‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 89 sur 127 · HOUILLE OU CHARBON DE TERRE · texte numérisé non relu

HOUILLE OU CHARBON DE TERRE

Les mines de houille sont abondamment répandues sur la surface du globe. Elles font la richesse des pays où elles se trouvent, et l’Angleterre leur doit en grande partie sa prospérité industrielle. C’est ordinairement au milieu de ces bancs arénacés, dits grès houülers , qui servent pour ainsi dire de commencement aux terrains secondaires, que se trouvent les houillères. Leur gisement est en couches, dont l’épaisseur est depuis 20 centim.(S pouc.) jusqu’au-delà de 6m.50 (-20 pieds). Cescouches ont pour intermédiaires des bancs de grès houiliers plus ou moins épais ; elles sont placées les unes sur les autres. Leur nombre varie; dans certains lieux il dépasse cinquante. Les couches très-épaisses doivent être considérées comme le résultat de beaucoup d’autres couches qui n’ont entre elles que des couches très-minces de substances terreuses. Les grès houiliers qui séparent les couches de houille sont plus chargés de charbon que ceux qui les entourent. Souvent aussi ces espèces de cloisons sont dues à des substances schisteuses plus ou moins dures, la plupart d’un assez beau noir, et quelques-unes, comme celles d’Hérépian, sont très-brillantes et d’un beau poli. En minéralogie, elles Sont connues sous les divers noms d 'argile schisteuse ou schieferthon des Allemands, de schiste charbonneux , de grès schisteux , kohlenscliiefer , liohle nsandschiefer , de schiste bitumineux, brandschiefer.

La houille est le plus souvent d’une belle couleur noire, et quelquefois d’un noir grisâtre. Dans ce cas, elle s’exfolie plus facilement; elle est opaque, très-inflammable, et brûle avec flamme, en donnant lieu à une fumée noirâtre et à une odeur bitumineuse et parfois plus ou moins sulfureuse, suivant qu’elle contient plus ou moins de pyrites ferrugineuses ou qu’elle est unie à des terres de nature alumineuse.

J’ai vu, dans les riches mines de Graissesac, département de l’Hérault, des blocs de houille parsemés de couches de ces pyrites de 7 à 14 millim. (3 à 6 lignes) d’épaisseur. La houille, soumise à une température élevée, dansdes vaisseaux clos, subit une décomposition partielle. La matière huileuse ou bitumineuse est décomposée en grande partie, et se convertit en acide carbonique, en gaz hydrosulfurique, et en gaz hydrogène carboné ; le résidu est un charbon léger, plus volumineux que la houille employée, auquel on donne le nom de coke, et qui est très-employé en Angleterre, et maintenant en France, pour le chauffage domestique. Le gaz hydrogène carboné qui se dégage par cette opération, qu’on

opère dans de vastes cornues de fonte, après avoir été purifié, est conservé dans un immense réservoir, nommé gazomètre, d’où il est distribué par des conduits souterrains pour servir à ce bel éclairage, qui l’emporte, tant par la beauté que par l’économie et la propreté, sur celui par l’huile. Le poids spécifique des houilles varie suivant les matières étrangères auxquelles elles sont unies; le terme moyen est de 1,3 à 1,9.

Composition. Les meilleures qualités de houille sont celles qui sont exemptes des sursulfures de fer et des terres alumimineuses soufrées. En général, les plus estimées sont celles qui ont de 30 à 40 pour 100 de bitume, et dont le résidu terreux, que laisse la combustion complète, est de 3 à 5; dans les plus mauvaises, il va jusqu’au delà de 0,50, et il n’y existe presque point de bitume.

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