‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 75 sur 127 · PRÉPARATION DES TERRES · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DES TERRES

Nous avons déjà dit à l’article Argiles que les meilleures argiles pour faire les creusets étaient celles d’ Abondant, de Forges, üeTournai, de Saint-Yriex -la- Perche, et celle de Salavas (Ardèche), que Cliaptal a recommandée pour les pots de verreries, etc. ; en un mot, qu’on devait choisir les plus réfractaires, c’est-à-dire celles où la silice ne prédomine point, parce qu’elles sont alors fusibles en émail, tandis que, lorsque l’alumine est dans de plus grandes proportions, on obtient une espèce de porcelaine au lieu d’une matière vitreuse (1). On doit aussi choisir les argiles qui contiennent le moins de chaux et d’oxyde de fer, par les raisons que nous avons déjà déduites. Nous renvoyons aux analyses que nous avons données des argiles précitées, afin de pouvoir se former une idée de leurs constituants pour les comparer avec celles qu’on se propose ou qu’on vient d’analyser. D’après les résultats obtenus, on ajoute de la silice ou du ciment à celles qui n’en contiennent pas assez.

Lorsque l’argile est extraite du sein de la terre, on la met à sécher sous des hangars pendant quelques mois; elle perd alors de 10 à 15 pour cent de son poids, suivant qu’elle est plus' ou moins molle. On procède ensuite à l’épluchage. Cette opération consiste à l’émietter au moyen d’un petit marteau, et à en séparer toutes les substances étrangères visibles, qui sont le plus souvent des matières charbonneuses, des oxydes rouge ou jaune de fer, des pyrites ferrugineuses, de petits amas de sable, en gros grains, des substances végétales, etc. Si la Quantité de pyrites ne peut être séparée à la main, ce qui arrive presque toujours, on délaie l’argile dans l’eau, et on la passe à travers un tamis sur lequel restent les pyrites. On laisse reposer ensuite le coulis, on décante l’eau peu à peu jusqu’à ce que ce coulis offre une pâte ferme par

(j) Il est une règle constante, c’est que plus il faut d'alcali pour vitrifier une argile, plus elle est réfractaire. Ainsi, lorsqu’on veut essayer comparativement deux argiles, on y met la même dose d’alcali, et ou les soumet à la même température pendant un temps égal ; la meilleure est celle qui offre le moins de traces de fusibilité. On doit surtout rejeter les argiles qui entrent en fuàon sans alcali; elles doivent celte propriété à la chaux et à l'oxyde de fer ; c’est pour cette raison que l’on doit rejeter les argilej chargées de chaux ou d’oxyde de fer.

§on mélange avec le sable ou le ciment qu’on doit y ajouter. Loysel conseille de verser une ou plusieurs mesures de coulis idans une caisse de bois d’environ 2m.50 (7 pieds 1?2) de Ion- | gueur, sur un tiers de largeur; on l’étend sur le fond de la caisse, l’on répand le ciment ou le sable sur la couche de coulis, et le mélange s’en fait avec les pieds, en le retournant souvent avec des pelles de bois, jusqu’à ce que la pâte soit, devenue complètement homogène.

Lorsque l’argile ne contient point de pyrites, on la mêle avec le ciment des deux manières suivantes :

A. On place l’argile sèche et bien épluchée dans une caisse d’environ 50 centim. (1 pied 1?2) de profondeur; on la recouvre ensuite d’eau pure. Au bout de douze à quinze heures, on laisse égouter l’eau surabondante à la pâte ; on place celle-ci dans une caisse à marcher ; on étend le sable ou le ciment par-dessus, et l’on mélange bien le tout par le piétinement.

B. La méthode que nous allons rapporter nous paraît préférable. Elle consiste à broyer l’argile bien sèche sous une meule, à la passer au tamis, à la mêler avec le sable et le ciment également tamisés, et à en faire une pâte consistante âu moyen de l’eau. Par ce moyen on en sépare tous les corps étrangers trop petits pour n’avoir pas échappé à l’épluchage ; on accélère aussi celle du mélange avec les pieds.

Pour que cette pâte ait la consistance convenable pour la fabrication des creusets, une balle de plomb, pesant 125 j gram., ne doit pas tomber de moins de 1 m.75 (5 pieds 5 pouces), ni de plus de 2m.20 à 2m.35 (6 pieds 8 pouces à 7 pieds j 1 pouce) de hauteur pour s’y enfoncer de tout son dia- • mètre.

Les verriers essaient les terres pour les creusets de la manière suivante :

• Ils en font des cylindres de 25 centim. (9 pouces) de longueur et de 3 centim. (13 lignes) d’épaisseur, qu’ils polissent bien sur leurs surfaces, au moyen d’une grosse lime ou du grès en poudre, après qu’on les a préalablement séchés à une température de 35 degrés. Après cela, on les place dans l’arche et successivement dans l’intérieur du fourneau, en faisant reposer les deux extrémités de chacun sur deux petites briques ayant 9 à 10 centim. (3 pouces à 3 pouces 9 lignes) d’élévation, et éloignées l’une de l’autre d’environ 18 à 19 centim. (6 pouces 8 lignes à 7 pouces). Lorsque ces cylindres ou bâtons ont resté dans cet état pendant plusieurs fontes sans se courber dans le milieu, sans offrir une espèce d’émail à la surface, enfin qu’ils résistent sans se casser à un

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