TROISIÈME SECTION
OXTDES MÉTALLIQUES,
'ACIDES ET SELS SERVANT A LA CONFECTION DES VERRES, CRIS¬ TAUX, STRASS ET PIERRES PRECIEUSES, AINSI Qu’a LEUR CO- XORATtON.
Nous allons examiner ces oxydes dans leur ordre alphabétique.
DEUTOXYDE D’ARSENIC.
Ce deutoxyde est connu de temps immémorial sous les noms d 'arsenic, arsenic blanc , mort-aux rats , etc. Le plus grand nombre des chimistes le considèrent comme un oxyde, et d’autres comme un acide, auquel ils ont donné le nom $ acide arsénieux, Quoi qu’il en soit, en le trouye dans la
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oudre blanche, soit en cristaux transparents, octaédriques, diversement colorés. La plus grande partie de celui qu’on trouve dans le commerce provient de la calcination et de la sublimation des mines de cobalt. Cet oxyde est souvent incolore, et d’autres fois il a une nuance dorée, avec des filets en couches rougeâtres ou jaunâtres; réduit en poudre, il est toujours d’un très-beau blanc. Son poids spécifique est de 3,699. Jeté sur les charbons ardents, il se sublime en une fumée blanche, répandant une odeur d’ail très-forte, qui est un des signes caractéristiques de ce métal et de ses oxydes. Si l’on expose une plaque de cuivre à cette fumée ou vapeur arsenicale, elle blanchit de suite.
Le deutoxyde d’arsenic est inodore, sa saveur est âcre, avec un arrière-goût douceâtre ; il est réductible par la pile, inaltérable à l’air, et soluble dans ûOO parties d’eau froide ou 15 d’eau bouillante : aussi cette dernière solution donne, par le refroidissement, des cristaux tétraédriques bien marqués.
L’arsenic, ses oxydes, son acide et ses sels, sont de violents poisons. Heureusement que nous avons d’excellents réactifs pour le reconnaître, car, indépendamment de sa volatilité et de l’odeur d’ail que cette vapeur répand, l’acide bydrosulfurique (gaz hydrogène sulfuré) produit dans la solution d’arsenic un préepité jaune doré, qui est un sulfure ;de ce métal; son action est même telle, qu’il peut rendre sensible dans une liqueur 0,00001, de cette substance.
Nous ne parlerons ici que de l’application de l’arsenic à la fabrication du verre. Il paraît qu’on ignore absolument quel est le rôle qu’il joue dans la vitrification, quoique les verriers l’emploient pour purifier, ou, comme ils disent, pour purger les verres de première qualité ou destinés à la confection d’objets de haute valeur.
M. Bastenaire explique son action dépurante par sa volatilité. Il ajoute qu’en se vaporisant il entraîne avec lui toutes les fuliginosités ou corps étrangers qui pourraient apporter des couleurs dans le verre. Il procure, dit-il, un bouillonnement qui renouvelle les surfaces au contact de la flamme, et par là contribue à l’achèvement de l’oxydation des substances métalliques, dans le cas où les oxydes ne seraient pas assez chargés d’oxygène, ce qui arrive souvent. Nous croyons que cette théorie n’est qu’une hypothèse invraisemblable ; et nous pensons que l’oxyde d’arsenic exerce une action chimique sur ces matières colorantes, et se combine avec elles ; nous sommes d’autant plus porté à adopter cette opinion, qu’il est généralement reconnu :
1° Çue si l’on ajoute aux mélanges des matières vitrifiables un peu trop de deutoxyde d’arsenic, le verre que l’on obtient est opaque;
2° Que ces verres, ainsi fabriqués, attirent l'humidité de l’air, comme l’on peut l’observer pour certains verres d’Allemagne ;
3° Enfin, parce qu’il est reconnu qu’il agit comme fondant. Relativement à cette propriété, M. Bastenaire, considérant ses propriétés vénéneuses, conseille d’y substituer le minium qui est également un poison : la potasse ou la soude sont également préférables.
Quant aux dangers que ce fabricant semble craindre, lorsque l’arsenic entre dans la composition du verre au-delà de •Qi à 1?2 pour cent, nous croyons fortement qu’il ne doit inspirer aucun danger, lorsque la vitrification est complète et que le verre est très-blanc et très-transparent.