PRÉPARATION DES TERRES» 1S
poids de 20 kilog., et que lorsqu’on les casse, cette cassure n’est nullement vitreuse, on est bien certain alors d’avoir une excellente terre pour les creusets. Lorsque cette terre réunit toutes ces conditions, mais qu’elle offre une cassure un peu vitreuse ou une surface émaillée, on doit y ajouter un peu plus d’alumine ou du ciment d’argile.
Nous avons déjà dit que le ciment pouvait être du sable siliceux ou de l’argile de briques réfractaires cuites à un grand coup de feu, qu’on passe ensuite à la meule verticale, fig. lre, et que l’on tamise. Nous ajoutons ici que quelques fabricants font servir à cet usage les vieux pots ou creusets en se contentant de les passer également à la meule et de les tamiser. Nous n’hésiterons point a proscrire ce ciment à cause qu’il est imprégné et revêtu à l’intérieur de matières vitreuses qui en augmentent la fusibilité. L’expérience a démontré que chaque espèce de terre à creuset exige des proportions différentes de ciment, et qu’elles sont d’autant plus ] fortes que la terre est plus alumineuse. Cela tient, sans doute, aux éclats et aux fentes que produit la vapeur de l’eau, , qui se dégage de l’argile à une très-haute température avec une sorte d’explosion produite par la difficulté qu’elle éprouve à vaincre la cohésion des molécules argileuses. Ce ciment, bien mélangé avec ces terres, diminue cette force de cohésion, s’interpose entre leurs molécules, et livre plus facilement passage à la vapeur aqueuse. 11 faut cependant que le ciment soit en poudre très-fine, afin de ne pas trop écarter les 'molécules argileuses, ce qui aurait nécessairement lieu s’il était trop gros.
Pour reconnaître la ténacité des terres qu’on emploie, Loysel conseille de fixer sur une table, par une de ses extrémités, un cylindre ainsi séché; on adapte à l’autre une coupe de balances : pour que cette ténacité soit celle qu’exige la I fabrication des creusets, il faut que ce cylindre ne rompe qu’au moyen d’un poids égal à 1837 gram. S’il faut y ajouter un poids plus fort, c’est une preuve que le ciment est en ( trop petite quantité. Dès lors on doit y en ajouter, sinon la | trop forte cohésion de la terre rendrait les creusets difficiles à sécher, et cassants au moindre changement de température, à plus forte raison dès qu’ils commenceraient à éprouver celle du fourneau de fusion.
Il est bon d’ajouter que les proporlions de ciment doivent augmenter d’autant plus que la grandeur des creusets diminue ; celles de 1 837 gram. sont relies qu’il faut pour les creusets de 90 centim. (2 pieds 9 pouces) de hauteur sur autant de diamètre. Quant à l’épaisseur des creusets, elle devra être
Fabricant da Verre, l S
de 16 centim. (6 pouces), lorsqu’on aura employé une terre
contenant ;
Argile brute . 50
Argile cuite au ciment . 15
Il est à remarquer, dit M. Bastenaire-Daudeuart, que plus la ténacité de la terre est grande, et moins il faut d’épaisseur aux pots de verrerie. En conséquence, ajoute-t-il, une terre, dont il faudrait 1900 gram. pour rompre un des bâtons argileux précités, serait propre à faire: 1° des creusets de 22 centim. (8 pouces) de diamètre, autant de hauteur, et 11 millim. (5 lignes) d’épaisseur; 2° des creusets de 40 centim. (1 pied 3 pouces) de diamètre sur autant de hauteur, et 32 millim. (14 lignes) d’épaisseur. Il en est de même pour les creusets de :
Diamètre.
5 décim. .
6 décim. .
8 décim. .
Hauteur.
. 5 décim.
. 6 décim.
. 8 décim.
Epaisseur.
. . 54 millim.
. . 12 centim.
D’après cet exposé, l’on pourra calculer l’épaisseur à donner aux creusets, d’après la ténacité des terres, en n’oubliant jamais que plus l’on est obligé d’ajouter de ciment, plus on doit accroître leur épaisseur.
FAEÇICATION DES CREUSETS.
La fabrication des creusets exige des soins pénibles et minutieux ; mais comme c’est en grande partie sur leur bonté que repose la prospérité d’une verrerie, le fabricant ne saurait être trop attentif à leur confection. Nous allons tracer les préceptes qu’on doit suivre.
Après avoir préparé une terre très-réfractaire, on se livre à leur fabrication.
Voici les deux manières les plus usitées :
1» L’on a un moule en bois dont la surface intérieure sert à mouler celle du creuset qui est extérieure, et l’on applique dans l’intérieur une toile fine mouillée, qu’on unit bien sur toutes les parois. Tout étant ainsi disposé, l’on prépare des colombins de terre à creuset (1) qui doit avoir une consistance ferme; on les aplatit d’un côté, et on les applique de ce même côté sur la toile, les uns sur les autres, en commençant par le milieu du fond, les pressant les uns contre les autres et contre les parois du moule, enfin en les pétrissant ensemble de manière à présenter une surface continue :
(i) Ces Colombie» ce doivent avoir que la moitié de l'épaisseur des creusets.