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V. AVENTLRINE i" AVENTURINE A BASE DE CUIVRE

Les verriers de Murano ont fabriqué longtemps, au moyen de procédés restés secrets, une pierre précieuse artificielle, connue sous le nom d'aventurine (i), qui présente Taspect d'une matière transparente, jaune, brune ou verdâtre, et parsemée dans toute sa masse de petites paillettes brillantes comme de Tor.

Grâce aux recherches faites, il y a cinquante ans, par MM. Frémy et Clémandot, on sait aujourd'hui reproduire cette pierre assez facilement (2).

L'aventurine de Venise est composée, d'après les analyses de Wœhler^ d'un verre tendre, tenant en suspension des paillettes de cuivre métallique cristallisé dans le verre fondu.

On l'obtient en chauffant un mélange de composition vitrifiable, de protoxyde de cuivre et de fer (à l'état métallique ou de sel au minimum d'oxydation).

Le fer a pour but de réduire l'oxyde de cuivre ; il

(1) il existe une variété de qnartz dont la masse est parsemée de parcelles brillantes d'or métallique, et qui a reçu le nom d'avenlurine naturelle.

(2) Fremy et Clémandot, — Recherche» eur l'avenlurine artifi- ' ciêUe (1846).

Verrier. Tomd IL 8

se transforme en silicate de peroxyde de fer qui reste dissous dans le verre et le colore en jaune verdâtre.

La préparation de Taventurine présente d'assez grandes difficultés : Les cristaux de cui>rre doivent être autant que possible répartis régulièrement dans le verre ; il faut éviter qu'une température trop élevée soit nécessaire à la fusion du verre et à la réduction du cuivre, car ce dernier se rassemblerait en un culot métallique au fond du creuset. Une température trop basse est également à craindre, car le métal s'agglomérerait avant la fusion du verre.

MM, Frémy et Clémandot ont opéré le mélange suivant :

Verre pilé 300

Protoxyde de cuivre 40

Battitures de fer 80

Ce mélange, étant chauffé pendant douze heures, et soumis ensuite à un refroidissement très lent, fournit une masse vitreuse contenant d'abondants cristaux octaédriques de cuivre métallique.

Pettenkofer a préparé Taventurine directement avec l'hématinone ; dans ce but, il a mélangé avec la masse d'hématinone en fusion une petite quantité de limaille de fer suffisante pour réduire la moitié du cuivre qui s'y trouve contenu et qui, après une longue fusion, se rassemble au fond du creuset sous forme d'un régule. Le verre récemment fondu est noir- vert foncé; par un refroidissement lent, 0 se transforme en aventurine véritable (i).

(l) Wagner, Fischer et Gauthier. — Traité de chimie «ndiM' Irielte,

ÀVENTURINE 135 1

M. Haute feuille a conseillé d'employer les mélanges suivants pour obtenir Taventurine :

!• Glace de Saint-Gobaiii 200

Azotate de potasse 2<J

Battiture-s de cuivre 12,5

Peroxyde de fer 6

2o Sable 150

Craie 35,7

Carbonate de soude sec 804

Carbonate de potasse 14,3

Azotate de potasse 20

Battituros de cuivre 12,5

3" Verre à vitres blanc 120

Sable 50

Carbonate de soude 65

Azotate de potasse 20

Battitures de cuivre 12,5

Quand le verre est bien liquide, on ajoute 3,8 de fer en poussière fine, en trois portions enveloppées dans du papier. On incorpore la poudre au verre en maclant au moyen d'une tige de fer rougie. Le verre devient rouge sang et opaque. Lorsqu'il est pâteux et bulîeux, on arrête le tirage du fourneau, on ferme le cendrier, on couvre de cendre le creuset et on laisse refroidir lentement jusqu'au lendemain.

M. Henrivaux donne la composition suivante comme ayant donné de bons résultats, en opérant dans un four de verrerie, en agissant en présence d'une atmosphère réductrice, et on obtenant un refroidissement très lent et, si possible, dans une atmospbère un peu fumeuse;

Sable blanc. 250

Carbonate de soude sec 100

Carbonate de chaux 50

Battitures de fer (légèreraent calcinées); 100 à 115

Battitures de cuivre 20 à 25

Aussitôt que le verre sera fin, on le maclera avec une tige de fer et on enfournera de nouveau après l'effervescence produite par ce maclage.

On pourra également employer le mélange suivant :

Sable blanc. 250

Carbonate de soude sec 100

Carbonate de chaux 50

Battitures de cuivre. ....... 15 à 25

Sanguine (sesquioxyde de fer), . , 150 (1)

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