‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 28 sur 127 · Soude de Varech · texte numérisé non relu

Soude de Varech

Le varech est une plante maritime que Tournefort a décrite sous le nom de fucus maritimus vesiculos habens. Elle est connue en Bretagne sous celui de gouémon, etc.

A Carthagène, Alicante, Cherbourg, aux environsd’Alexandrie, etc., lorsqu’on veut extraire cet alcali de ces plantes on les cueille dans leur maturité, et on les fait sécher au so- Icil , on les met ensuite en tas, et on les brûle sur des grilles de fer placées sur des fosses destinées à recevoir les cendres. Mais, plus généralement, on fait brûler ces plantes dans une fosse, et la soude qui provient de cette combustion est partie en cendre et partie en pierre. On la nomme suivant les pays, soude , salicor , salicorne, blanquette , doucette, etc.

Soude de Languedoc, ou Salicor.

Le Languedoc fournit quatre qualités de soude, qui sont : le salicor, la soude, la blanquette et la doucette.

A. Salicor. Cette soude est la plus estimée ; elle est produite par une plante queLinnée a nommée salsola soda ; Dof°lù?US SUlt S°da’ k°bel, kali magnum, Sedi medii folii

B. Soude. Ce nom est particulièrement consacré à l’alcali que l’un extrait de plusieurs plantes qui croissent naturellement sur les plages qui avoisinent la mer. Les principales sont le salicornia fruticosa cauleerecto, et le salsola Ursula de Linnée, qu’il a aussi désigné sous le nom de chenepodium Ursutum, et que Jean Bauhin a nommé kali minus villosum et Gaspard Bauhin, kaliparvum Ursutum. Cet alcali est inférieur, ou pour mieux dire moins riche que le salicor

C. Blanquette. C’est le produit du chenopodium maritimumae Linnée, kali minus, album semi-splendente de Gaspard Bauhin et de Morisson , et kali minus foliis lucidis de Magnol.

D. La Doucette est produite par le mélange des diverses plantes que je viens de nommer. Toutes croissent sans culture, à 1 exception de celles qui produisent le salicor.

Lorsqu’on veut préparer ces diverses soudes, on arrache ces pjantes avec leurs racines, on les laisse exposées à l’air jusqu à ce qu’elles soient fanées; on les met alors en tas et on les laisse en cet état pendant environ huit jours, c’est-à- Hire jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’elles ont commencé à

Fabricant de Verre . Ç

subir un commencement de putréfaction (1). On les brûle alors dans des fosses de 1 nielre (3 pieds) de profondeur sur lm.30. (4 pieds) de largeur; au bout de deux heures on pétrit la pâte brûlante, qui est dans la fosse, avec de longues barres, pendant un quarl-d’heure ; on remet alors de nouvelles herbes à brûler, et l’on pétrit de nouveau au îiout de deux heures ; ou renouvelle enfin cette opération jusqu’à ce que la fosse soit pleine. On la recouvre alors de terre, et cinq à six jours après on la découvre, et l’on coupe ]a pierre qui remplitcette fosse en deux ou trois parties, afin de la rendre plus aisée à transporter.

ACarthagcne, Alicante, Cherbourg, etc., on obtient la soude partie en cendres et partie en pierre. Cela dépend de ce qu’en faisant sécher les plantes on les prive de leur eau de végétation ; dès lors l’alcali et les sels qu’on en obtient sont pulvérulents; lorsque ces végétaux au contraire ne sont pas secs, comme cela se pratique à Agde, Narbonne , Sales, etc., l’alcali et les sels se trouvent éprouver une sorte de fusion aqueuse avec l’eau de végétation de ces plantes. La soude, de même que la potasse obtenue parla combustion des plantes, n’est jamais pure; nous allons offrir dans un tableau les analyses qui en ont été faites par M. Chaptal et moi.

fi) MM. Vauquelin, Julio de Fontanelle, Marcorelle, Mozea» et Motet croient que !a patréfaction augmente la quantité d’alcali.

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