OXYDE D’ANTIMOINE
L’antimoine est susceptible de former trois oxydes avec l’oxygène :
1° Le protoxyde , qui est d’un blanc sale et fusible, en un liquide jaunâtre qui exhale des vapeurs épaisses. On l’obtient en chauffant l’antimoine dans un creuset surmonté de plusieurs autres, en laissant entre le premier et celui où se fait l’opération une petite ouverture pour tenir le métal en contact avec l’air. Cet oxyde est connu en médecine sous le nom de fleurs argentines d'antimoine.
2° Le deutoxyde est blanc, insoluble, irréductible par le feu, fusible en jaune. On l’obtient en calcinant le sous-nitrate d’antimoine.
3° Le tritoxyde est de couleur jaune ; quelques chimistes le regardent comme un acide qu’ils appellent antimonigve. On l’obtient en décomposant par le calorique un mélange de six parties de nitrate de potasse (sel de nitre) et une de régule d’antimoine en poudre. On lave la masse et on la traite par un acide qui s’empare de la potasse.
Ces divers oxydes, et principalement celui qui est connu sous le nom d’antimoine diaphonique, sont employés pour donner aux verres une couleur jaune ; ilsserventà remplacer le chlorure d’argent dont le prix est trop élevé.
Il est bon cependant de faire observer que lorsqu’on veut obtenir une belle couleur jaune, fixe au feu, on doit ajouter à cet oxyde d’antimoine de une à deux parties en poids de minium, qu’on mêle et qu’on introduit dans un creuset auquel on donne un coup de feu léger et soutenu pendanttrois