FABRICATION DES CREUSETS
l’on opère de même jusqu’à ce que l’on soit parvenu à l’extrémité supérieure du moule. On laisse le tout en repos pen. dant quelques jours ; on le bat ensuite avec une molette de marbre ou de verre un peu convexe, deux fois par jour, pendant environ deux mois, dans un local dit chambre à pots , où la température 11e doit jamais descendre au-delà de 10° -f- 0. Au bout de ce temps, et après cette opération, les pots étant devenus assez durs, on les sort du moule en les retournant adroitement; on enlève la toile, et l’on bouche soigneusement et minutieusement, soit avec les doigts, soit avec un outil destiné à cet usage, les trous, les gerçures et les défauts de soudure ; on détruit les bulles d’air qui paraissent à là surface comme de petites vessies, et on les bouche ensuite dès que les creusets ont subi cette nouvelle opération. On les fait bien sécher à une température de 30 à 33 degrés pour les cuire ensuite, comme nous l’avons déjà dit, dans le fourneau de fusion.
2° Par cette seconde méthode, on applique également les colombins l’un sur l’autre, et l’on fait le creuset sans le secours du moule, ce qui devient bien plus difficile, surtout pour garder les justes proportions. En revanche les creusets, ainsi fabriqués, sont meilleurs et d’un plus long usage, parce que la terre étant beaucoup plus pressée entre les deux mains, les creusets sont plus compactes, moins poreux, et n’offrent presque pas ces bulles d’air que nous avons signalées. Quant au reste de l’opération, elle est conduite, ainsi que le rabattage, comme pour les précédents.
Nous ferons observer qu’il ne faut pas suivre l’habitude de faire sécher les pots en entier sur leur fond , mais qu’on doit les retourner, afin que ce fond, ayant lui-même le contact de l’air, puisse se sécher également. On introduit les creusets, quelle que soit leur grandeur, dans le fourneau de fusion au bout de trois à quatre mois, à dater du commencement. M. Bastenaire-Daudenart présente deux nouveaux modes de fabrication des creusets, qui nous ont paru dignes d’être rapportés ici : nous allons les faire connaître.