DEGRÉS CARBONATE
alcalimétriq.
dépotasse.
alcalimétriq.
de potasse.
alcalimétriq.
de potasse.
1 repr
25 repr
49 repr.
Lorsqu’en opérant sur 5,0 gram. d’alcali dont le titre a été reconnu de 60° par exemple, on a trouvé 8 centièmes de soude, on saura, parla table n° 1, combien cette quantité représentera de chlorure, de sulfate ou de carbonate. En regard des 8 centièmes trouvés, on voit que ces 8 centièmes de soude font 12°, 55 de l’alcalimètre et proviennent de 13,66 de carbonate de soude, ou de 15,01 de chlorure de sodium, ou de 18,25 de sulfate de soude, ce qui indique que la matière essayée contient cette proportion de l’un ou de l’autre de ces sels dans 100 parties. Pour l’application aux alcalis titrants, dès qu’on a appris que 3 centièmes de soude donnent 12°, 55 en retranchant 12°, 5 des 60° trouvés, on a 47°, 5 seulement dus à la potasse. La table n° 2 montre que ces ft7°,5 peuvent être produits par 66,99 de carbonate de po-
application des alcalis; 97
tasse; en effet 47° représentent 66,29 de carbonate de potasse et les 5 dixièmes de degré, 0,705. L’addition de 66,25 et 0,705 donne bien 66,995.
Si l’on reut consulter les tables lorsque l’essai natrométrique a été pratiqué sur des lessives , sur 50 centimètres cubes de liqueur, on doit auparavant multiplier par dix la quantité de soude trouvée, car le degré alcalimétrique se rapporte à 100 parties de matières, et l’essai n’a été fait que sur le dixième de la quantité à employer pour que le Hatromètre indique des centièmes.
application des alcalis a la fabrication do verre.
Tout le monde sait que le verre est dû à la combinaison de la potasse et de la soude avec la silice et la chaux ; nous ne remonterons ni à l’origine de cet art, ni aux diverses hypothèses qu’on a émises à ce sujet; nous nous bornerons à dire que, quoiqu’il fût déjà très-avancé chez les Egyptiens, il a reçu cependant de nos jours le plus haut degré de perfection, si on le compare du moins à ce qu’il était du temps de Néri, de Kunkel, de Pott, etc. Les chimistes modernes s’accordent à regarder le verre et les cristaux comme des silicates alcalins et métalliques, suivant qu’on y a ajouté des oxydes de cette dernière nature. En parlant de la potasse et de la soude, nous avons passé sous silence quelques détails intéressants que nous allons rappeler ici ;
1° La potasse du commerce contient plus ou moins d’hydrochlorate et de sulfate de potasse. Il est vrai qu’on la dépouille d’une grande partie, en suivant la méthode que nous avons conseillée, de lessiver les cendres à froid, et jamais à chaud, comme le pratiquent quelques fabricants. Par ce moyen, comme ces sels sont plus ou moins solubles dans l’eau que le sous-carbonate de potasse, il ne s’en dissout que fort peu. Si l’on a le soin de faire reposer ensuite la liqueur pendant quelques jours, quand elle est réduite au-dessous du tiers de son volume, par l’évaporation, à raison de cette solubilité moindre de ces deux sels, il en résulte qu’ils se séparent en grande partie de la liqueur sous forme de cristaux.
Mais comme il arrive souvent que l’on ajoute des matières terreuses à la potasse, les verriers dissolvent cet alcali pour l’en dépouiller. A cet effet, M. Bastenaire conseille, tant pour les débarrasser de cette terre que des sulfate et hydrochlorate de potasse, de faire dissoudre cet alcali dans de l’eau chauffée de 60 à 70 degrés. Nous blâmons fortement cette méthode, à cause que les deux sels précités sont beaucoup plus solubles dans l’eau chaude que dans i’eau froide i Fabricant de Verre. 9
MM. les fabricants doivent donc faire cette solation à froid, et épuiser le résidu jusqu’à ce que l’eau reste claire et ne ramène point au bleu le papier de tournesol rougi par un acide.
2» Il parait que l’emploi de la soude, pour la fabrication du verre, a précédé celui de la potasse; comme de pareilles recherches, pour établir cette priorité, ne contribueraient en rien aux progrès de cet art, nous nous bornerons à dire que les Phéniciens faisaient leur verre avec la soude, et qu’au rapport de plusieurs écrivains, ce peuple, chez |lequel les arts étaient tant en honneur, fabriquait une belle verrerie, il y a plus de trois mille ans, ce qui prouve qu’il connaissait aussi l’art d’extraire la soude des cendres des plantes marines. Nous avons fait connaître la manière d’obtenir la soude de ces plantes, ainsi que celle, dite artificielle , par la décomposition du sel marin. Nous allons donc nous livrer à quelques réflexions sur son emploi dans la verrerie.
3° La soude brute ne saurait être employée que pour la verrerie commune, attendu qu’elle donne au verre une teinte verdâtre plus ou moins intense qui paraît due à un sulfure de fer. L’emploi de la soude brute offre, comme le disent les fabricants, plus de marge, parce que le sous-carbonate de chaux qui s’y trouve réuni au charbon, décomposant le sulfate de soude, le transforme en sulfure de chaux, dès lors la soude devenue libre se vitrifie avec la silice. Cependant, lorsqu’on veut obtenir du beau verre, on lessive la soude brute, et l’on fait cristalliser. Par ce moyen, on peut la dépouiller d’une grande partie de l’hydrochlorate de soude (chlorure de sodium ou sel marin), mais non du sulfate de cet alcali, qui est si soluble dans l’eau, qu’il retient plus de la moitié de son poids d’eau de cristallisation.
4° Comme pour la belle verrerie on n’emploie point la soude brute, il est bon de faire connaître les moyens propres à en extraire ces sels. On commence à casser les soudes brutes avec un gros marteau et à les réduire en morceaux de la grosseur d’un œuf; on les passe ensuite à la meule pour les réduire en poudre fine. Nous conseillons pour cela de faire construire la double meule qui est employée pour l’extraction des huiles des graines oléagineuses, et que nous avons décrite dans la Bibliothèque Physico-Economique et dans le Manuel du fabricant des Huiles, de l’ E ncyclopédie-Roret. Ce moulin se compose de deux meules verticales de pierre dure, fig. 25, d’un diamètre d’environ 2m.30 (7 pieds), et de 49 à 54 centim. (18 à 20 pouces) d’épaisseur. L’axe de ces seules est fixé à un châssis qui embrasse un axe vertical