DU BOIS A BRULER
La qualité du bois à brûler n’est pas indifférente ; l’on sait que les bois sont divisés en durs et mous, ou tendres. Ces derniers, beaucoup plus légers, imprégnés d’une grande quantité de principe aqueux, ne brûlent que lorsqu’ils sont bien secs, émettent moins de calorique que les durs (1) et produisent un charbon qui s’incinère sans répandre qu’une faible chaleur. Les bois durs, au contraire, contiennent, sous le même volume, moins de sève, et beaucoup plus de carbone. Ils développent beaucoup de chaleur par la combustion et donnent lieu à un charbon qui persiste beaucoup plus longtemps que celui des bois mous et dégage une quantité de calorique double. Les bois durs qui, sous le même volume, répandent le plus de chaleur, peuvent être rangés dans l’ordre suivant :
Chêne vert et olivier ;
Amandier;
Noyer;
Châtaignier et la vigne (1);
Le chêne blanc ;
L’orme ;
Le hêtre;
fi) En général, 100 parités en volume de bois blanc ne développent pas plus da chaleur que 67 à 70 de bois dur.
(2) Dans le midi de la France, en Espagne et dans une partie de l’Italie, les souches des vignes -vieilles sont très-grosses; lorsqu’on les arrache, le bois qui en provient quand il est sec, brûle avec une flamme vive et claire, et répand beaucoup de chaleur* Se* cendres sont très-riches en alcali.
Fabricant de Verre .
BEUXIÊME PARTIE.
Le charme.
Parmi les bois tendres, nous leur assignerons le rang cîaprès :
Le bouleau et le platane ;
Le tremble et le peuplier ;
Le saule ;
Le marronnier d’Inde;
Les bois tendres sont à un plus bas prix que les bois durs; malgré cela, il est bien plus avantageux de n’employer dans les verreries que les bois durs, tant parce que sous un petit volume ils présentent plus de matière, que sous le rapport des autres avantages que nous avons cités. Mais il faut bien faire attention que ces bois ne soient pas ce qu’on appelle flottés, c’est-à-dire qu’ils n’aient pas séjourné dans l’eau, parce qu’alors ils sont plus légers, répandent bien moins de chaleur et donnent un charbon qui s’incinère plus vite et dégage bien moins de chaleur.
On doit couper le bois destiné aux verreries en hiver, époque à laquelle ils contiennent moins de sève ou d’eau de végétation ; le couper en morceaux qu’on nomme bülettes , le fendre s’il est trop gros, et le bien taire sécher avant de l’employer. Nous avons donné la description d’un four (page 158) qui peut être employé avec succès. Cette dessiccation du bois n’est pas à dédaigner; si elle n’est pas complète, il en résulte deux grands désavantages : le premier, c’est que l’eau en se dégageant à l’état de vapeur, emporte beaucoup de calorique; et le second, c’est que la fumée qui se produit, en séjournant dans le fourneau, peut donner un aspect louche ou de fausses teintes au verre, à moins d’agrandir les ouvertures par lesquelles passe la flamme; mais, dans ce cas, il est aisé de voir qu’on perd beaucoup de chaleur. Il est enfin bien démontré que sous un même poids il faut le double de bois tendre pour produire le même degré de calorique qu’une partie de bois dur. Il est bien évident aussi que, soitlesbois durs, soit les bois tendres, chacun produit des degrés dechaleur différents, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer.
Dans les fours alimentés avec le bois sec, comme pour les verres blancs, le cristal, etc , on fond presque toujours les matières à creuset découvert : 1° parce qu’il faut un degré moindre de chaleur; 2" parce qu’on peut éviter aisément Je contact de la flamme sur le creuset ; 3° parce que le peu de fumée qui se produit n’influe en rien sur la qualité de la matière vitreuse. Il n’en est pas ainsi de celle de la houille et de la tourbe, comme nous le ferons connaître bientôt.