‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 44 sur 127 · PEROXYDE DE MANGANÈSE · texte numérisé non relu

PEROXYDE DE MANGANÈSE

Cet oxyde se trouve fréquemment dans les terrains primitifs , et les intermédiaires , tant dans les dépôts qui se rattachent à YeupJiotide que dans les roches arénacées ou schisteuses. Dans plusieurs endroits , il repose sur le granit ou les roches anciennes ; mais, comme il est recouvert de matières argileuses et quartzeuses , il est difficile de déterminer à quel âge il appartient. Ce peroxyde se trouve dans la nature sous divers états :

1° En cristaux qui dérivent d’un prisme rhomboïdal droit de 100° et 80°; ils ont l’aspect métallique et donnent une poudre noire. Ces prismes sont très-souvent modifiés sur les arêtes latérales, ayant parfois des sommets dièdres ou tétraèdres.

2° Mamelonné , stalactitique , bacillaire , fibreux , à fibres divergentes ou entrelacées , compacte , etc.

3° Terreux , en masses informes, d’un brun noirâtre; il est terne, peu consistant, réductible par l’électricité , et passant, à une haute température, à l’état de deutoxyde. Mis en contact avec l’eau oxygénée concentrée , il en opère de suite la désoxygénation avec un dégagement considérable de calorique. Si cette eau ne contient que neuf fois son volume d’oxygène, l’action est encore assez vive. Ces propriétés sont communes à toutes les variétés de ce peroxyde. Je dois ajouter que j’en ai trouvé une variété dans les Pyrénées, que M. Bouis, qui l’y a également rencontrée, a analysée; elle contient :

Peroxyde de manganèse . 47.82

Hydrate de manganèse . 50

Deutoxyde de fer . S

Matière siliceuse . 17

Acide fluorique . 0.75

Chaux, quantité indéterminée.

Fabricant de Verre.

Tout porte â croire que la chaux saturait l’acide fluorique. Nous avons cru devoir signaler cette variété , parce que nous la croyons peu propre au blanchiment du verre.

Nous ne nous occuperons ici que de l’application du manganèse à la verrerie. Cet oxyde joue un rôle principal dans cette fabrication. Il est considéré , avec juste raison, comme le meilleur agent que l’on puisse employer pour purger le verre qui a contracté par la fusion une mauvaise teinte due à la présence d’un corps étranger : c’est pour cela que, dans les fabriques , on l’appelle savon des verriers. En effet, par ce moyen , le verre perd sa couleur et devient plus ou moins blatte, suivant la dose qu’on en emploie; mais si cette dose est trop forte , il imprime au verre une couleur violette. Aussi emploie-t-on celte méthode pour donner diverses teintes de violet plus ou moins riches à certains verres , et notamment aux pierres précieuses. Si l’on ajoute à cet oxyde du précipité pourpre de Cassius, on obtient une belle couleur rouge de grenat. Si ce précipité contient un léger excès d’étain, la couleur violette est très-brillante et très-riche ; enfin, elle tend d’autant plus au rose pourpre que le précipité confient moins d’étain.

C’est principalement vers la fin du travail des fontes que les verriers y introduisent le manganèse, parce qu’alors, dit M. Bastenaire, quelques matières charbonneuses peuvent s’y être introduites par les manipulations que le verre a subies. Voici comment on opère : Aussitôt que les ouvriers aperçoivent la teinte jaune que la matière en fusion a contractée , Ils y jettent suffisante quantité de peroxyde de manganèse en poudre fine qui la fait disparaître complètement. Mais , si l’on a employé un excès de manganèse , la fonte prend une couleur violette que l’on détruit en y ajoutant du charbon en poudre. On voit qu'il existe ici une réciprocité décolorante, puisqu’il est bien démontré que si le manganèse enlève les couleurs produites par les matières charbonneuses, le charbon , à son tour, enlève la teinte violette que ce peroxyde communique au verre. Voici la manière dont M. Bastenaire explique cette double décoloration :

« L’oxyde du manganèse ne donne de couleur à la masse qu’autant que son oxygène est séparé de sa base ; il arrive que , lorsqu’on introduit l’oxyde en petite quantité dans le verre en fusion, tout son oxygène peut suffire à la décomposition de la couleur, de sorte que la base , n’étant pas unie à l’oxygène, entre en fusion avec les parties vitrifiables et en devient partie constituante. Mais si l’oxyde de manganèse est ça excès il arrive que tout l’oxygène de l’oxyde ne pouvant

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