VERRES FILIGRANES
Jusqu*à ces derniers temps, les profils de la pièce étaient donnés par Touvrier - au moyen de ses fers à lames de bois, avec lesquels il pressait sur la pièce tenant à Textrémité de la canne ou du pontil, que l'ouvrier faisait tourner sur les bardelles: l'exactitude de la forme dépendait de l'adresse de l'ouvrier.
Les verriers de Bohême n'opèrent pas ainsi : chez eux, la forme de chaque pièce, verre, carafe, vase, etc., est donnée par un moule en bois, formé de deux parties semblables s'ouvrant à charnières^ ayant intérieurement la forme exacte de la pièce qu'on veut produire ; l'ouvrier fait sa paraison, et (juand elle est amenée à la grosseur et à la forme convenables, il la chauffe fortement et l'introduit dans le moule ; le gamin ferme le moule à l'aide de» deux manches dont il est muni, l'ouvrier souffle en imprimant à la canne un mouvement de rotation sur ellei^ême, pour que les arêtes de jonction du moule ne laissent pas de tf-ace sur la pièce de verre; au bout de peu d'instants, le gamin ouvre le moule, l'ouvrier retire la pièce à laquelle la forme est ainsi donnée ; il ne s'agit plus alors que de la prendre au pontil pour terminer l'ouverture supérieure.
Les ouvriers de Bohême ne prennent même pan ce soin ; le moule donne la forme jusqu'à la partl<' extrême; on détache la pièce de la canne à la sortie du moule, on la porte à Tarche de recuisson, et, après l'avoir retirée de rarche,on la rogne à la hauteur voulue à la roue de tailleur. C'est pourquoi on remarque que les verres de Uohâme ont été taillés et flétés au bord, au lieu d'être ouverts et rebrûlés au feu comme les nôtres. Après chaque pièce moulée, on plonge le moule en bois dans Teau pour l'empè-