TOURBE
La tourbe ne diffère du combustible précédent, qu’en ce qu’elle paraît plus particulièrement due à l’altération des plantes herbacées; aussi offre-t-elle le plus souvent des débris d’herbes qui ne sont point encore décomposées. La tourbe est brune et quelquefois noirâtre; elle est très-combustible avec ou sans flamme, en répandant une fumée dont l’odeur se rapproche de celle des plantes sèches. Le résidu est un charbon très-léger. La meilleure tourbe est celle qui est compacte ; elle est fibreuse quand elle renferme des végétaux non décomposés.
On trouve beaucoup de tourbières en France entre Amiens et Abbeville, dans les enviions de Beauvais, de Dieuze, d’Etampes, sur la rivière d’Essonne, entre Corbeil et Villeroi, etc.
La tourbe ne produit pas une élévation de température aussi forte que la houille et le bois; il est rare qu’elle dépasse, quand la grille est bien aérée, de 15 à 22 degrés du pyromètre. Malgré cela la tourbe n’en offre pas moins des avantages précieux pour la verrerie, tant pour sécher les billeties, et commencer la cuisson des creusets, que pour le filtrage, la calcination des alcalis, pour les fourneaux à étendre le verre à vitre, etc.
Nous terminerons cet article en faisant observer qu’on ne doit jamais brûler en même temps les bois durs avec les bois tendres, parce que ceux-ci brûlent rapidement, et consom-
ment moins d’oxygène, et leurs flammes ne se portent rapidement que sur les issues, ce qui fait que les ouvertures du foyer et du cendrier devront être moins grandes que pour les bois durs qui consomment une plus grande quantité d’oxygène; aussi est-on dans l’usage de boucher plus ou moins les ouvreaux avec des tuiles percées, quand la combustion devient trop active. Nous allons maintenant donner inie idée de la manière de mesurer le calorique.
V aleur comparative des combustibles.
Pour quiconque a observé les phénomènes de la combustion, tels que le bois, la tourbe, le charbon, la houille et le coke, il est évident que, pour produire un effet calorique donné, il faut consumer des quantités très-differentes de ces combustibles. Ces différences quoique moins apparentes pour des échantillons distincts d’un même combustible, sont cependant appréciables, quand les effets produits par la combustion d’un poids donné de chaque variété, sont examinés avec soin.
On a eu recours, à diverses époques, à des méthodes différentes pour mesurer les quantités de chaleur produites par la combustion de quantités égales de combustibles de composition variable ; mais comme la chaleur développée ne peut en aucun cas être directement évaluée, les valeurs calorifiques des matières examinées doivent , dans toutes les circonstances, être appréciées d’après certains effets chimiques ou physiques, produits sur un autre corps.
Pour déterminer le pouvoir calorifique d’une matière quelconque, il faut connaître deux choses : la quantité de chaleur qu’elle est capable de produire, et le temps nécessaire pour son développement. Les résultats ainsi obtenus s’appellent généralement effet théorique du combustible ; or, comme il est impossible de déterminer la quantité réelle de chaleur générée, on apprécie toujours la valeur économique, en comparant les effets de cette matière avec ceux produits dans des circonstances absolument identiques , par les autres variétés de combustibles. On peut faire ces évaluations comparatives de plusieurs manières, qui toutes paraissent suffisamment exactes pour la pratique. Les plus anciennes expériences de ce genre étaient toutes faites, d’après un même principe et d’un caractère purement physique.
L’appareil employé pour cet objet s’appelait un calorimètre, et la quantité de chaleur développée était évaluée, soit d’après celle de la quantité de glace qui avait été fondue, soit par le poids de l’eau élevée à une certaine température