules de prendre l’arrangement qui leur est propre, et dès lors le recuit est mauvais et le verre défectueux. Pour faire une bonne recuisson, la chaleur doit être au point du rouge brun. Dès le moment que le four est plein, on bouche toutes les ouvertures, et on laisse le four se refroidir de lui-même jusqu’à y pouvoir introduire et tenir la main dedans.

Les grosses bouteilles globuleuses, les bonbonnes pour contenir les acides, se fabriquent parfois en appelant à son aide l’emploi de la force expansive de la vapeur d’eau. Pour cela, on pousse une gorgée d’eau dans l’intérieur et on ferme le trou de la canne avec le pouce jusqu’à ce que la détente de la vapeur ait produit le développement convenable.

Pour donner aux bouteilles la capacité exacte qu’on exige souvent dans les vases ainsi que des formes particulières, on les gonfle aussi dans des moules; on cite, entre autres, le moule de llickets comme présentant beaucoup de facilité, d’économie de temps et de combustible. Ce moule se compose d’un corps qui forme le ventre de la bouteille et cle quatre autres

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