PROCÉDÉS PAR VOTE SÈCHE
et il reste un résidu gluant. En outre, le verre obtenu est efflopescent. Le sulfate de potasse ne produit point de mauvais effet, parce qu'il est décomposé par le charbon quand la fonte est suffisamment prolongée, car, sans cette précaution, le verre renferme du sulfure de potassium qui lui donne également du penchant à l'efflorescence.
« Le quartz doit être pur; du moins il ne doit pas contenir une quantité notable de chaux ou d'alumine, parce que ces terres rendent une partie du verre insoluble. Une faible proportion d'oxyde de fer est sans influence.
« On prend la potasse et le quartz dans la proportion de 2 à 3, et sur iO parties de potasse et 13 de quartz, on prend 4 parties de charbon. Il ne faut pas prendre moins de charbon ou le supprimer ; bien au contraire, quand la potasse n'est pas suffisamment pure, il est avantageux d'employer une plus grande proportion de charbon. Ce corps accélère beaucoup la fonte du verre et en éloigne tout l'acide carbonique, dont, sans lui, il reste toujours une petite partie qui exerce une influence fâcheuse.
« Du reste, on observe les mêmes précautions que pour la préparation du verre commun. Les matières doivent être d'abord bien mélangées, frittées et ensuite fondues à un feu violent dans un creuset réfractaire jusqu'à ce que la masse soit liquide et homogène. On enlève la matière avec une cuillère de fer et on remplit aussitôt le creuset avec une nouvelle fritte.
« On peut prendre i^ kil. de potasse, 22 kil. 500 de sable et i kil. 500 de charbon, en prendre pour une fonte, et le mélange doit alors être chaufTé pendant 5 à 6 heures.
366 \ERRE SOLUBLB
« Le verre brut ainsi obtenu est ordinairement chargé de bulles ; il est aussi dur que le verre commun ; il est d'un noir grisâtre et plus ou moins transparent sur les bords. Quelquefois il a une couleur blanchâtre, d'autres fois elle est jaunâtre ou rougeâtre, ce qui est un indice d'une trop faible proportion de charbon. Si on l'expose plusieurs semaines à l'air, il éprouve de légères variations, qui, pour sa destination, sont plutôt avantageuses que nuisibles. Il attire un peu d'humidité de l'air qui le pénètre peu à peu, sans que son agrégation et son apparence soient changées. Seulement, il se fendille et sur sa surface. il se produit une légère efflorescence. Si, après qu'il a éprouvé ce changement, on le met au feu, il sagonfle par suite du 'dégagement de l'eau qu'il avait absorbée.
« Pour le dissoudre dans l'eau, on le bocarde ; car sans cela, la dissolution se ferait trop lentement. Sur i partie de verre en poudre on prend à peu près i à ?) parties d'eau.
« L'eau est d'abord portée à l'ébuUition dans une chaudière, et après on y met peu à peu le verre ; il faut constamment remuer parce qu'il s'attacherait au fond. Il faut que l'ébuUition soit continuée 3 ou 4 heures, jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus rien ; et la liqueur a acquis alors le degré de concentration convenable. Si, pendant que la dissolution est encore liquide, on arrête l'ébuUition, on donne accès à l'air, et la potasse en attire l'acide carbonique, ce qui produit un effet très nuisible. Par la même raison, il ne faut point prendre une trop grande quantité d'eau pour la dissolution ; car, pendant la longue concentration qui deviendrait nécessaire, l'acide carbonique