‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 106 sur 194 · COUPAGE · texte numérisé non relu

COUPAGE

A cet effet l'ouvrier coupeur présente les bouts d'un faisceau de tubes, couchés dans un chevalet en bois, sous une cisaille ou sur une tranche en acier ; il fait saillir les bouts d'un à deux millimètres audelà de la mâchoire inférieure, et il les coupe. La longueur des bouts est déterminée par l'index de la main de l'ouvrier.

Ces bouts tombent dans une boîte ; après avoir été passés au crible, ils subissent l'arrondissage.

ARRONDISSAGE

Cette opération a pour objet de faire disparaître les arêtes vives par un ramollissement partiel. Comme il importe beaucoup de ne pas obstruer

3i22 FABRICATION DES PERLES

les grains, on est obligé de les remplir d'un corps en poudre qui, logé intérieurement, empêche les orifices de se fermer par le ramollissement du verre. Dan» ce but, on jette les bouts coupés dans une boîte contenant un mélange de chaux et de charbon réduit en poudre très fine et légèrement humecté ; en les remuant pendant quelque temps, la poudre se loge dans Tintérieur de chaque petit tube et en empêche le rétrécissement. Ainsi préparés, on les jette dan» une marmite en fer chauffée au rouge brun ; en re* muant ces bouts de tubes assez longtemps, chacua vient plusieurs fois en contact avec les parois incandescentes, d'où il résulte que les bords tranchants et les arêtes vives entrent dans un commencement de fusion, et qu'ils finissent par s'arrondir.

On peut remplacer la marmite en fonte par une boule creuse en fer montée sur arbre, semblable au tambour servant à la torréfaction du café.

L'ouvrier juge si l'opération a été suffisamment prolongée, et lorsque l'effet désiré a été obtenu, il répand les grains sur une plaque en fer pour qu'il» se refroidissent, et enfin on procède à l'enfilage de» grains.

ENnLAOE DES GRAINS

Après le refroidissement, on crible les grains ; oa les vanne et on les secoue pour en faire sortir le sable, puis on verse les perles sur une planche inclinée sur l'horizon, qui sert à les trier, et où celle» qui ne sont pas rondes, celles qui se sont agglutinéei ensemble ou qui présentent de ces défauts se trouvent séparées de celles qui sont parfaitement ronde». On les agite ensuite dans un sac avec du son, ofln

de leur rendis le brillant que Tarrondissage avait fait disparaître ; enfin on les lave et on les sèche.

La coloration des grains en nuances tendres, qu'il serait difficile de produire par la fusion du verre en maSIe, sans qu'elles ne soient détruites par la haute température, s'obtient par des couleurs vitrifiables.

A cet effet, on emploie des tubes en émail blanc, ou en verre blanc opaque ; après les avoir coupés, tamisés et arrondis, avant de les verser sur la plaque à refroidir on les saupoudre une ou plusieurs fois dans le tambour de couleur vitrifiable en poudre impalpable et rendue tellement fusiblo par le borax qu'elle adhère immédiatement à la surface des grains en état de ramollissement, qu'elle fond et les recouvre d'une couche de couleur vitrifiée, pendant qu'on tient les grains en mouvement; quand le résultat désiré a été obtenu, on les met à refroidir sur la plaque.

Après les avoir classés par grosseurs et par qualités, on procède à l'enfilage des grains. Cette opération est entièrement manuelle.

Des femmes ou des enfants re(;oivent les grains dans des boîtes carrées qu'ils placent sur leurs genoux, et oïl ils les puisent à l'aide d'un faisceau d'aiguilles tenu étalé en éventail. Ces aiguilles, longues et très fines, sont garnies d'un fil de lin, d'aloès ou de soie, qui doit être aussi solide que possible. Quand les aiguilles sont chargées de perles, l'ouvrière, Vinfilzatrice, fait glisser celles-ci sur le fil et plonge de nouveau le faisceau d'aiguilles dans sa boîte. Les chapelets ainsi formés, qui ont de 15 à 20 centimètres de longueur, sont réunis par grosses de iU.

32^ FÀBaiCÀTION* DES PERLES

On fabrique à Venise des perles dites à la main; les ouvriers qui exercent cette industrie travaillent à la lampe d'émailleur. Les cannes qu'ils emploient ne sont pas percées, et c'est en roulant la matière fondue à la lampe autour d'un morceau d'acier, qu'ils exécutent leurs perles, qui sont plus grosses, plus solides et plus chères que les simples rassades.

Les grains à facettes s'obtiennent au moyen de tubes prismatiques ou par la taille des tubes ou des grains.

On obtient des tubes à facettes en pressant la paraison avant son étirage dans un moule, ou bien le souffleur la façonne sur l'armure du genou, par la compression partielle, au moyen des ciseaux. En étirant un gros tube en un mince, chaque partie du nouveau tube conservera les facettes qu'on aura imprimées au tube primitif.

Au moyen de la taille, on obtient des facettes en fixant avec de la poix sur une planchette, parallèlement et se joignant, plusieurs tubes ronds que ron traite, tous ensemble, au tour, ou bien que l'on passe l'un après l'autre, dans la rainure d'un support fixe.

Les gros grains de collier ou de chapelet se produisent de la manière suivante : l'ouvrier, assis devant un petit creuset rempli de verre liquide, posé sur un réchaud, y plonge adroitement le bout d'un iil de fer humecté ou ciré; il en enlève une goutte de verre, tourne le fil rapidement autour de son axe et laisse tomber la goutte, ainsi transformée en bague, dans un réservoir à refroidir. Par le mouvement rapide de rotation, la goutte s'enroule autour du fil de fer et, en se refroidissant promptement, elle cou-

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serve le trou qui a été formé ainsi par le fil de fer, qui tient lieu d'un mandrin.

Les boutons sphériques et à œillet se font à peu près de la même manière ; l'ouvrier saisit Toeillet au moyen d'une pince, le plonge, chauffé, dans le verre liquide, enlève une goutte assez grosse, l'agite rapidement par un mouvement de rotation dans l'air, et la laisse tomber dans un réservoir.

Pour leur donner une forme quelconque ou pour les façonner, on coule du verre dans un moule semblable à un fer à gaufre, composé de deux mâchoires dans lesquelles sont gravées les formes des boutons, soit avec trous, tels que les boutons de chemises, ou à œillets, tels que les boutons de guêtres, de gilets et autres.

Les trous sont produits par autant de chevilles de fer, fixées dans une des mâchoires, que chaque bouton doit avoir de trous. Lorsque le bouton doit avoir un œillet fixe, on en plante dans une des mâchoires autant que le moule contient de boutons.

Les boutons à œillets moulés perdent leur lustre par le moulage ; on le leur rend par un ramollissement ; à cet effet on plante les œillets dans une plaque de pâte d'argile, posée sur une plaque en fer, et on les dépose dans un four à ramollir, chauffé à la température du rouge-brun, où la surface entre dans un commencement de fusion.

Pour empêcher les trous de couper le fil on est obligé de les évaser avec la pointe d'un diamant brut monté sur un petit tour.

Femer. Tome II. 19

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