Potasse
Lorsqu’on veut reconnaître la force alcaline des potasses, ou mieux la quantité d’alcali qu’elles contiennent (2), on en prend, sur la masse, divers échantillons qu’on mêle ensemble; on en pèse ensuite bien exactement 10 gram. qu’on met dans un verre, el l’on y verse ensuite les quatre cinquièmes d’un demi-décilitre d’eau ; on agite avec un cylindre de verre plein pour favoriser la solution de la potasse: quand elle est parfaite, on la verse dans une petite mesure d’étain , d’un demi-décilitre de contenance, on finit de le remplir avec de l’eau, on la verse de nouveau dans le verre , et l’on y ajoute un nouveau décilitre d’eau pure ; on agite de temps en temps, on laisse déposer la liqueur; quand elle est claire
ti) Descroizilles a disposé sur ce tube d'autres échelles pour reconnaître les. démodé force des chlorures, des vinaigres et des eaux-de-vie ; ce nouveau tube porte le nom de Polymètre chimique»
(a) Je dis alcali, en comprenant sous ce nom les carbonates de ces alcalis, à caîlsg leur solubilité et. de leur facile décempositioa un Eojen de la eitawt*
on la décante, et on remplit la petite mesure d’étain, que l’on verse aussitôt dans un verre. Ces dispositions faites, on dispose autour d’une assiette plusieurs gouttes de sirop de violettes, et l’on remplit le tube alcalimétrique de liqueur d’épreuve jusqu’au point o; on fait alors tomber, à gouttes précipitées ou à très-petit filet, de la liqueur de ce tube dans la liqueur alcaline claire que l’on a versée dans le verre, en ayant soin d’agiter constamment la liqueur alcaline avec un tube de verre, tant que dure l’effervescence. De temps en temps on porte, au moyen d’une allumette, un peu de cette liqueur alcaline sur une des gouttes du sirop de violettes (1 ) : s’il verdit, c’est une preuve que tout l’alcali n’est pas saturé; on ajoute peu à peu de la liqueur d’épreuve dans la liqueur alcaline jusqu'à ce que celle-ci lui communique une faible teinte rougeâtre.
On s’arrête alors, et l’on examine à quel point de l’échelle la liqueur acide est descendue, et l’on en compte un degré de moins pour compenser l’excès de saturation. Le degré ordinaire des potasses du commerce est 55, c’est-à-dire qu’elles absorbent et neutralisent les 55 centièmes de leur poids d’acide sulfurique pour passer à l’état de sulfate. Au-delà de ce point elles sont fortes; elles sont faibles si elles marquent moins. Il est aisé pour lors de connaître les degrés de force ou de faiblesse.
Dans cette opération, aussi simple qu’utile, chaque fois qu’on verse de la liqueur d’épreuve dans la liqueur alcaline, il se produit une effervescence qui est due au dégagement de l’acide carbonique du sous-carbonate de potasse qui cède cet alcali à l’acide sulfurique avec lequel il s’unit. Tous ceux qui se livrent à l’étude de la chimie savent que les acides rougissent la plupart des couleurs bleues végétales, et que les alcalis les verdissent : or, toutes les fois qu’on touche le sirop de violettes avec la liqueur alcaline, et que ce sirop verdit, c’est une preuve qu’il y a de la potasse libre dans la liqueur; lorsqu’au contraire, le sirop de violettes commence à rougir, c’est un indice certain que tout l’alcali a été saturé, et qu’il y a dans la liqueur de l’acide libre. Pour que la saturation de la liqueur alcaline, par la liqueur acide ou d’épreuve, soit exacte, il faut qu’elle ne change nullement le sirop de violettes. Dans le cas qu’on fût dépourvu de ce sirop, on pourrait y suppléer en trempant dans la liqueur alcaline du panier de tournesol ; le sirop de violettes est cependant préférable.
(i) C’est ordinairement lorsqu'on n versé de la liqueur jusqu’à ce que son niveau, toit au poiut 40, qmj l'on commencç d’essayer au moyen du sirop do violettes»
ESSAIS ALCALIMÉTiUQUES. 60
2. Potasses dures, Nalrum, Cendres gravelées, et autres Alcalis en masses dures.
Ce procédé est le même que le précédent, avec cette seule différence qu’au lieu de prendre un décagramme en masse, on le prend en poudre fine.