II. PERLES SOUFFLÉES
On fabrique aussi une grande quantité de perles soufflées au chalumeau, à la lampe d'émailleur. Nous empruntons à M, Eenrivaux (I) la description de ce travail :
<' Ces perles proviennent de la transformation de baguettes creuses ou tubes de verre ordinaire pour les perles communes, ou de teinte légèrement irisée ou opale pour les perles de choix ou orientoïdes. Le souffleur étire d'abord le tube qui est préalablement chauff'é et ramolli ; le tube étiré à la grosseur voulue, il le brise alors en fragments de 10 centimètres environ ; puis il en prend un dont il présente Tune des extrémités à la lampe.
(c Dès que le verre commence à se liquéfier il souffle doucement dans le tube, qui quoique étiré, a toujours conservé un vide intérieur, et bientôt, Tair dilatant l'extrémité chauffée il y apparaît une boule. C'est cette boule qui va devenir une perle, mais elle n'est encore qu'à l'état de germe ; pour qu'elle devienne perle, trois opérations sont encore indispensables :
« jo Le perçage, qui se compose de deux trous, s'il s'agit de perles rondes destinées à former un collier, ou d'un seul, si, rondes ou en forme de poires, elles doivent être montées, soit en colliers, soit en boucles d'oreilles, en boutons, en épingles, etc. ;
« 2° La forme à donner, ronde ou en forme de poire ;
« 3° La coloration intérieure.
(1) Henrivâux. — te yvrrt.
FEBLIS SOCFflEIS 337
M Le double perça^, indispensable pour passer le lil de soie qui réunit les perles et forme le eotlier, s'opère au moment où le verre, de forme sphéroïde^ adbérent au tube, est encore ductile. Le premier trou se fait au centre inférieur de la perle par le seul souffle de rouvrier; et le second se trotive naturellement formé par le creux du tube au moment où la perle en est séparée au moyen d'un petit coup sec.
« Tel est le travail que demande la confection de toutes les perles fausses ; mais les perles orientoidlesy qui, ainsi que leur nom l'indique, doivent être Timitation la plus exacte possible de celles produites pai* la nature et connues sous le nom de perles fities^ exigent une préparation plus compliquée.
'( Tout en étant fabriquées exactement de la même manière que les perles les plus ordinaires, les orientoïdes s'en distinguent cependant, non seulement par remploi d'un verre opalisé, mais encore par le soin que le souffleur apporte à leur forme, ainsi que par les diverses colorations qu'elles reçoivent à Tintérieur.
« Quant à la forme, tout le monde sait combien il est rare de trouver une perle sans défaut; et par défaut, il ne s'agit pas ici de la matière, mais seulement de la forme et plus encore de la nuance.
« Le rôle du souffleur étant, comme nous l'avons dit, d'imiter le plus possible la nature, son talent consiste non-seulement à dénaturer, pour ainsi dire, l'exacte régularité obtenue par le soufflage, mais encore à produire sur la perle fausse les défauts qui se trouvent ordinairement sur les perles naturelles.
« Ce travail demande une très grande habitude et n'est que le fruit d'une longue observation ; le bon
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souffleur, Tartiste, doit connaître assez les perles naturelles pour n'exécuter sur les siennes que [les défauts qui peuvent faire valoir, par le moyen de reflets habilement préparés l'œuvre sortie de ses mains.
« Pour obtenir ce résultat important, le souffleur profitant du moment où la perle adhère encore au tube, prend une très petite palette en fer, dont il frappe très légèrement sur certaines parties de la perle encore malléable et ce n'est que par ce dernier travail qui met, ici une saillie, là un méplat, presque imperceptibles, qu'il parvient à produire une perle qui, • perdant sa régularité mathématique, devient l'imitation parfaite de la nature. »
Les perles de qualité commune soufflées avec du verre blanc sont quelquefois garnies intérieurement avec de la cire blanche. Mais c'est là une imitation très grossière ; on emploie le plus souvent pour donner aux perles soufflées l'aspect des perles naturelles Vessence d'Orient préparée avec les écailles d'ablettes (cyprinns alburnus).
Cette préparation se fait de la manière suivante :
On enlève par le frottement les fines écaillas des ablettes, et on les conserve dans l'ammoniaque li- (luide, qui en divise infiniment la substance visqueuse d'un gris nacré. Quatre mille poissons fournissent environ 500 grammes de cette matière, qui après plusieurs épurations successives donne 100 à 125 grammes d'essence dite d'Orient.
On ajoute un peu de cette essence à une dissolution chaude de colle de poisson, afin d'augmenter l'adhérence au verre. La proportion convenable se trouve après quelques essais; elle doit être telle que lorsque la couche mince est répandue sur la paroi