‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 16 sur 194 · ARGENTURE · texte numérisé non relu

ARGENTURE

tVost dans ce bain qii*on immerge l'objet à argenter, après ravoir préalablement nettoyé avec soin. Déjà au bout de dix minutes on le voit recouvert d*unp couche uniforme et miroitante d'argent métallique.

Pour fabriquer des miroirs par ce pr cédé, on suspend la glace, dans un châssis approprié, à la surrace du bain d'argent, de manière que la face inférieure du verre soit seule baignée par le liquide. 11 suffit de renouveler plusieurs fois cette opération pour renforcer à volonté la couche argentine.

Quant au tartrate d'argent, on l'obtient aisément de la manière suivante :

On prépare deux dissolutions aqueuses contenant l'une i7 grammes de nitrate d'argent, et l'autre 28 grammes de sel de Soignetle (tartrate double de potasse et de soude) ; puis après avoir mélangé ces deux solutions salines, on recueille sur un filtre le tartrate d'argent qui s'est précipité. Il suffit de laver ce précipité plusieurs fois à l'eau distillée et de le conserver, au sein de l'eau, à l'abri de la lumière.

Procédé Martin

Parmi les nombreux procédés d'argenture qui ont été appliqués à la construction des miroirs de télescopes, nous décrirons celui de .V. Adolphe Martin, professeur de physique à Sainte-Barbe. Il repose sur l'emploi du sucre interverti à froid.

Après avoir étudié et expérimenté avec soin tous ' les procédés connus (aldéhyde, sucre de lait, gluco- i sate de chaux, etc.), M, Martin est arrivé, en 1862, à en adopter un qui, par la facilité de la mise en •{ œuvre d'une part, et de l'autre par l'adhérence et la \

constitution physique de la couche déposée, paraît remplir les meilleures conditions.

On commence par préparer : .

J. Une solution de 10 grammes de nitrate d'argent dans 100 grammes d'eau distillée;

II. Une solution aqueuse à' ammoniaque pure marquant I3<* à l'aréomètre de Cartier;

III. \}x\% solution de 20 grammes de soude caustique pure dans KOO grammes d'eau distillée;

IV. \]r\e solution de 25 grammes de sucre blanc ordinaire dans 200 grammes d'eau distillée ; on y verse i cent, cube iVacide nitrique à 36°, on fait bouillir pendant vingt minutes pour produire l'interversion ; et on complète le volume des 500 cent, cubes à l'aide d'eau distillée et de 50 cent, cubes d'alcool à 36°.

Ces liqueurs obtenues, on procède à la préparation du liquide argentifère :

On verse dans un flacon 1 2 cent, de la solution I de nitrate d'argent, puis 8 cent, d'ammoniaque à 13° (solution II), enfin 20 cent, de la dissolution de soude III. On complète par 60 cent, d'eau distillée le volume de 100 cent.

Si les proportions ont été bien observées, la liqueur reste limpide, et une goutte de solution de nitrate d'argent doit y produire un précipité permanent; on laisse reposer, dans tous les cas, pendant vingt-quatre heures, et dès lors la solution peut être employée en toute sécurité.

La surface à argenter sera bien nettoyée avec un •tampon de coton imprégné de quelques gouttes d'acide nitrique à 36°, puis elle sera lavée à l'eau distillée, égouttée et posée sur cales à la surface d'un

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bain composé de la liqueur zrzeQf^i'^-n o-f«r**.*^ -diquée que l'on aura additionna fU: î Vr :il î ÎT i^ la solution IV de sucre inlcrverti.

Sous l'influence de la luiiii*rr^ 'I.Jfu*^. r i. . i> dans lequel bai^e la surface a arjrK-r.Vrr «t-: « t*:*: *^ jaune, puis brun, cl au bout de î a 5 ac.r* *>-♦, .4**genture envahira toute h »urfar#? •! i >*-'*--r: *,; -^t 10 minutes ou un quart d'heure, la rf, ^*\z^, *.,•% *.> teint toute répaisseur désirable; î. n'y a.>:»a: p a» -. , t laver à l'eau ordinaire d'abonJ, pnr* 4 L «-ai 'î-^'.i. -'. et on laissera sécher le verre à l'aîr li f*r, «î > > ■^-4''>''. sur sa tranche. La surlace sèche r^rTH^a a» li' ,<•. ra/- /ai7 recouvert d'un léger voile blan rhi.":'*. ^. ..* . 4.v tion du moindre coup de tampon de '^-t^m d'r •^r.^r;. .it saupoudré d'une petite quantité de tiiWj:^. a p»...*. -t^ dernier voile disparaîtra et Iai**e'ti a n'j un^ ittr/cu:^ brillance que sa constitution phywfue rend t^rrof^timment propre aux usages de Toptijue awrqu/!:'* ef.u e^t destinée.

Procédé Wood

La méthode suivie par M. Wood \»^t*ir ari^'Ofer i'-^t miroirs des télescopes astronomiques \frfy:tjre é^aî'-ment des résultats très sûr» et d*exr*^:!enteïi p«nlîcules d'argent ; il suffit pour cela d'ua [t*:u de soiri-ç.

M. Wood prend une solution de nitrate d'argent. 1 gramme pour 30 centimètres cube» d'eau, à laquelle il ajoute de Y ammoniaque concentrée ju»*|u'à i:e que le précipité formé se redissolve, l'ne solution <ie potasse y est alors versée, le poids de la potasse l'tant exactement égal à celui du nitrate d*argent. Le précipité obtenu est de nouveau dissous dans Tamnioniaque, Taddition d'ammoniaque étant arrêtée

avant que la totalité du précipité soit dissoute, et la solution est filtrée. Au produit filtré on ajoute encore la solution de nitrate d'argent jusqu'à ce que la liqueur prenne la couleur d'un thé faible.

La glace à argenter est placée dans un plat creux peu profond et disposée à environ 13 millimètres audessus du fond; on verse alors de Teau distillée dans le plat jusqu'à ce que son niveau atteigne la face inférieure du verre.

Le verre est enlevé et la solution, préparée d'après le procédé ci-dessus mentionné, est parfaitement mélangée avec l'eau distillée. La teneur de la solution d'argent est calculée à raison de 1 ,4 gramme de nitrate d'argent pour 100 centimètres cubes d'eau.

Une dissolution de dexirine^ de la moitié du poids du nitrate d'argent, y est ajoutée et le verre replacé dans le plat. La dextrine réduit lentement Targent et l'opération complète demande quinze ou vingt minutes.

J.e principal facteur du succès consiste à rendre la face du verre à argenter chimiquement propre.

Procédé Lenoir

L'étamage à l'argent présente plus de solidité el beaucoup moins de dangers que l'étamage au mercure; mais par contre, le pouvoir réflecteur est moindre et les objets blancs sont réfléchis avec une teinte légèrement jaunâtre.

Ce sont ces inconvénients que M. Lenoir a cherché à faire disparaître, en 1873, par le procédé suivant :

La glace, argentée par un procédé quelconque, est d'abord lavée, puis arrosée avec une solution étendue de cyanure de mercure ci de potassium ne marquant

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pas plus de 1 à 2 degrés Baume. On verse cette solution sur le côté argenté de la glaee et on lave aussitôt à Teau distillée. L'argent déplace une partie du mercure et rentre en dissolution ; le reste de l'argent donne naissance à un amalgame plus blanc et beaucoup plus adhérent au verre que l'argent lui-même. Cette transformation est instantanée ; la proportion de mercure fixée, variable d'ailleurs avec la durée du contact de l'argent et de la solution de mercure, ne dépasse pas 5 à 6 pour iOO. Le maniement des cyanures, corps très vénéneux, ne présente néanmoins aucun danger quand ils sont en solution très étendue.

La glace amalgamée a perdu la teinte jaune de l'argent pur; elle donne alors des images beaucoup plus blanches et comparables à celles des anciens miroirs. Elle devient aussi bien moins sensible à Taction du soletl.

Cette argenture n'en doit pas moins, comme celle qu'on fait ordinairement, être protégée contre l'air et les influences extérieures par une peinture épaisse et résistante ; mais les industriels qui emploient ce procédé croient avoir remarqué que l'argenture au mercure est moins impressionnable aux vapeurs sulfurées que celle qui est faite sous addition de cyanure, lorsqu'elles sont l'une et l'autre protégées par les mêmes enduits.

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