II. PROCÉDÉS PAR VOIE HUMIDE
Le traitement par voie humide consiste à chauffer la matière siliceuse dans une chaudière autoclave contenant une solution de soude ou de potasse caustiques.
Dans le procédé anglais la matière siliceuse est le silex pyromaque ou pierre à fusil {flint, en anglais). On chauffe d'abord ces pierres au rouge, et on les jette dans Peau froide pour les étonner et en rendre le bocardage plus facile ; en même temps Faction du feu fait disparaître les matières bitumineuses qui accompagnent le silex et qui coloreraient le verre soluble.
Les silex concassés sont placés sur le faux-fond perforé d'une chaudière en tôle pourvue d'une fermeture autoclave et pouvant supporter une pression de 6 atmosphères. On introduit alors une solution de soude ou de potasse caustique à 20° B., on ferme la chaudière et on chauffe de manière à maintenir la pression de 6 atmosphères pendant 5 à 6 heures. Quand la densité de la solution atteint 30 ou 32° B., on fait écouler le si'icate de soude.
Si on cherchait à dépasser cette densité, il se formerait une grande proportion de silicate acide insoluble. Cette méthode est plus économique que les procédés de fabrication par voie sèche, mais elle donne toujours un silicate très caustique ; le rapport de l'alcali à la silice y est comme i à 2.
La terre à infusoires, très abondante dans l'Allemagne du Nord, se dissout avec beaucoup plus de facilité dans les alcalis, et l'on obtient avec une lessive de 1,2 de densité, sous une pression de 3 atmosphères, un silicate trois fois plus riche en silice. Il y aurait donc tout avantage à faire servir cette silice soluble à la fabrication des silicates alcalins.
Seulement pour obtenir un produit incolore on est obligé de soumettre la terre à une calcination préalable, dans le but de détruire les matières organiques qui l'accompagnent et qui coloreraient fortement la