‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 15 sur 194 · ARGENTURE · texte numérisé non relu

ARGENTURE

Alors (pour les surfaces planes seulement), on prend un rouleau de bois ou de fer, recouvert de caoutchouc parfaitement nettoyé, que l'on mouille avec la solution n° 1 ; on en frotte vivement la surface du verre, en faisant un peu tourner le rouleau, et passant et repassant plusieurs fois de suite. On dépose ce verre ainsi nettoyé sur un appareil convenable, chauffé à 63 degrés centigrades environ, et on verse dessus la solution n* i jusqu'à ce que tout le verre en soit recouvert. Lorsqu'on s'aperçoit que toute la surface du verre est recouverte d'une couche d'argent (ce qui a lieu au bout d'un quart d'heure environ), on verse la solution n°2, autant que le verre peut en supporter sans la répandre.

Le verre porte îiinsi deux litres et demi de liquide par mètre carré. La solution n° 2 dépose une couche d'argent plus épaisse que la solution n° I. On laisse tout en cet état environ 15 à, 20 minutes, après lesquelles la couche d'argent déposée rend le verre complètement opa;ue. 11 se dépose environ 12 gr. d'argent métallique par mètre carré pendant l'opération ; on enlève alors le verre en ayant soin de recueillir l'excédent en solution, on lave à l'eau chaude, plusieurs fois de suite, la couche d'argent déposée ; on met à sécher, après quoi on peint la couche d'argent, soit avec de la couleur à l'huile, soit avec du vernis; on obtient ainsi une glace incomparablement plus belle, plus claire et plus solide que celles faites par les procédés ordinaires.

Les verres que leurs formes rendent non susceptibles d'être décapés par le procédé ci-dessus indiqué, le sont en les plongeant dans une forte dissolution d'hyposuintc; de soude, et les y lais-

Oi APPUCATION DES MÉTAUX SrR LE TERRE

sant de 10 à 12 heures. Après les avoir rincés à grande eau, on les remplit alternativement avec les solutions I et 2, comme ci-dessus. On peut éviter de chauffer ces veiTes, attendu que la solution laisse déposer également bien l'argent à chaud ou à froid. Seulement, dans ce dernier cas, l'action est beaucoup plus lente : le temps est en raison inverse de la température.

Procédé Brossette

Le procédé d'argenture employé actuellement, imaginé par Petitjean, a été perfectionné, en 185(), par MM. H. Brossetle et CA''.

Le milieu de l'atelier est occupé par une grande table rectangulaire en fonte, à double fond, bien plane, parfaitement horizontale, remplie d'eau que des tuyaux de vapeur élèvent à la température de 30 à 40 degrés centigrades, et recouverte d'une toile vernie par-dessus laquelle est étendue une couverture de coton.

Le matériel de l'atelier comprend en outre un appareil distillatoire destiné à fournir les grandes quantités d'eau distillée dont on a besoin pour lo nettoyage des glaces et pour l'argenture elle-même. C'est la vapeur formée dans cet appareil qui, avant de se rendre au condenseur, où elle se convertit en eau distillée, traverse le double fond de la table et en élève la température au degré convenable.

Préparation des glaces. — Elle consiste dans un nettoyage ou décapage minutieux. On comprend aisément, en effet, que la glace doit être parfaitement

ARGE!ITIRE *i5

polie, propre et dégraissée. Cela est de nétr^îssité ahsolue.

Ce nettoyage comporte trois manîpulatiorH différentes :

Du blanc d* Espagne ayant été délayé dan» Veaa distillée, on en prend avec un taiDpr»n en peau de chamois, on Tétend sur tonte la superfine de la glace et on frotte avec soin ; cela fait, on e«suîpavf^ un chiffon en toile fine ou en calicot.

La glace est ensuite saupoudrée avec de la \t*jt^, d'étain ; on verse dessus quelques ^outten de liqueur argentifère, et avec un tanipoo en peau d^; chamois on délaye et on étend le mélange; on frotte avec un autre tampon de forme à peu prés carrée : on tamponne pour égaliser le mouillagp ; enfin on laisse sécher et on essuie le résidu avec une peau de chamois sèche et bien fine.

On place alors la glace sur un râtelier horizontal très plan et à claire- voie ; on mouille à l'eau distillée en ajoutant quelques gouttes de solution ; on frotte avec un morceau de caoutchouc ou avec un rouleau recouvert de cette matière, auquel on imprime par deux ou trois fois un mouvement de vaet-vient ; enfin on jette de Teau distillée en inclinant la glace dès lors parfaitement décapée.

Préparation des liqueurs. — Deux solutions argentifères sont aflTectées aux deux dépôts successifs dont l'ensemble constitue un argentage parfait.

La première solution se prépare ainsi : 100 grammes d'azotate d'argent sont traités avec 02 grammes d'ammoniaque pure à 0,870 ou 0,880 de densité, puis avec 500 grammes d'eau distillée; enfin le rinçage du vase dans lequel la préparation a lieu fait

entrer 100 grammes d'eau de plus dans la dissolulion; celle-ci étant filtrée, on y ajoute seize fois son volume d'eau distillée, puis, goutte à goutte, en agitant sans cesse, 7 gr. 3 d'acide tartrique dissous préalablement dans 30 grammes d'eau distillée ; telle est la solution employée en premier lieu.

La seconde se prépare de même et elle ne diffère de la précédente que par une dose double d'acide tartrique.

Opération. — Sur la table viennent d'être déposées à plat les glaces bien décapées et lavées à l'eau distillée auxquelles on va faire subir l'opération qui remplace l'étamage. Pendant qu'on a pris ces dispositions, des pots de faïence remplis des solutions cidessus, préparées à l'avance, ont été apportés du laboratoire et placés à proximité de l'ouvrier.

Le contenu de ces pots est versé sur les glaces, et quoique celles-ci ne soient entourées d'aucun rebord, le liquide ne fuit pas. Versée sans aucune précaution sur la glace, la liqueur argentilère y demeure par le seul fait de l'attraction moléculaire qui l'empêche de franchir les bords de la glace. On répand de ce liquide tout ce que la glace peut en garder sans secours extérieur, ce qui va jusqu'à 2 litres J/2 donnant par mètre carré une couche de 2 millini. 1 2 d'épaisseur.

Sept à huit minutes après que le liquide a été versé, on observe les premiers effets de la réaction. Des particules d'argent précipitées s'arrêtent et se montrent çà et là, formant de petites îles qui, vues sous un certain angle, s'irisent en raison de leur peu d'épaisseur. Ces taches brillantes se propagent comme des taches d'huile. Les centres de formation

AftGEHTClE <î7

se multiplient, se ramifient «'envweot mâf «fn; u^ment des prolongements, par leequeb iU' »t f^'tH^tn les uns aux autres. Au lieu d'unaivhîpel.c'e*-^ 'tiai*.tenant un grand continent prok#odéiiif*nt C«^«'wi>^. tout parsemé de lacs. De noineaux ùf'p''fi¥ mpâ'i*'' ment formés s'amassent au sein de c^-un^L j^* *!*vahissent, les comblent. Tous le» viôe^ «r f»riî.ji »•sent, toutes les solutions de continuité fe>fîii'5*^j: . fn vingt-cinq minutes la giare est c(rtnp**'>^i*5tj* «*gentée.

Alors, sans retirer eelle-«i d*f d^-ï».i*' la v iii« , <»• rincline, on la lave au moyen diin^r )«eîtu o*- ';*ib' mois imbibée d'eau distillée, afin c *-*!••'« itâ^f* t* poudre qui ne s'est pas déposée f^ '^u ♦; é'/'t*- î'**^* le liquide dans une rigole t#firdanî '.'t'^^yc*'*' p-j-* on replace la glace horizontaleujerjt : v*. \*'*-tf^ <, b* surface la deuxième liqueur. ^ d'>u3&»r d •. . '^r/j- tu. nutes après, un second dép'^*t •]*-*>* 'i^ a »^rî ;*i>'v»-* *^' à renforcer le premier s'étaat <ij.«u> &*>';►-»'. ' *•♦ genture de la glace est acbffr*^*;-

I.a glace une fois argent;^ est p><iM?»: o*- «-«lit" j. dans Tatelier, dont la tetup^r<i*uf^ eK *-ii.*^''.>-iiu«, entre 25 et 28-.

Observations. — Nous ;<v^*o*? .^r q.j* ,c r-i^'^*' < »«■ quelle on applique rarg^TjT.»*; ei^t oé^^^*^ -J» »<> table métallique à double l«jrjj et < ;j*r ^»'^ c.»-../ bv ♦>tions qui viennent d'être dé» ri^rt vnr hu*'.»'.-?»'»*^ment versées à sa surlace a;!>'fe ul 1; x^x»: iiii*''îii<'diaire à l'eau tièJc et dîM lé»-.

Quelques détails coiijplê've'«^'î;* oe tu. ii imi' <j «>" article.

Si la table est d'une plaîii-né'rle jiaKôît»^. i' u^^ii est pas toii jours de mêiœ det ifi<x'jnt : au oebo.tj uu

les nivelle à l'aide de petits coins en bois qu'on glisse en des points convenables entre elles et la table.

Si quelques parties de leur surface, graissées par les doigts ou autrement, ne sont pas bien mouillées, on frotte ces places réfractaipes avec un petit manchon de caoutchouc qui les nettoie à fond.

Largenture prive les liqueurs employées d'une moitié de l'argent qu'elles tenaient en dissolution, le reste s'infiltre dans la toile cirée et la couverture de coton sur lesquelles reposent les glaces, ou s'écoule avec les eaux de lavage dans la rigole qui entoure toute la table. Ces eaux recueillies dans un récipient sont précipitées par le sel marin, et le dépôt de chlorure d'argent est traité par les moyens en usage pour en retirer tout le métal.

Quant à l'argent enfoui dans les couvertures, on l'en retire quand celles-ci ont fait leur temps en les incinérant et on traitant leurs cendres.

Quand ces opérations sont conduites avec précision, la perte n'atteint pas un centième de l'argent en dissolution.

Procédé R. Bûttger (1)

On met en suspension dans de Teau distillée du tartrate d'argent très finement pulvérisé, puis on ajoute avec précaution une solution très étendue d^ ammoniaque jusqu'à ce que le tartrate d'argent soit presque complètement dissous.

L'opérateur d<iit s'assurer qu'il reste encore un petit excès de sel d'argent non dissous et que le liquide n'exhale pas la moindre odeur ammoniacale.

(1) D. Ind. Zeitung (1876).

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