Soudes
Les soudes, essayées à diverses époques plus ou moins éloignées de leur fabrication, et exposées à l’air humide, donnent des résultats alcalimétriques très-variables. Cet effet est dû au sulfure de soude qu’elles contiennent, lequel se convertissant en sulfate rend le degré alcalimétrique moindre, parce que le sulfate de soude, qui a remplacé le sulfure, ne peut absorber d’acide sulfurique (1). Il est aisé de voir après cela que les soudes nouvellement fabriquées doivent donner plus de degrés alcafimétriques. Nous allons maintenant faire connaître la manière de constater le titre des soudes, d’après la méthode de Descroizilles.
On prend un décagramme de soude prise du poussier; de la croûte, de l’intérieur de la masse, et préalablement concassée. D’autre part on introduit dans une petite bouteille 9 dixièmes d’un décilitre d’eau, et on verse l’autre dixième dans un mortier de marbre pour y broyer le décagramrpe de soude pendant cinq minutes; on y ajoute ensuite deux autres dixiémes de l’eau des 9 dixièmes; au bout de quelques secondes on décante l’eau qui surnage la soude ; on broie le résidu, et on y ajoute deux autres dixièmes d’eau ; on décante de nouveau, et l’on recommence cette opération jusqu’à ce qu’on ait employé toute l’eau, avec les derniers restes de laquelle on lave soigneusement le pilon et le mortier. On agite dans une bouteille toutes les liqueurs réunies, on filtre, et l’on en prend un demi-décilitre pour faire cette opération, comme pour les potasses.
ICes opérations exigent beaucoup d’exactitude; l’on doit surtout faire attention à ce que les soudes ne soient point humides, car alors, le poids augmentant jusqu’à 40 centièmes les résultats doivent nécessairement être moindres.
(i) Lorsque les soudes des fabrique* françaises sont bien préparées, elle* no sont presque point sulfureuses, et donnent un degré alcalimétrique constant, si les essaie sont faits avec les mêmes soins et la même exactitude»
RÉSULTATS ALCAL1MÉTRIQUES
Obtenus par Descroizilles de plusieurs milliers d’essais qu’il a faits pendant plus de trente ans.
A. Potasse.
Perlasse d’Amérique, lre sorte, de 60 à 63 centièmes.
— — 2e — de 50 à 55 —
Potasse caustique en masses rougeâtres d’Amérique, lre sorte, de 60 à 63 —
Potasse en masses grises d’Amérique, 2e sorte . 50 à 55 —
Potasse blanche de Russie, de .. 52 à 58 —
— — de Danlzick, de. . 45 à 52 —
— bleue de Dantzick, de. . 45 à 52 —
Cendres de bois neuf de cheminée 8 */5 (1)
— de bois flotté . 4 2/s
Descroizilles a trouvé quelquefois des potasses à 66, des potasses d’Amérique, première sorte, à 72, d’autres à 66, etc.
B. Soudes.
Soudes factices, de . 30 à 35 centièmes.
Sel de soude cristallisé et bien
exalté . 36 —
Soude d’Alicante, de . 20 à 33 —
Natrum, de . 20 à 33 —
Soude et natrum de qualités inférieures, de . 10 à 15 —
D’après Julia de Fontenelle :
Salicor de Narbonne, de . 16 à 25 (2) cent.
Soudes de Narbonne, de . 10 à 15 —
Blanquettes, de . 6 à 9 —
Descroizilles a rencontré des morceaux de natrum à 60 et des soudes à âO. Il y a apparence que le natrum devait être dépouillé de son eau de cristallisation.
D’après cet exposé, il est aisé devoir combien la connaissance du titre des potasses et des soudes importe aux ver-
1 1 ) D’après M. Darcet.
(2) Lo degré ordinaire des bons salieors de Narbonne, Agde# etc., est de 20 degré» , ce s degrés varient suivant que leurs propriélaires y mêlent des chenopodium et autre» plantes que produisent les soudes de varech, de doucette, etc.; duos les bonnes année» les saiieorg bien purs donnent 25.
PROCÉDÉ AICAL1MÉTRIQUÈ. 7$
riers, et c’est ce qui nous détermine à présenter ici le perfectionnement introduit d’abord par M. Gay-Lussae dans le mode d’essai de Descroizilles, puis quelques autres moyens proposés depuis par divers chimistes pour faire ces essais, et enfin le procédé de MM. Will etFresenius, qui nous paraît un des plus simples et des plus complets.
Procédé alcalimé trique de Gay-Lussac.
Le procédé de Descroizilles donne directement, ainsi qu’on vient de le voir, les degrés alcalimétriques, celui de Gay- Lussac ne donne au contraire que le titre pondéral, mais ce titre pondéral se transforme aisément en degrés alcalimétriques par un calcul très-simple, ainsi qu’on va l’expliquer.
Les appareils pour faire l’essai des alcalis par le procédé Gay-Lussac, se composent d’un vase contenant un litre, fig. 63; d’une éprouvette à pied, de la capacité d’un demi-litre, fig.64; d’une pipette renfermant un vingtième de litre, fig 65; d’un vase à bords droits, à fond plat et “mince, fig. 66 ; d’une burette graduée, à tube latéral, fig. 66 Ms ; d’un agitateur, d’un tube, d’un entonnoir et de deux poids, dont l’un marqué P, sert pour les potasses, et l’autre marqué S sert pour les soudes.
On commence par préparer la liqueur d’épreuve qui se compose de ICO grammes d acide sulfurique, du poids de 1,8427 à 15° C. ou 65° B., pesés avec le plus grand soin, et 962 gram. 09 d’eau qui, après le mélange et le refroidissement à 15° C., coupent exactement un volume de 1000 centim. cubes ou 1 litre.
Avant de détailler les moyens employés pour prendre le titre des alcalis, il est utile de faire connaître comment on prépare le réactif propre à déterminer le point de saturation; pour cela il faut faire bouillir une certaine quantité de tournesol, dans environ dix fois son poids d’eau, et filtrer; on obtient une liqueur d’un bleu foncé, dont une partie est réservée dans un flacon, et dont l’autre partie est étendue sur du papier à lettre au moyen d’un pinceau. Quand ce papier est sec, on le coupe par bandes, et on le serre à l’abri de l’humidité et de la lumière.
La liqueur s’altérant rapidement, on pourra y ajouter un peu d’alcool pour la conserver plus longtemps; mais le mieux est d’en préparer peu et souvent.
Pour indiquer comment on prend le titre d’un alcali, on supposera le cas le plus simple : soit une potasse blanche; après en avoir pris un poids égal à celui qui est marquéd’un Pj on la met dans l’éprouvette, fig. 64, que l’on remplit
d’eau jusqu’aux trois quarts, puis au moyen de l’agitateur, on remue pour faciliter la dissolution. Cela étant fait, on soulève l’agitateur jusqu’au-dessus du liquide ; on verse de l’eau dessus pour le laver, puis on le retire entièrement, et l’on achève de remplir l’éprouvette jusqu’à ce que la partie la plus inférieure du liquide, qui est toujours courbe, affleure le trait circulaire. Pour bien en juger, on placera le vase horizontalement , et on l’abaissera jusqu’à ce que l’œil et les deux parties du trait se trouvent au même niveau. Il faut éviter de dépasser ce trait, car il faudrait recommencer. On peut alors y replonger l’agitateur. On mesure ensuite une portion de U dissolution alcaline dans la pipette, fig. 65, en prenant les précautions qui viennent d’être indiquées pour le niveau. Pour y parvenir, on y fait monter le liquide jusqu’audessus du trait en aspirant, on bouche l’ouvertur.e supérieure de la pipette avec l’extrémité de l’index, et on lâche lentement le liquide jusqu’à ce qu’on en ait le volume né- i ccssaire, on le verse alors dans le vase, fig. 66 ; on passe un peu d’eau dans la pipette, et on l’ajoute à la liqaeur alcaline qu’il faut colorer en bleu avec la dissolution de tournesol ; on place une baguette de verre dans ce vase, et on y verse peu à peu l’acide sulfurique, préparé comme nous l’avons dit. Cet acide est mesuré dans la burette graduée, fig. 67; elle doit en contenir jusqu’au 0° de la graduation ; on la tient de la main droite, et on agite le vase de la main gauche. Pour bien voir ce qui s’y passe, il est bon de le placer sur un morceau de papier blanc. Jusqu’à ce qu’on ait ajouté la moitié de l’acide nécessaire pour saturer toute la potasse libre que l’on essaie, la liqueur ne change pas de couleur ; mais passé cela, elle devient rouge vineux. A l’instant même où l’on a dépassé la deuxième moitié, la liqueur devient couleur de pehire-d'ogtion; mais avant d’arriver là, il faut, avec la baguette de verre, mouillée de ce liquide, faire un trait transversal sur une bande de papier de tournesol, et répéter cette opération jusqu’à ce que le papier rougisse; si, sur la fin on a versé par gouttes, on retranche les deux dernières qui ont déterminé la couleur rouge ou un quart de degré environ. Si même on avait plusieurs traits rouges, on retrancherait autant de quarts de degré. On lit le nombre sur la burette, et l’on a le titre pondéral, c’est-à-dire, que sur cent parties en poids, il existe autant de centièmes d’alcali réel que l’on a trouvé de degrés.
Avec un peu d’habitude, on parvient à déterminer facilement des cinquièmes de degré.
Il arrive souvent que, du premier coup, on dépasse la Quantité d’acide nécessaire pour saturer l’alcali ; alors oii
ESSAIS ALCALIMÊTÏUQTJSS. 75
recommence et on verse de la liqueur d’une seule fois, jusqu’à environ trois ou quatre degrés de ce que l’on juge nécessaire pour réussir d’après le premier essai. On répèle cette opération en très-peu de temps, et l’on peut recommencer jusqu’à dix fois de suite, puisque l’éprouvette contient de quoi faire dix essais.
Les sels de soude étant moins faciles à dissoudre que les sels de potasse, on peut en pulvériser une certaine quantité, peser ensuite, et dissoudre après; mais on peut expédier encore plus en dissolvant le sel au moyen de la chaleur; pour cela on se servira avantageusement de fioles de verre que l’on peut se procurer chez tous les pharmaciens : elles vont très-bien au feu, pourvu qu’on les chauffe en dessus. On met de l’eau froide jusqu’au quart de l’éprouvette, et on peut verser l’eau bouillante dessussans danger pour le vase; on rince plusieurs fois la bouteille, et l’eau est ajoutée à Ja première pour remplir l’éprouvette.
Lorsque les sels contiennent des sulfates, ils donnent de fausses appréciations. Pour évitercela,onlespèseeton les calcine ensuite avec environ un dixiéme de chlorate de potasse. La calcination peut se faire dans un vase de platine, d’argent, et même dans une capsule de porcelaine. Les hyposulfites et les sulfites sont transformés en sulfates, et Ton. peut prendre le titre comme il a été dit précédemment.
Les salùis sont quelquefois si colorés que l’on ne peut apprécier la teinte du tournesol qu’on ajoute à leur dissolution. Pour éviter cet inconvénient, on les calcine aussi avec du chlorate de potasse; la matière colorante se détruit en brûlant, et l’on agite alors comme sur une potasse.
Quand on essaie des cendres qui ne proviennent pas de plantes marines, on les pèse avec le poids marqué d’un P; on les fait bouillir avec environ un quart de litre d’eau ; on décante la liqueur que l’on verse sur un filtre placé sur la grande éprouvette. On ajoute deux pipettes d’eau sur les cendres déjà lavées, on les fait bouillir de nouveau, on décante encore, on ajoute deux autres pipettes, et l’on verse tout sur le filtre; ou on lave les cendres en y versant de l’eau jusqu’à ce qu’on ait le volume d’un demi-litre de dissolution.
Les essais doivent se faire avec de l’eau de pluie, de préférence à celle des sources. Pour les rendre aussi utiles que possible, il faudra les faire sur des échantillons provenant du mélange de toute la masse.
On a dit que pour saturer un litre d’acide normal, il faudrait 9 fi gr. 14 de potasse ou63gr. 07 desoude, mais le poids Fabricant de Verre, 7
marqué d’un P équivaut à 48 gr. 07. et celui marqué d’un S à 31 gr. 85. Ces poids ne pourraient donc saturer que ia moitié de l’acide. Mais comme ces quantités suffisent pour un essai, Gay-Lussac les amène , par la dissolution, au volume d’un demi -litre, dont il prend le dixième avec la pipette d’un vingtième de litre, volume qui correspondau degré de la burette qui représente des demi-centimètres cubes. Il est facile de voir que toutes ces quantités étant proportionnelles, ces rapports ne sont pas changés, et que l’on obtient les mêmes résultats que si l’on opérait surle double de chacune d’elles.
Pour transformer le titre pondéral de la potasse en degrés alcalimétriques, il suffira d’en diviser le nombre par la fraction 0,9614. Pour transformer ces degrés en titre pondéral, multiplier par le même nombre; pour la soude, on se servira de la fraction 0,637.
Dans l’article alcalimètre que M. Baudrimont a inséré dans le tome Ie1' du Dictionnaire de V Industrie , cet habile chimiste ajoute ce qui suit à la description du procédé Gay- Lussac :
« La potasse pure ne peut pas donner plus de 104°, 01 ; la soude peut aller jusqu’à 156°, 98.
» Le carbonate de potasse sec a pour titre pondéral 68,18, c’est-à-dire que, sur 100 parties de ce sel, il y a 68,18 d’alcali pur, et que le reste est de l’acide carbonique. Ce titre correspond à 70°, 91.
» Le carbonate de soude sec et pur contient 0,6017 de Soude, qui donnent 94°, 45.
» Le carbonate de soude cristallisé, qui contient de l’eau, renferme 0,4173 de soude, et marque 34°, 11.
» Quant aux bi-carbonates, il suffira de diviser la quantité de bases qu’ils renferment et qui expriment le titre pondéral, par les nombres qui ont été donnés pour les transformations, et on trouvera facilement leur degré alcalimétrique.
» Il importe au fabricant, non-seulement d’acheter des alcalis dont il connaît le titre, mais encore de les acheter aussi purs que possible. Dans cet état, ils doivent se dissoudre entièrement dans l’eau, mais cela ne suffit pas, car on substitue souvent la soude à la potasse, attendu qu’elle est à meilleur marché, et qu’il en faut moins pour obtenir le même degré. On les distingue par la propriété dont jouit le carbonate de potasse de se liquéfier au contact de l’air humide ; ce qui n’a pas lieu pour le carbonate de soude sec, mais on falsifie quelquefois les potasses par de la soude caustique qui attire également l’humidité de l’air. Pour reconnaître cette dernière, il faudra dissoudre une cinquantaine de grammes
du produit soupçonné dans sept à huit fois leur poids d’eau. Quand la liqueur sera bien neutre, on l’évaporera jusqu’à ce qu’elle soit réduite à la moitié de son volume ; on la placera alors dans un lieu tranquille, et par le refroidissement on obtiendra des cristaux dont l’examen suffira pour indiquer la nature des alcalis; le sulfate de potasse donne des cristaux courts en pyramides à six pans, qui ne s’altèrent point à l’air; tandis que le sulfate de soude cristallise en longs prismes striés qui s’effleurissent rapidement dans un air sec, c’est-àdire, qu’ils perdent de l’eau et qu’ils deviennent blancs et opaques.
» Le prix des potasses et des soudes est basé sur leur titre pondéral, et plus généralement encore sur leur degré alcalimétrique ; de sorte que l’on n’achète pas les matières neutres qui peuvent y être mêlées : soit le prix de 100 kilog. de sels de soude à 1 fr. du degré, celui qui marquera 50° vaudra hO fr. et celui qui en marquera 75° vaudra 75 fr. les 100 kilog. ; mais si la soude donnant du degré est entièrement carbonatée, il en faudra moins pour produire 50° que pour en donner 75°, et l’o-n aura pour rien les sels neutres qui complètent les 100 kilog. ; il y a donc de la perte pour le fabricant à livrer des alcalis à bas titre, et du bénéfice pour l’acheteur qui peut utiliser les sels neutres, qui se trouvent mêlés avec les alcalis. Les chlorures sont utiles aux savonniers. Les sulfures, dissolvant les matières colorantes des tissus, peuvent servir aux blanchisseurs; les sulfates, se décomposant très-bien par la chaleur sous l’influence de là silice, peuvent être employés par les verriers.
» Il suit encore de là, que l’on aura toujours du bénéfice à acheter des alcalis caustiques; car le poids de l’acide carbonique qui manque, est remplacé par un pareil poids de sels neutres. »
Essai des potasses du commerce a l’aide du potassimètre de M. O. Henri.
M. O. Henri, professeur agrégé à l’Ecole de pharmacie de Paris, a proposé un procédé pour l’essai des potasses du commerce, que nous reproduirons "dans la note suivante de Ce savant.
« Mon procédé, dit-il, repose sur un fait reconnu par Serullas, et vérifié depuis par tous les chimistes ; c’est la propriété que présente l 'acide oanjchlorigue (acide perchlorique) de former avec la potasse un sel complètement insoluble dans l’alcool, et de précipiter ainsi, en totalité , cette base de ses différentes combinaisons salines. La potasse combinée à
l’acide acétique, même en léger excès, et dissoute dans l’alcool à froid, d’une densité égale à 37°, se sépare entièrement quand on mélange cette liqueur avec une solution également alcoolique d’oxychlorate de soude. De plus, la soude, comme on sait, fait avec l’acide en question un sel déliquescent des plus solubles dans l’alcool à 37“. Enfin, l’alcool à 37° froid n’enlève que des quantités insignifiantes de chlorure de potassium, si commun dans les potasses du commerce, à côté des sulfate et silicate insolubles dans ce menstrue.
Pour se procurer le réactif indispensable ou l 'oxychlorate de sonde, on commence par se procurer une certaine quantité d’oxychlorate de potasse (perchlorate), par le moyen dû à Scrullas. On chauffe avec soin, dans un creuset de platine, le chlorate de potasse cristallisé. Le sel fond d’abord en un liquide transparent, puis se décompose avec une vive ébullition de gaz oxygène; le dégagement gazeux se ralentit ensuite, la matière s’épaissit, devient blanche, opaque, laiteuse, et quand on n’aperçoit plus que quelques bulles, on enlève du feu et on verse dans l’eau distillée le produit avec précaution; on réunit plusieurs opérations semblables, on ajoute en eau à peu près vingt fois le poids du sel, on fait bouillir, on filtre à travers une petite étofiTe de laine, et ou laisse refroidir en troublant la cristallisation. L’oxychlorate de potasse se dépose en petits grains blancs, brillants, qu’on recueille et qu’on fait sécher à l’étuve après un lavage à froid. Les eaux-mères concentrées légèrement en fournissent encore une petite quantité, mais déjà mêlée avec du chlorate non décomposé, et plus tard avec du chlorure de potassium.
L’oxychlorate de potasse réuni est alors réduit en poudre fine et soumis à un courant de gaz acide fluosilicique. Voici comment on opère : Dans une cornue de grès sèche, on introduit un mélange très-exact de sable fin (purifié à l’acide chlorhydrique et l’eau), 1 partie 2/3 de finale de chaux sec, 1 partie 1/à pour une partie de sel potassique. On dispose nn tube recourbé d’un diamètre assez large et très-sec, muni d’un bon bouchon qui l’unit à la cornue, on verse sur le mélange ci-dessus, de sable et de lluate, trois parties d’acide sulfurique du commerce; on adapte le tube en l’entrant convenablement et on le fait plonger de quelques millim. dans du mercure placé au fond d’une large éprouvette. L’oxychlorate de potasse, délayé dans six ou sept fois son poids d’eau pure, est versé sur le mercure, puis on chauffe progressivement. Bientôt l’acide fluosilicique se dégage; il traverse le mercure çt vient réagir sur le sel potassique pour en éliminer l’acide oxychlorique. La réaction achevée, on jette le magma sur
une toile propre, on lave à l’eau distillée le dépôt gélatiniforme, et dans les liqueurs réunies on ajoute à saturation légèrement alcaline du carbonate de soude cristallisé. Le nouveau liquide filtré est concentré avec soin au bain de sable en consistance de sirop ; c’est alors qu’on l’étend de son poids environ d’alcool à 37°, on chauffe légèrement, puis on filtre.
Cette solution alcoolique est celle d’oxychlorate de soude destinée aux essais potassimétriques , il faut seulement la titrer pour établir l’instrumenta l’aide duquel on doit opérer, et que l’auteur appelle potassimètre. La solution alcoolique d’oxychlorate de soude est titrée de telle sorte que chacun des degrés de l’instrument divisé en cent parties représente un centième de carbonate de soude pur. La disposition de cet instrument est telle que chaque degré se trouve occuper une certaine étendue, ce qui permet d’arriver sans difficulté à une erreur d’un centième et même d’un demi-centième.
Quant à la potasse , transformée d’abord en acétate, elle est dissoute ensuite dans l’alcool à 37° froid, afin de laisser intacts le sulfate de potasse et le chlorure de potassium qui s’y trouvent toujours eu proportion plus ou moins considérable.
Description du potassimètre : A B est un tube de verre d’une longueur de 60 centim. (2 pieds) environ , et d’un diamètre de k millim. (2 lignes) à peu près. En A, se trouve un entonnoir de verre soudé ou adapté à volonté, et en B, un petit robinet en cuivre, terminé par un tube capillaire; ce robinet s’ajuste au tube par un bon bouchon et avec de la cire à cacheter. Le tube A B est fixé par deux crochets au long d’une échelle inscrite par une planche, et cette échelle est divisée en cent parties égales. Le tout est supporté par un pied qui permet de placer le tube A B au-dessus du vase M, contenant le sel de potasse à essayer. Dans l’étendue comprise dans le tube A B, à partir du premier au centième degré indus (x à «), on a une liqueur d’oxychlorate sodique titré, représentant par chaque degré un centième de carbonate potassique pur (1).
(i) Ce titre s’obtient aisément. Pour cela on fait conler lentement la quantité d’alcool à 37?, contenue dans l'espace du tube A B, compris entre 0®. et 100?; on en prend ensuite le poids exactement; on pèse ensuite 10 ou 100 fois la même quantité d’alcool à 37® dans un flacon à l'émeri, et on y ajoute, soit 10 fois Ogr. 884, soit 100 fois 0,884 d'oxycblorate de soude sec; ce mélange est la liqueur cf épreuve titrée, renfermant dans l’étendue des 100? du tube, Ogr. 884 d'oxychlorate de soude sec qui ré» pondent à 1 gramme de carbonate de soude pur.
Moyen d'opérer pour faire l'essai potassimétrique.
On prend, en plusieurs points du baril de potasse à essayer, divers échantillons représentant 250 ou 300 gram., on les mélange ensuite et on les réduit en une poudre fine, aussi promptement que possible. On prélève sur cette poudre 50 grain., que l’on traite à froid par eau distillée (100 gram. ou \ décilitre) ; on filtre avec soin, et la liqueur PP’ est introduite dans une petite éprouvette graduée en cinquante parties égales :
1° On prend d’abord au moyen d’une pipette graduée 10 mesures de ce liquide (ou 5 gram. de la potasse) P P’ que l’on soumet à part à l’essai alcalimélrique, en se conformant en tous points à l’instruction de M. Gay Lussac, puis on note le degré alcalimétrique obtenu;
2“ D’autre part on prend une mesure du liquide ci-dessus, ou 1 gram. de la potasse PP’; on sature à l’aide de l'acide acétique en léger excès: on fait évaporer jusqu’à siccitéet on traite le résidu à l’aide de l’alcool à 37° froid; on filtre sans rien perdre. C’esi dans ce liquide, représentant en acétate le carbonate de potasse et même celui de soude de la potasse à examiner, qu’on ajoute goutte à goutte la solution titrée d’oxychlorate de soude , tant qu'on aperçoit ce précipité, et en l’agitant fort lentement lorsqu’on approche vers les quarante ou cinquante mesures du tube A B.
Ce nombre indique pour 1 gram. de potasse examinée des centièmes de carbonate potassique pur.
Or, connaissant d’une part, au moyen de l’essai alcalimétrique, la quantité d’acide sulfurique que sature cette potasse, on arrive aisément à savoir la proportion de carbonates de potasse et de soude mélangés.
En elfet 100 mesures de l’alcalimètre représentent :
Acide sulfurique à 66° . 5.423 ou
Acide sulfurique anhydre . 4.429
Qui équivalent à carbonate de potasse
pur anhydre . ... 7.60
a carbonate de soude pur anhydre. 5.74
On a déterminé de l’autre part, au moyen du potassimètre, la proportion réelle de carbonate de potasse de la potasse essayée sur ccnt parties.
Voyant ce que celte proportion doit prendre d’acide sulfurique réel , la différence de la quantité totale de cet acide
employé dans l’épreuve alcalimétrique , pour 100 de potasse , donnera de suite la quantité du carbonate de soude ajouté , et le double problème sera résolu, savoir: la détermination de la véritable valeur potassique et celle de la proportion du carbonate de soude ajouté.
Exemple : Soit 100 gram. de potasse de commerce , prise comme il a été dit, et donnant : 1° par l’essai alcalimétrique, un nombre de degrés qui représente: acide sulfurique réel anhydre 38 gr. 9; 2° par l’essai au potassimètre un nombre de degrés représentant : carbonate de potasse pur, S0 gr. On aura 2,89 d’acide sulfurique pour les 50 carbonate potasse pur. La différence 10 d’acide représentera : carbonate de soude pur, 13,3.
Le tableau suivant peut donner encore de nouvelles indications :
rOTASSE
du commerce.