Charme
Bois séché à l’ordinre. 31.704
Welter a le premier remarqué, que la quantité de chaleur produite par les corps en Combustion, était directement proportionnelle à la quantité d’oxygène requise pour effectuer la combustion. Cette circonstance qu’on avait déduite déjà des expériences antérieures deLaplace, Rumford, Lavoisier, Despretz et autres physiciens, est aujourd’hui admise comme un fait démontré, et elle a donné naissance à une méthode nouvelle et très-convenable, pour déterminer la valeur calorifique des combustibles. Cette méthode, imaginée par M. Berthier, consiste à chauffer un poids donné de la matière réduite en poudre fine, avec un excès de litharge qui, étant décomposée par les substances combustibles de cette matière, fournit un bouton de plomb proportionné à la quantité de ces substances: chaque atome d’oxygène ainsi enlevé à la litharge doit nécessairement donner naissance à la production d’un atome de plomb métallique, et par conséquent on obtient une mesure assez exacte des valeurs calorifiques relatives des différentes espèces de combustibles, en pesant le bouton de plomb produit dans des circonstances complètement identiques, par uu poids donné de chacun d’eux.
Toutefois, lorsqu’il s’agit desavoir quelle serait la quantité d’eau qui serait portée de 0° à 100° C. parla combustion d’un poids donné d’un combustible particulier quelconque, on trouve qu’il est nécessaire d’avoir recours aux résultats de
Valeur comparative des combustibles. 20S
la valeur calorifique connue d’un combustible distinct. À cet effet, on a généralement fait choix du carbone qui, suivant M. Despretz, exige 2,666 fois son poids d’oxygène pour la combustion parfaite : si on opère sur de la lilharge entièrement exempte des oxydes plus élevés de plomb, une partie de carbone fournira 34,5 parties de plomb métallique ; et si on admet, de plus et d’accord avec les résultats du physicien qu’on vient de citer, que la même quantité de carbone élèvera 78,15 parties d’eau de 0° à 100° G., il s’ensuivra que chaque partie de plomb correspondant à une unité de carbone que peut réduire un combustible quelconque, répondra 78,15
à - 7- = 2,265 parties d'eau élevée par la combustion
de 0° à 100° C.
La valeur calorifique d’une matière peut être évaluée avec une plus grande exactitude encore d’après les résultats obtenus par une analyse ultime. Comme un équivalent de carbone exige 2,666 parties d’oxygène pour sa combustion, et qu’une unité d’hydrogène absorbe plus du triple de cette quantité, ou huit parties, il en résulte que la quantité d’oxygène nécessaire pour la combustion d’une matière contenant C parties de carbone, H parties d’hydrogène et 0 partie d’oxygène, sera exprimée par
Formule dans laquelle h représente la quantité d’hydrogène correspondant à 0 partie d’oxygène, et doit par conséquent être déduite de la quantité contenue dans le combustible.
Si au contraire on se propose de trouver la quantité d’eau qui peut être évaporée par un poids donné d’un combustible quelconque dont on connaît l’analyse ultime, la formule devient :
où C est la quantité de carbone, H celle d’hydrogène contenue dans une unité de combustible, et h la quantité d’hydrogène qui correspond à la proportion pour 100 d’oxvgène contenu dans la matière examinée. Ces quantités multipliées par leurs pouvoirs calorifiques respectifs, suivant les expériences de Dulong et divisées par la chaleur latente de la vapeur, fournissent le résultat demandé.
Les valeurs calorifiques des différentes espèces de combustibles, calculées par ces formules, font l’objet des tableaux guivants ;