OR
« L'oxyde d'or donne au verre une couleur pourpre qui, par une augmentation dans la quantité, peut atteindre le rouge pourpre, A cet effet, on ajoute une petite proportion de précipité pourpre de Cassius à la composition du flint-glass ; mais par une première fusion, cette composition ne donne qu'un verre incolore transparent qui a besoin d'être chauffé de nou-
MODIFICATIOIHS DANS LA COLOSATIO?! DU VCBftt 1^
Teaii pour développer sa couleur propre. Si, par exemple, on a formé un petit cyliadre 8«*lide aree le verre de première fusion, ce cylindre, aprè:» le refroidissemenl, e^ entièrement blanc ; mais si on Tespose ensuite à la chaleur de Touvreau du four, on lui voit acquérir graduellement la couleur louge h mesure que la chaleur le pénètre, et cette couleur reste fixe lorsque le cylindre est de nouveau rr^froidi graduellement dans le four à recuire.
« J'ai remarqué aussi qu'en faisant varier les degrés de la température à laquelle on porte un morceau de ce verre d'une certaine longueur, et le refroidissant à plusieurs reprises, on produisait un grand nombre de teintes variant du bleu au pourpre, au rouge, au jaune opaque et au vert. Mais je ne suis pas bien certain que cet effet ne doive pas être attribué à quelques fragments d'argeot mélangés k Tor employé, et le seul point qui reste parfaitement positif est le fait de la couleur pourpre qui se développe iV elle-même par un second feu dans le ^rre, dans la compo«^ition duquel il entre de l'or.
« A ces résultats sur la oloration par les nxydes métalliques, j'ajouterai un effet produit dans la coloration du verre par le charbon, effet qui est de la même nature que ceux mentionnés dans la coloration par le cuivre et l'or.
* « Un excès de charbon dans le mélange du verre silico-alcalin donne une couleur jaune qui n'est pas aussi brillante que le jaune de l'argent, mais assez belle pour être employée dans les vitraux d'église ; et parfois, suivant la nature du bois qui a servi à faire le charbon et l'époque à laquelle il a été coupé.
124 PIERRES PRÉCIECSES ARTIFICIELLES
cette couleur jaune peut être transformée en rouge foncé par un second feu.
« Je doute que tous les faits que je viens de mentionner puissent être expliqués par les divers degrés d'oxydation des métaux. Cette multiplicité des couleurs, en plus grand nombre que celui des oxydes décrits pour chaque métal, doit nous conduire à exa* miner si ces phénomènes ne seraient pas les conséquences des lois physiques.
« Les faits variés observés dans la coloration du verre, produits spécialement par l'influence de températures différentes, doivent probablement être attribués à quelques modifications dans la disposition des moléimles de composition ; effets qui donnent lieu à des modifications dans la réflexion et la réfraction des rayons lumineux ; bien plus, il est nécessaire de remarquer que bon nombre des résultats que j'ai mentionnés sont produits dans quelques circmistances qui paraissent placer le verre dans une condition de cristallisation. »>
Sommaire. — I. Strass incolore. — H. Agate. — III. Aiguc marine ou Béryl. — IV. Améthyste. — V. Aventurine. — VI. Chrysoprase. — VII. Diamant. — VIII. Emeraude. — IX. Hyacinthe. — X. Grenat.— XI. Lapis. — XII. Opale. — XIII. Rnbis. — XIV. Saphir. - XV. Topaze. — XVI. Tourmaline.
De temps immémorial, les pierres précieuses sont devenues le partage de ropuience; mais comme ce
goût est devenu en même temps commun à toutes • les classes de la société, même à celles que la médiocrité de leur fortune ne permet pas de le satisfaire, on s'est attaché à fabriquer des bijoux en cuivre doré et des pierres précieuses factices.
La fabrication des verres colorés conduisait facilement à cette découverte, ou, pour mieux dire, n'avait besoin que d'un perfectionnement. Ce but a été complètement atteint, puisque, à la dureté près, il faut quelquefois un œil bien exercé pour distinguer les pierres naturelles des pierres factices.
Les pierres factices sont toutes formées d'un très beau cristal nommé strass, coloré de diverses manières par des oxydes ou des sels métalliques; mais il faut pour cela que la fusion soit bien conduite, et que ces oxydes n'y soient ajoutés que lorsqu'elle est bien complète. Nous donnerons dans ce chapitre les principales recettes.
Nous avons déjà dit que les pierres factices, bien faîtes, imitaient parfaitement celles qui sont le produit de la nature ; voici cependant en quoi elles en diffèrent : elles sont en général moins dures, on peut les rayer beaucoup plus facilement, et elles perdent leur poli par le frottement. Il arrive souvent aussi que les pierres factices offrent quelques petites bulles da.ns leur épaisseur, surtout si la fusion ne s'est pas bien opérée. Enfin leur densité diffère plus ou moins de celle des pierres naturelles.
A cela près, les pierres factices les plus dures, les mieux nuancées, d'une belle apparence, et exemptes de bulles, lorsqu'elles sont bien montées, ne sont pas toujours faciles à reconnaître au coup d'oeil ; il faut souvent recourir à la lime ou au burin.
Suivant une opinion assez répandue, le diamant et les pierres précieuses différeraient des pierres fausses en ce que les premières, après avoir été frottées, enlèveraient avec elles des parcelles de paille ; mais cette propriété leur est commune avec les pierres factices qui, par le frottement, développent à leur surface l'électricité dite vitrée ou positive et deviennent dès lors aptes à enlever également ces petites pailles.
Dans la fabrication des' pierres précieuses artificielles, il est beaucoup de précautions à prendre, de soins à observer, que la pratique seule peut faire connaître. Les matières doivent être pulvérisées et même porphyrisées avec attention. Les mélanges ne se font bien que par une transition répétée. Il ne faut pas se servir du même tamis pour passer différentes compositions, quelque soin que l'on mette à le nettoyer après Topération.
Enfin, pour obtenir des masses bien fondues, bien homogènes, sans stries et sans bulles, il faut employer des substances pures et mélangées dans un état de ténuité extrême, choisir les meilleurs creusets, fondre à un feu gradué et bien égal dans son maximum de température; laisser la matière au feu pendant vingt-quatre à trente heures, et ne faire refroidir le creuset que très lentement, afin que la matière éprouve une sorte de recuit.
Nous allons maintenant passer en revue la fabrication des différentes pierres factices; nous croyons jeter un plus grand intérêt sur cet objet en y joignant les propriétés et l'analyse chimique des pierres précieuses naturelles, afin d'offrir aux fabricants plus de facilités pour imiter de plus près la nature, en ta-
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