‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 45 sur 127 · PEROXYDE UE MAN8AWÈSÏ · texte numérisé non relu

PEROXYDE UE MAN8AWÈSÏ

être employé (vu sa quantité) à la décoloration , il en reste d'uni avec la base , et de là la couleur violette , parce que l’oxyde de manganèse ne peut entrer en fusion tant qu’il se trouve en présence de l’oxygène. 11 faut, pour l’en priver, le mettre en contact avec un corps pour lequel l’oxygène ait plus d’affinité qu’avec le métal ; alors la couleur violette disparaîtra sur-le-champ. Le charbon remplit très-bien cet objet. »

Nous avouons qu’il nous est impossible d’expliquer les contradictions qui existent dans ce passage de M. Bastenaire, et nous ne concevons pas comment l'oxyde de manganèse ne donne de couleur à la niasse qu’ autant que son oxygène est séparé de sa base, tandis qu’il avance plus bas un fait contraire , quand il dit que lorsqu’il y a excès d’oxyde il reste d’oxygèue uni avec la base , et delà la couleur violette, parce que, dit-il, l’oxyde de manganèse ne peut entrer en fusion tant qu’il se trouve en présence de l’oxygène. 11 est évident , d’après cette citation, que l’oxygène serait en même temps le principe colorant et l’agent décolorant, ce qui est impossible. Il est plus naturel de croire que si le peroxyde de manganèse est désoxydé par les matières charbonneuses , l’excès d’oxyde que l’on peut avoir employé , ne se trouvant en présence d’aucun corps combustible qui ait plus d’affinité avec l’oxygène que sa base métallique , n’éprouve d’autre effet que celui de passer à l’état de deutoxyde en s’unissant avec la silice pour former un silicate de manganèse tel qu’on le trouve dans la nature, et qui est d’un rouge brun tirant sur le violet, lequel, en se disséminant dans la masse fondue, lui communique sa couleur. Il est donc certain qu’en y ajoutant du charbon en poudre, le combustible s’emparera de l’oxygène de l’oxyde, passera à l’état d’acide carbonique, et le métal réduit entrera en fusion dans la masse vitreuse. Dans quelques fabriques, on y ajoute du soufre; alors il se convertit en acide sulfureux. D’autres fabricants recourent aux oxydes d’étain et d’arsenic. Ces substances forment alors des composés nouveaux , etc.

Nous admettons, avec M. Bastenaire, que c’est à la désoxygénation de l’oxyde de manganèse, dont l’oxygène détruit la partie colorante du verre , que cette décoloration est due. Si l’action du carbone, du soufre, etc., sur le verre coloré par cet oxyde, ne suffisait pas pour le démontrer, nous dirions qu’il suffit de rendre l’oxygène au métal réduit pour rendre au verre décoloré sa couleur violette. En effet , il ne faut que projeter la plus petite quantité de nitrate de potasse (sel de nitre) dans le creuset pour opérer cet effet. Dans ce

cas , l’acide nitrique du nitrate de potasse est décomposé, et une partie de son oxygène se porte sur le manganèse qui s’oxyde, et forme un silicate violet avec la silice, tandis que l’autre se dégage à l’état de deutoxyde d’azote. Voilà pourquoi les fabricants ne doivent jamais employer le salpêtre ou le sel de nitre au lieu de potasse dans les verres où l’on aura ajouté de l’oxyde de manganèse.

Il arrive parfois que, lorsque les creusets sont, comme on dit , sur la fin , le verre prend une teinte violette ; c’est alors le moment d’y projeter le charbon.

On doit choisir, autant que possible , le manganèse le plus pur, tel que celui qui est en cristaux. Mais comme c’est le plus rare, on se sert de celui qui est compacte ou terreux. On enlève soigneusement les substances étrangères qu’il peut contenir, on le calcine ensuite dans un creuset jusqu’à ce qu’il ait pris une couleur d’un noir terne; on le réduit ensuite plus facilement en poudre; on le passe au tamis, et on le conserve dans des barriques.

oxyde d’or.

On connaît deux oxydes d’or, qui sont le protoxyde et le deutoxyde.

1° Protoxyde d'or. Berzélius a annoncé l’existence de ce protoxyde qui , suivant lui , reste combiné avec l’acide hydrochlorique , quand on fait évaporer la dissolution de l’or à siccité , et qu’on chauffe ce sel jusqu’à ce qu’il ne dégage plus de chlore. Cet oxyde contient

Or . 96.15

Oxygène. . 5.87

2° Deutoxyde d'or. Il est brun à l’état de siccité ; à celui d’hydrate , il est jaune rougeâtre ; il est insoluble dans l’eau, et réductible par le calorique. Cet oxyde s’unit difficilement aux acides, et semble jouer lui-même le rôle d’acide avec les alcalis. Il s’unit par la fusion aux terres vitrifiables, aux émaux, etc., et les colore en violet , en pourpre , en rouge de rubis et en jaune de topaze , suivant la manière de le préparer et le degré de feu que l’on emploie. Il paraît que dans la couleur topaze , le métal est totalement réduit.

On prépare cet oxyde en précipitant l’hydrochlorate d’or par la magnésie en excès, en lavant le précipité avec l’acide nitrique affaibli , afin d’en séparer la magnésie , layant ensuite à

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